Etude
de cas no 1 : le respect de la personne
Question
1 : Quelles mesures le personnel dune recherche
doit-il prendre pour garantir le consentement éclairé
et volontaire de tous les participants à la recherche
?
Dabord,
le chercheur doit tenter déduquer le gérant
de la maison close. Ce dernier reviendra peut-être
sur sa décision si vous linformez quil
ny aucun mal à ne pas participer. En outre,
le consentement éclairé doit se faire en
privé et de manière confidentielle. Il faut
rappeler aux femmes à plusieurs reprises la nature
volontaire de la recherche.
Question
2 : Si une femme choisit de ne pas participer à
létude, quest-ce qui peut être
fait pour la protéger contre déventuelles
représailles du responsable ?
Comme
le gérant peut insister que toutes les femmes participent,
il est impératif que les non-participantes conservent
lanonymat. Il sera important dobtenir le consentement
éclairé des participantes une par une afin
de réduire la pression par les pairs. En outre,
on peut envisager de traiter toutes les femmes comme si
elles participaient à létude. (Par
exemple, si on fait un petit cadeau de remerciement aux
non-participantes ou quon leur remet de fausses
cartes déchantillons sanguins, il sera difficile
de les distinguer des participantes.)
Question
3 : Si vous avez la conviction que les femmes ne pourront
pas donner leur consentement éclairé, quelles
options pourriez-vous suggérer au ministère
de la Santé ?
Si
la population ciblée ne peut pas donner librement
son consentement, vous êtes obligé de changer
létude ou de choisir une autre population.
Par exemple, les prostituées travaillant en dehors
des maisons closes nont peut-être pas à
subir la pression dun gérant qui influencerait
la prise de leurs décisions.
Voir
l'étude de cas 1
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Etude
de cas no 2 : bienfaisance et justice
Réponse
a : Poursuivre létude telle quelle
a été conçue.
Cest
assurément une option, mais la poursuite de létude
nest pas dans le meilleur intérêt des
participants. Le taux élevé dutilisation
du préservatif masculin et lincertitude de
la disponibilité du préservatif féminin
après la conclusion de létude font
que ce nest pas un bon choix.
Réponse
b : Mettre fin à létude.
Cest
la meilleure réponse. Cette étude
peut avoir un mérite scientifique, mais la population
visée nest manifestement pas la meilleure.
Réponse
c : Suspendre létude. Sassurer que
le préservatif féminin sera disponible sil
savère une méthode fiable.
Si
ce nest pas la meilleure réponse, elle
tient compte néanmoins du principe de justice.
Létude du préservatif féminin
dans une population qui naura pas accès à
ce produit à la conclusion de létude
ne correspond pas à la distribution équitable
des risques et des avantages de la recherche.
Voir
l'étude de cas 2
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Etude
de cas no 3 : le consentement éclairé
Réponse
a : Recommander larrêt de létude.
Cest
une option draconienne, à moins que le processus
de consentement ne soit manifestement dénué
de sens et impossible à corriger.
Réponse
b : Reformer linvestigateur sur le terrain et le
personnel concerné quant au processus de consentement
éclairé.
Cest
la meilleure réponse. Si le consentement éclairé
est documenté dans le site, et le site est capable
de recruter et de suivre le nombre requis de participantes,
la meilleure chose à faire consiste probablement
à redispenser une formation. Pour que létude
puisse se poursuivre, le promoteur et le site doivent
se mettre daccord sur la conduite de ses procédures
et de ses processus.
Réponse
c : Sen remettre aux connaissances de linvestigateur
de terrain concernant la population visée par létude.
Bien
quelle ne soit pas nécessairement la meilleure
réponse, celle-ci correspond à une réalité
dans beaucoup de sites. Sil est vrai que linvestigateur
connaît la population visée par létude,
le formulaire de consentement et les procédures
de létude ont été approuvées
avant la mise en route de celle-ci. Le fait de
modifier les procédures alors quil ny
a pas urgence pour la sécurité des participantes
(sans notifier le promoteur) pourrait affecter létude
tout entière. Chercher une «meilleure»
réponse.
