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couverture de la revue

Santé de la reproduction

Tibune Libre: Les services gagneront à intégrer les deux sexes

Network en français : Vol. 18, No. 4,
Eté 1998

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Susan Paulson, PhD

Dans toutes les sociétés, les croyances et les pratiques liées aux distinctions entre les sexes ont profondément influencé la vie des femmes et des hommes en définissant leurs rôles dans la société, leurs possibilités et leurs limites. Ces distinctions se retrouvent dans la vie de tous les jours au niveau du langage et des moyens d'expression, de l'habillement et de l'aspect extérieur, de l'éducation, des débouchés dans la vie active, de la taille et de la structure de la famille, et de la santé de chaque individu.

Au sein des services de soins liés à la reproduction, les expériences vécues à cet égard ont donné lieu à certaines observations fondamentales, qui conduisent à des idées utiles sur les différents moyens d'améliorer les services et les politiques :

  • Les femmes et les hommes vivent leur sexualité et leur santé dite "reproductive" de façon différente. Leurs attitudes sont dictées aussi bien par le groupe ethnique ou culturel et la classe sociale auxquels ils appartiennent que par leur identité sexuelle. Les prestataires peuvent améliorer les soins en tenant compte de l'identité et de la sensibilité de chacun.
  • Les services de soins liés à la reproduction qui ont élargi leur champ d'action pour englober la santé masculine, les rapports entre les hommes et les femmes, et les relations des femmes avec autrui tendent à avoir plus de succès que ceux qui ne s'occupent que des femmes.
  • La santé des femmes et des hommes sur le plan de la reproduction est influencée par la religion, la culture, la politique, les conditions économiques, l'environnement et l'éducation. Les politiques et les services y afférents doivent prendre en compte ce contexte élargi.

En accordant une attention particulière à ces facteurs, les prestataires sont à même d'envisager la santé de la reproduction comme bien plus qu'une affaire féminine, mais aussi comme une question de santé familiale et une affaire sociale. En effet, une approche axée sur les deux sexes tient compte -- au plan des connaissances, des pouvoirs respectifs et des prises de décision -- de la dynamique du couple, des relations entre les prestataires et les clients et des rapports entre les autorités communautaires ou politiques et les citoyens.

La recherche menée dans le monde entier a montré qu'il ne suffisait pas de travailler uniquement avec les femmes pour améliorer la santé en matière de reproduction. Souvent, les relations qui existent entre les femmes et leur mari, leur belle-mère, leurs chefs religieux et autres les empêchent de se procurer des renseignements et d'en tirer parti, ou d'obtenir des méthodes de contraception qui les protégeraient contre la grossesse et les maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH.

Ce concept doit d'ailleurs dépasser le cadre des services de soins si on veut promouvoir une amélioration soutenue de la santé liée à la reproduction. On pourra l'utiliser pour analyser diverses situations sociales, politiques et éducatives et favoriser des changements bénéfiques susceptibles de mener à des pratiques plus intégrées et plus équitables au sein des collectivités, des organisations et des institutions.

NDLR : Anthropologue de métier, Mme Paulson a enseigné des cours portant notamment sur la dynamique sociologique des sexes au Centre d'études supérieures de l'université de Cochabamba en Bolivie et au Colegio Andino de Cuzco, au Pérou.