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Santé de la reproduction

Le lien entre les CO, le cancer et
les maladies cardiovasculaires

Un résumé d'études importantes sur l'emploi des CO discute les cancers de l'ovaire, de l'endomètre, du sein, du col de l'utérus et les maladies cardiovasculaires.

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Le récapitulatif qui suit, sur le lien entre la pilule et les cancers et les maladies cardiovasculaires, se fonde sur les conclusions d'études réalisées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans onze pays et celles d'autres grandes études.1

Le cancer de l'ovaire et de l'endomètre -- Les contraceptifs oraux combinés (COC) protègent contre le cancer de l'ovaire et de l'endomètre. Dans les deux cas, la durée de cet effet protecteur est proportionnelle à celle de la durée de l'emploi de la méthode. En ce qui concerne le cancer de l'ovaire, la femme qui a utilisé les COC pendant un an ou deux continue d'être protégée pendant au moins 15 ans après l'abandon de la méthode. Dans le cas du cancer de l'endomètre, la durée de la protection n'a pas été établie.

Le cancer du sein -- Une analyse récente de 54 études épidémiologiques a révélé un risque légèrement accru de cancer du sein pendant la prise de CO et dans les dix années qui suivent l'abandon de la méthode. Mais les chercheurs ne sont pas en mesure de déterminer si ce léger accroissement du risque est dû au fait que le cancer est dépisté à un stade plus précoce chez les utilisatrices de la pilule, aux effets du contraceptif ou à un concours de raisons.2

Rien ne permet de conclure à un risque accru de cancer du sein diagnostiqué après la ménopause, période de la vie où ce cancer est le plus courant. Certaines inquiétudes persistent quant à l'accroissement du risque chez les femmes qui commencent à prendre la pilule avant l'âge de 20 ans. Toutefois, étant donné que l'incidence du cancer du sein est tellement faible dans cette tranche d'âge, le nombre absolu de cas susceptibles de se produire serait de toutes façons très minime. De même, il est important de se souvenir que l'incidence du cancer du sein varie d'un pays à l'autre. Elle est nettement plus forte en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis qu'en Amérique latine ou en Asie, de sorte que le léger accroissement du risque a beaucoup moins d'impact dans les pays où l'incidence est faible.

Le cancer du col -- On ne dispose pas de suffisamment de données pour tirer des conclusions sur le lien entre le cancer du col et l'emploi de la pilule. Des études récentes ont démontré que le virus de papillome génital humain (HPV), maladie sexuellement transmissible, est à l'origine de la plupart des cas de cancers du col, dont le nombre s'élève à 500.000 tous les ans.

La femme qui prendrait la pilule pendant plus de cinq ans pourrait courir un risque accru de cancer du col, bien que la pilule ne soit pas cancérigène. Les femmes qui prennent la pilule pendant une longue période de temps devrait se soumettre régulièrement à des examens cytologiques (frottis cervical par la méthode de Papanicolaou).

Les maladies cardiovasculaires -- Les craintes ressenties initialement quant à un lien éventuel entre la pilule et les problèmes cardiaques ou les accidents cérébrovasculaires découlent des premières études réalisées auprès des utilisatrices de la pilule macrodosée. L'impact sur les facteurs tels que la tension artérielle, le taux de cholestérol et la coagulation était plus prononcé qu'il ne l'est aujourd'hui, parce que les pilules étaient plus fortement dosées qu'elles ne le sont aujourd'hui dans la plupart des cas. Le risque de maladie cardiovasculaire chez les utilisatrices de la pilule est essentiellement limité aux grandes fumeuses de plus de 35 ans.3

En 1995, des résultats préliminaires des recherches effectuées par l'OMS et d'autres indiquaient que ce risque pourrait être légèrement accru chez les utilisatrices des pilules contenant les nouveaux progestatifs. Ces recherches concernaient les progestatifs désogestrel et gestodène. (La norgestimate, un autre nouveau progestatif qui est utilisé actuellement, n'était pas concernée par cette étude.) Heureusement, le risque supplémentaire de mortalité associée à un thromboembolisme veineux est très faible, de l'ordre de 2 ou 3 décès au maximum par million d'utilisatrices. Ce taux soutient favorablement la comparaison avec toutes les causes de mortalité liées à la grossesse et avec les risques couramment acceptés dans la vie quotidienne.4

-- William R. Finger

Notes

  1. World Health Organization. Oral contraceptives and neoplasia: Report of a WHO Scientific Group. WHO Technical Report Series No. 817. Geneva: World Health Organization, 1992; Schlesselman JJ. Net effect of oral contraceptive use on the risk of cancer in women in the United States. Obstet Gynecol 1995;85:793-801.
  2. Breast cancer and hormonal contraceptives: Collaborative reanalysis of individual data on 53 297 women with breast cancer and 100 239 women without breast cancer from 54 epidemiological studies. Lancet 1996; 347(9017):1713-27.
  3. Grimes D. The safety of oral contraceptives: Epidemiologic insights from the first 30 years. Am J Obstet Gynecol 1992;166 (6, suppl.):1950-54.
  4. Guillebaud J. Advising women on which pill to take. Br Med J 1995;311:1111-12