Réponse
d : Ne rien faire. Linvestigateur sur le terrain
a fait signer un formulaire de consentement à tous
les participants.
Ce
nest pas la meilleure réponse. Bien que
le consentement éclairé soit documenté
sous la forme de documents signés, cela manque
dimportance par rapport au principe du respect
envers les personnes concernées. Chercher une
«meilleure» réponse.
Voir
l'étude de cas 3
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Etude
de cas no 4 : responsabilité en matière
de recherche
Question
1 : Quelles lignes directrices donneriez-vous à
un observateur concernant la protection du bien-être
de la clientèle ? Y a-t-il un point auquel une
intervention se justifie ?
Le
bien-être et la sécurité de la cliente
sont primordiaux. Il faut faire clairement comprendre
au personnel de létude, dès le début
de la formation, quil sera peut-être amené
à intervenir en faveur dune cliente. Heureusement,
ces problèmes seront probablement rares. Il faut
toutefois discuter des scénarios possibles et dire
au personnel quand et comment il devrait réagir.
Question
2: Comment les investigateurs neutres devraient-ils réagir
lorsquils constatent des erreurs, des lacunes ou
des informations erronées dans le contexte dune
étude destinée à évaluer la
qualité des soins ?
Il
incombe aux chercheurs dobserver et de noter les
erreurs sans gravité, qui sont probablement très
courantes. Il nest pas possible, ni peut-être
même souhaitable, dintervenir dans tous les
cas. «Ce serait tellement indiscret et nuisible
aux rapports avec le personnel du centre que cela pourrait
ruiner la possibilité de recueillir des informations
utiles à la prise de décisions au niveau
du programme et de la politique générale.
De faire en sorte serait de compromettre considérablement
la capacité dapporter les améliorations
nécessaires. Il est important de discuter à
fond, avec les autorités locales compétentes,
les questions éthiques susceptibles de survenir
dans le cadre des observations des rapports entre la clientèle
et les prestataires, et le type de comportement des prestataires
à même de nécessiter une intervention
quelconque de la part des observateurs.» [Miller
R, et al. The Situation Analysis Approach to Assessing
Family Planning and Reproductive Health Services: A Handbook.
New York: The Population Council, 1997. pp.19-20]
Question
3: Les évaluations de la qualité des soins
et celles de la performance sont souvent exemptes des
procédures de consentement éclairé.
Faut-il exiger des clients ou des prestataires quils
suivent une procédure de consentement éclairé
et, si oui, laquelle ?
Le
consentement éclairé est essentiel pour
tous les participants à létude, prestaires
et clients, même sil nest pas écrit.
«Le principe du respect de la personne établit
le droit quont les clients comme les prestataires
dêtre informés de la nature de létude,
des risques et des avantages associés à
leur participation et de leur possibilité dabandonner
létude à tout moment. En outre, il
faut dire aux clients quils peuvent bénéficier
de tous les services du centre de santé, quils
participent ou non à létude. Ces informations
doivent être présentées dans un langage
facile à comprendre, et le sujet doit accepter
librement et volontairement de participer à létude.
Le vrai consentement éclairé implique aussi
que le sujet a loccasion de poser des questions
sur létude avant de consentir à y
participer. En outre, il est important de noter quil
ne faut pas chercher à obtenir le consentement
dune cliente qui est sous la contrainte, qui souffre,
qui est sous médicaments de nature à affecter
sa lucidité ou qui a besoin de soins urgents.»
[Ibid. p.18.]
Voir
l'étude de cas 4 Retour
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Etude
de cas no 5 : considérations du CE
Réponse
a : Mettre fin à la recherche pour protéger
les femmes.
Cest
certainement une option, mais elle est extrême.
