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couverture de la revue

Santé de la reproduction

Mise au point de nouveaux diaphragmes, préservatifs et autres dispositifs analogues

Des efforts engagés pour améliorer les préservatifs, les diaphragmes et d'autres dispositifs comprennent un nouveau préservatif en polyuréthane, un diaphragme en silicone, le Bouclier de Léa et la Femcap.

Network en français : printemps 1996, vol. 16, no. 3

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Des efforts ont été engagés pour améliorer les préservatifs, les diaphragmes et d'autres dispositifs capables de former une barrière matérielle entre les spermatozoïdes et l'oeuf.

Les organisations de recherche, y compris FHI et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), aussi bien que les sociétés privées explorent l'utilisation de nouvelles matières pour la fabrication des préservatifs, par exemple le polyuréthane (plastique) à la place du latex, et de nouvelles conceptions, en travaillant par exemple à la fabrication d'un préservatif qui ne serrerait pas autant que les modèles actuellement disponibles. Le premier préservatif en plastique a été lancé sur le marché l'année dernière en Europe et aux Etats-Unis. Les préservatifs en plastique comportent plusieurs avantages par rapport à ceux qui sont faits en latex, par exemple une durée de conservation peut-être plus longue, l'éventuelle amélioration des sensations pendant les rapports sexuels et leur compatibilité avec les lubrifiants à base d'huile, qui détruisent le latex.

Le préservatif féminin en polyuréthane, qui peut être utilisé à des fins contraceptives et pour la prévention des MST, fait actuellement l'objet d'études visant à déterminer s'il est réutilisable. S'il pouvait être réutilisé sans danger et efficacement après avoir été nettoyé, il coûterait moins cher à ses utilisatrices. D'autres études faites par FHI en vue d'évaluer l'acceptabilité de la méthode, y compris l'attitude des partenaires masculins, sont actuellement en cours au Mexique. De nouveaux types de préservatifs féminins sont également à l'étude, par exemple le préservatif Bikini, qui se porte comme un slip, et un autre produit, « Women's Choice », qui est inséré à l'aide d'un applicateur.

On s'emploie actuellement à perfectionner l'éponge contraceptive, qui n'est pas disponible à grande échelle dans de nombreux pays. Une nouvelle éponge, « Protectaid », est en vente au Canada. Fait de polyuréthane, ce dispositif contient la gelée F-5, qui associe trois spermicides (le nonoxynol-9, le chlorure de benzalkonium et le choléate de sodium) à faibles doses. Les fabricants pensent que ces spermicides plus faiblement dosés irriteront moins la muqueuse vaginale. Une éponge imprégnée de chlorure de benzalkonium (BZK) est disponible en Europe. Mais l'éponge « Today », qui contient du nonoxynol-9 (N-9) et qui était vendue aux Etats-Unis, n'est plus fabriquée.

Le diaphragme présente l'avantage d'être une méthode sous le contrôle de la femme qui peut prévenir la grossesse et qui semble réduire le risque de certaines MST, y compris la blennorragie et la Chlamydia ainsi que les maladies inflammatoires pelviennes. Pourtant, beaucoup de femmes trouvent ce dispositif peu pratique, parce qu'il doit être inséré avant le rapport sexuel, et salissant, parce qu'il faut l'utiliser avec une gelée ou une crème spermicide. Les chercheurs étudient diverses façons de rendre ce dispositif plus facile et plus agréable à utiliser.

Au Brésil, des femmes qui fréquentaient trois dispensaires ont participé à une étude visant à comparer l'efficacité contraceptive du diaphragme utilisé en association avec un spermicide pendant les rapports sexuels et du diaphragme utilisé seul, mais porté sans interruption. L'utilisation de spermicide n'améliorait pas considérablement l'efficacité, d'après ce qu'ont constaté les chercheurs, mais le coût des spermicides et leur côté salissant ont peut-être découragé les utilisatrices de s'en servir correctement.1 Cela dit, comme les spermicides ont une activité microbicide, un grand nombre de chercheurs sont portés à croire que le diaphragme sans spermicide n'est pas de grande utilité pour la protection contre les MST. Une étude faite à Londres a mis en évidence des taux relativement élevés de grossesse, mais des taux de continuation prometteurs, parmi les 110 femmes qui utilisaient un diaphragme à taille unique (ce qui rend inutile l'intervention d'un médecin) sans spermicide. Le taux de grossesse non désirée au bout de 12 mois était de 24,1 pour 100 femmes.2

Un nouveau type de diaphragme, fait en silicone et non pas en latex, a été mis au point, et une étude visant à en déterminer l'efficacité et l'acceptabilité est en cours au Brésil. Selon le docteur Carlos Petta, du Centro de Pesquisas e Controle das Doencas Materno-Infantis de Campinas (CEMICAMP), ce diaphragme, utilisé sans spermicide et porté continuellement par les participantes à l'étude, n'est enlevé que pour être lavé. Il existe en plusieurs couleurs, ce qui séduit peut-être davantage les femmes, pensent les chercheurs.

Une autre nouvelle méthode de barrière, le Bouclier de Léa, a la forme d'une coupe qui recouvre le col de l'utérus. Ce dispositif est muni d'une valve qui permet l'écoulement des sécrétions du col et du flux mensuel, et d'une boucle en forme de U pour en faciliter le retrait. Fait en caoutchouc silicone, il peut être porté pendant 48 heures. L'association américaine CONRAD (Contraceptive Development and Research) a mené des études sur l'innocuité et l'efficacité de ce dispositif, qui pourrait être disponible, à terme, sans avoir à consulter un prestataire des soins de santé.

Le diaphragme-tampon Gynaeseal, en vente en Australie, comporte une cavité intérieure et un sac extérieur. La cavité intérieure est munie d'une valve à sens unique qui facilite l'écoulement du flux mensuel ; les sécrétions vaginales s'accumulent dans le sac extérieur.

Les capes cervicales, disponibles principalement aux Etats-Unis et en Europe, subissent des améliorations. La cape, qui a la forme d'un dome de petite taille, est utilisée avec un spermicide et elle peut être insérée dans les 40 heures qui précèdent un rapport sexuel, mais elle doit être conservée au moins huit heures après le coït. Parmi les effets secondaires, on note une odeur et des pertes vaginales, des lacérations du vagin et une irritation du col de l'utérus. En outre, certaines utilisatrices se retrouvent davantage sujettes aux infections urinaires, ce qui est aussi le cas des utilisatrices du diaphragme.

L'innocuité et l'efficacité d'un nouveau type de cape cervicale sont en cours d'évaluation aux Etats-Unis par FHI et CONRAD. Faite de caoutchouc silicone, la « Femcap » a la forme d'un chapeau à bords larges et tournés vers le haut. Elle recouvre le col de l'utérus et elle peut être portée pendant un maximum de 48 heures. Elle pourrait être efficace sans spermicide.

-- Barbara Barnett

Notes

  1. Ferreira AE, Araújo MJ, Regina CH, et al. Effectiveness of the diaphragm, used continuously, without spermicide. Contraception 1993; 48(1): 29-35.
  2. Smith C, Garr G, Feldblum PJ, et al. Effectiveness of the non-spermicidal fit-free diaphragm. Contraception 1995; 51:289-91.