En juillet 2001, un groupe d'experts des National Institutes of Health (NIH) des Etats-Unis a rendu public son rapport sur l'efficacité du préservatif dans la transmission des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida.1 Pour expliquer les grands points de ce rapport, Family Health International a distribué aux agents de santé et aux scientifiques du monde entier la liste ci-après qui récapitule les questions typiques qu'il a suscitées, accompagnées de réponses.
Question : Quelles sont les grandes conclusions de ce rapport ?
Réponse : Le rapport de NIH conclut que l'utilisation correcte et systématique du préservatif masculin en latex réduit la transmission du VIH/sida chez la femme et chez l'homme, et la blennorragie chez ce dernier ; il prévient aussi la grossesse. En outre, il estime que les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour déterminer l'efficacité du préservatif dans la prévention des six autres infections sexuellement transmissibles (IST) qu'il a passées en revue.
Question : Que disent les experts à propos de ces six autres IST ?
Réponse : Les experts concluent que les données épidémiologiques ne permettent pas actuellement d'évaluer de manière exacte l'efficacité du préservatif dans la prévention de la blennorragie chez la femme ni de l'infection à chlamydia, de la syphilis, du chancre, de la trichomoniase, de l'herpès génital et du papillomavirus humain (PVH) chez les sujets des deux sexes. « Au vu des limitations inhérentes à leur conception, écrivent-ils, les études épidémiologiques sur ces maladies n'ont pas fourni suffisamment de données probantes pour que l'on puisse tirer des conclusions définitives » sur l'efficacité du préservatif. Toutefois, ils notent que « l'absence de conclusions définitives ne reflète que la nature inadéquate des données disponibles ; elle ne doit pas être interprétée comme étant la preuve de l'utilité ou de l'inutilité du préservatif » pour la réduction du risque de ces infections.
Question : Quelle est l'opinion professionnelle de FHI concernant les leçons à tirer de cette étude ?
Réponse : « Les données montrent clairement que le préservatif prévient le VIH/sida, qui est l'IST la plus meurtrière, ainsi que la blennorragie, l'infection la plus facile à transmettre », dit le docteur Willard Cates, président de FHI. « Nous sommes convaincus que le préservatif masculin en latex est également très efficace dans la prévention de la grossesse, quand il est utilisé de manière correcte et systématique. Ce sont là trois raisons excellentes d'encourager activement le recours au préservatif masculin en latex. Par ailleurs, l'insuffisance des données sur certaines IST ne signifie pas que le préservatif est inefficace contre ces maladies. Quand il est utilisé correctement et systématiquement, il n'y pas de raison que le préservatif masculin en latex ne soit pas très efficace dans la prévention des maladies associées à un écoulement, qu'il s'agisse de la blennorragie chez la femme ou de la chlamydiase et de la trichomoniase. En outre, le préservatif devrait être également efficace, mais pas nécessairement très efficace, pour ce qui est de réduire le risque de maladies ulcératives des voies génitales – herpès génital, syphilis, chancre – et celui du PVH. Ceci dit, les auteurs de l'étude ont conclu que « le port du préservatif pouvait entraîner une certaine réduction du risque de maladies associées au PVH, dont les verrues génitales chez l'homme et la néoplasie cervicale [cancer] chez la femme. »
Question : Le rapport des experts n'omet-il pas des travaux de recherche récents et importants ?
Réponse : Si. Dans une étude publiée le 27 juin 2001 dans le Journal of the American Medical Association, des scientifiques ont conclu que l'utilisation du préservatif pendant plus du quart des actes sexuels était associée à la protection contre la transmission de l'herpès génital chez les femmes susceptibles à cette affection. On peut citer d'autres études encourageantes, et dont les conclusions seront publiées sous peu, telle celle qui a été faite au Pérou et selon laquelle le port systématique du préservatif protégeait les travailleurs de l'industrie du sexe contre la blennorragie et, à un degré moindre, contre la chlamydiase. De surcroît, le groupe d'experts avait accès à des données complémentaires encore plus récentes provenant d'une étude importante, lesquelles l'ont amené à conclure que le port systématique du préservatif protégeait les hommes contre la blennorragie. Ces données toute nouvelles suggèrent en outre une protection substantielle contre la chlamydiase.
Question : Comment les experts ont-ils été choisis et comment sont-ils parvenus à leurs conclusions ?
Réponse : Sous le parrainage des National Institutes of Health, des Centers for Disease Control and Prevention, de l'U.S. Food and Drug Administration et de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international, un groupe composé de 28 membres réunissant des scientifiques et d'autres experts a analysé plus de 138 études, qui avaient été soumises à la critique des pairs, sur les propriétés du préservatif masculin en latex pendant les rapports vaginaux et sur les caractéristiques de ses utilisateurs.
Question : Quelle réduction ont-ils trouvée du risque de transmission de la blennorragie et du VIH/sida ?
Réponse : La méta-analyse de plusieurs études a révélé la baisse de 87 % du risque de transmission du VIH chez les utilisateurs systématiques du préservatif par rapport aux non-utilisateurs. Toutefois, trois des études les mieux conçues ont démontré que le taux d'infection par le VIH était inférieur à 1 % par an chez les individus qui utilisaient systématiquement cette méthode. Ces données constituent des preuves convaincantes que l'utilisation systématique du préservatif masculin en latex est une méthode efficace de prévention du VIH, soulignent les auteurs du rapport. En outre, des études associent le port du préservatif à une réduction du risque de blennorragie chez l'homme variant entre 49 % et 100 %, par rapport aux non-utilisateurs.
Question : Quelles sont les séquelles à long terme des IST ?
Réponse : Outre la mort et les maladies graves associées au VIH/sida, quantité d'IST peuvent entraîner la stérilité, des problèmes pendant la grossesse et la transmission des infections de la mère à l'enfant. L'infection chronique par certains types de PVH peut provoquer le cancer du col si elle n'est pas diagnostiquée (par des frottis de Pap) et traitée. De plus, la plupart des IST accroissent considérablement la probabilité de la transmission du VIH. Si la plupart des IST peuvent être guéries, il n'existe actuellement aucun vaccin capable de prémunir les individus contre les organismes qui causent ces infections, exception faite de l'hépatite B.
Référence
- Workshop summary: scientific evidence on condom effectiveness for sexually transmitted disease prevention. National Institute of Allergy and Infectious Diseases, National Institutes of Health, Department of Health and Human Services, 2001. Disponible: http://www.niaid.nih.gov/dmid/stds/condomreport.pdf, October 18, 2001.