Il vaut peut-être mieux rechercher une nouvelle
façon de poursuivre létude et de réduire
les risques de violence.
Réponse
b : Amender le formulaire de consentement éclairé
et obtenir de nouveau le consentement de toutes les participantes.
Cest
une meilleure réponse. La recherche
comporte souvent une petite part de risques, et les participantes
doivent en être conscientes avant de sinscrire
à un essai. Connaissant ce risque particulier,
certaines femmes décideront peut-être de
ne pas y participer.
Réponse
c : Continuer létude, mais informer verbalement
les participantes des risques.
Une
bonne réponse, mais il y en a peut-être
de meilleures. Cela prendrait moins de temps de faire
ce changement que de recommencer la procédure de
consentement éclairé, mais la qualité
de linformation pourrait en pâtir.
Réponse
d : Poursuivre létude telle quelle
a été conçue.
Ce
nest pas la meilleure réponse. Feindre
dignorer le problème ne sert pas lintérêt
des participantes. Regarder les autres réponses
pour trouver une solution.
Réponse
e : Compléter lintervention par des messages
sur la violence familiale et déclarer les incidents
violents à la direction des plantations.
Ce
nest pas la meilleure réponse. Le fait
dexposer les participantes et leurs partenaires
aux représailles des responsables des plantations
pourrait entraîner encore dautres éclats
de violence. Toutefois, il y aurait peut-être lieu
de modifier lintervention en incluant des informations
sur la violence au foyer.
Voir
l'étude de cas 5
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Etude
de cas no 6 : une couverture média négative
Question
1 : Est-ce que vous allez continuer votre recherche ?
-
Cest
ce que voulaient faire certains chercheurs et décideurs,
mais pas tous ; ceux qui ne voulaient pas abandonner
la recherche ont fait remarquer que ce produit était
utilisé depuis des années, quil
navait jamais été prouvé
dangereux lors détudes précédentes
et que les résultats rapportés étaient
préliminaires (autrement dit, quils pouvaient
changer).
-
Cest
ce que voulaient faire certains chercheurs, mais pas
tous ; une étude de grande envergure visant
à évaluer lefficacité de
ce produit contre des infections moins mortelles a
pris fin quelques mois après la sortie du rapport
et elle na révélé aucun
effet nocif sur les participants. Il aurait peut-être
été difficile de procéder à
un essai clinique dune durée plus longue,
étant donné la couverture média.
- Option
scientifiquement viable, mais difficile à envisager
suite à la couverture média.
Question
2 : Les femmes qui participent à votre recherche
doivent-elles être informées des données
qui ont été annoncées lors de la
conférence internationale ?
-
Cétait
lopinion dun group de chercheurs qui avaient
mené à bonne fin un essai ; dautres,
en revanche, estimaient que cela ferait plus de mal
que de bien parce que cela susciterait inutilement
des craintes au sujet dun produit commercialisé,
alors que les données et leur analyse étaient
toutes deux incomplètes.
-
Cétait
le point de vue de ceux qui trouvaient irresponsable
davoir prématurément rendu publics
les résultats de létude, en particulier
quand les études antérieures navaient
pas démontré que ce produit était
dangereux. Comment peut-on convenablement expliquer
des résultats annoncés lors dune
présentation de 10 minutes, dépourvue
dinformations permettant de juger de la qualité
des données, lorsque ses résultats navaient
pas été évalués par dautres
scientifiques et se fondaient sur des données
incomplètes ?
Voir
l'étude de cas 6
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Etude
de cas no 7 : la recherche sur des mineurs
Question
1 : Etant donné la culture conservatrice du pays,
faut-il obtenir la permission des parents pour cette étude
?
-
Sil
est important de discuter votre recherche avec les
responsables scolaires et de vous assurer quils
ny ont pas dobjection, il nempêche
que cest au comité déthique
quil appartient en dernier ressort de décider
si lon peut se passer de la permission des parents.
Les responsables peuvent cependant écrire au
comité déthique pour documenter
leur politique.
-
Les
enfants doivent avoir lâge de donner leur
consentement conformément au droit applicable
dans le pays visé. Ce nest donc pas une
raison pour renoncer à demander la permission
des parents.
-
Il
faut tenir compte de la culture locale dans le cadre
de la conception des études de recherche. Il
faut communiquer au comité déthique
les informations recueillies pendant la phase de collaboration
préalable à létude.
-
Cette
réponse nest pas nécessairement
fausse, mais cette considération ne doit pas
être le seul facteur déterminant. Il
est effectivement possible que les élèves
fassent preuve de retenue dans leurs réponses
sils pensent que leurs parents pourront les
lire. Il faut donc travailler étroitement avec
les responsables scolaires et le comité déthique
pour trouver un juste milieu.
Question
2 : Si lon détermine que la permission des
parents nest pas nécessaire, quels mécanismes
faut-il intégrer pour garantir la participation
volontaire des élèves et les protéger
contre les pressions de leurs pairs, la discrimination
de la part des enseignants, etc ?
-
Cest
une excellente idée. Il y aurait lieu de lappliquer
en liaison avec les réponses 2b et 2c.
-
Cest
une bonne idée, surtout si les parents pouvaient
bénéficier dune courte séance
de formation dispensée par les chercheurs sur
les questions liées à la confidentialité
et à la protection des droits des participants.
Il serait bon de lappliquer en liaison avec
les réponses 2a et 2c.
-
En
soi, cest une bonne idée, mais il reste
à savoir si les élèves vont effectivement
rapporter les papiers à la maison. Cest
un bon complément aux réponses 2a et
2b.
-
Cest
la meilleure réponse. Dans une recherche,
et en particulier lorsquil sagit dadolescents,
plus la place tenue par léducation de
la communauté et par les vues de cette dernière
est importante, mieux cela vaut.
Voir
l'étude de cas 7
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Case
Study no 8 : les conflits dintérêts
Question
1 : Est-ce que vous continuez à inclure ce site
dans votre étude ?
Cest
certainement une situation problématique à
laquelle il ny pas de solution parfaite. Il faut
tenir compte de lopinion que le public a de ce centre,
à savoir que cet établissement prodigue
les meilleurs soins possibles dans cette ville. Afin que
la communauté puisse ressentir les bienfaits de
votre recherche, il est peut-être important dinclure
ce centre. En outre, il faut considérer quen
ne choisissant pas ce centre de santé, vous
risquez denvoyer un message négatif à
la communauté et, partant, de nuire à lexcellente
réputation de cet établissement.
Question
2 : Est-ce quil y a des méthodes efficaces,
autres que le préservatif, qui pourraient être
proposées aux participants infectés ?
On
peut effectivement dissiper les doutes qui pourraient
planer sur le fondement éthique de létude
en trouvant des solutions de remplacement. Quelles mesures
ce centre a-t-il prises jusquà présent
pour prévenir la transmission dinfections
entre partenaires ? Aurez-vous le droit de mentionner
le préservatif dans le cadre de votre étude,
même si vous navez pas le droit den
distribuer ? De lexamen de ces questions pourrait
surgir une solution acceptable, et les réponses
varieront.
Question
3 : Lessai ne dépend pas de la distribution
de préservatifs et il pourrait se faire de toute
façon. Avez-vous une obligation morale envers les
participants ?
Tout
le monde ne répondra pas de la même façon
à ces questions. Sil est vrai que la recherche
pourrait se faire sans les préservatifs, on ne
saurait pour autant nier lobligation quont
les chercheurs envers les participants. La recherche ne
va pas nécessairement exposer les participants
à un risque supplémentaire, mais
lexposition à tout risque inutile dans le
cadre dune recherche peut ne pas être acceptable.
La non-distribution de préservatifs est-elle un
risque inacceptable ?
Voir
l'étude de cas 8
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