Consulter fhi.org en: English | Español | Русский | عربي
Chercher sur fhi.org:
 
couverture de la revue

Santé de la reproduction

Tribune libre : Des raisons pour faire confiance aux préservatifs

Envoyer cette page  un ami
Lire cette page en:
English  | Español

Nouveautés sur fhi.org

La série Optic'Jeune compte 6 nouveaux numéros.

Lisez Youth InfoNet 48 (en anglais).

Aussi :

Programmes VIH/SIDA de FHI dans le monde entier.
Lisez Network en français.
Services conviviaux pour jeunes.

Trouver des documents connexes

NDLR : le texte qui suit est une version condensée d'un chapitre qui apparaît dans la monographie, The Latex Condom -- Recent Advances, Future Directions, récemment publiée par FHI.

Par le docteur Erin T. McNeill, Chercheur à FHI

Lorsqu'il est utilisé correctement et régulièrement, le préservatif en latex est un contraceptif très fiable et efficace, un moyen puissant pour prévenir la grossesse et les maladies. Cependant, il est moins utilisé qu'il devrait l'être, principalement à cause de perceptions négatives chez les utilisateurs comme chez les prestataires des services de santé. Voici plusieurs raisons valables pour lesquelles le préservatif en latex devrait inspirer davantage confiance :

Lorsqu'il est utilisé de manière correcte et systématique, le préservatif est un moyen efficace de se protéger contre une grossesse. Les taux de grossesse malgré l'utilisation d'un préservatif vont de 3 pour cent à pratiquement 14 pour cent, ce qui veut dire que dans une année, 3 à 14 femmes sur 100 tombent enceinte en utilisant uniquement le préservatif comme moyen de contraception. Cependant, ces grossesses ne sont pas dues principalement à l'inefficacité du préservatif. Les taux de grossesse les plus élevés qui sont obtenus avec une utilisation typique du préservatif reflètent un emploi incorrect et irrégulier de celui-ci. Si une femme n'utilise pas de préservatif pendant seulement une phase fertile de l'année, elle a un risque de grossesse quatre fois plus élevé que si un préservatif était utilisé de manière systématique avec déchirure occasionnelle. Du reste, le risque de déchirure est localisé dans certains couples. Ceci indique que pour la majorité des couples utilisant le préservatif de manière systématique, le risque de grossesse est très faible.

photo d'un préservatif masculin en latex, hors de son emballageLorsqu'il est utilisé correctement et systématiquement, le préservatif est un moyen efficace de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) et le VIH. La situation est quelque peu différente pour les MST par rapport à une grossesse. Les périodes fertiles de la femme sont intermittentes, tandis que le risque de contracter une MST, y compris le VIH, est présent pour l'homme et la femme à chaque rapport sexuel. De nombreuses études ont montré que le préservatif est un moyen extrêmement efficace de se protéger contre les MST s'il est utilisé de manière systématique et correcte. Dans beaucoup de cas, une personne ne sait pas si son partenaire a une MST. Dans l'éventualité où le partenaire n'est pas infecté, l'emploi du préservatif de manière intermittente semblera protéger contre la transmission, vu qu'il n'y avait pas de MST présente au départ. Par contre, si un des partenaires est séropositif pour le VIH, il y a un risque garanti d'exposition à chaque rapport sexuel sans protection et une utilisation irrégulière du préservatif n'offrira guère plus de protection contre les MST, comparée à une absence de protection.

Le préservatif en latex constitue une barrière mécanique imperméable. Le préservatif en latex est imperméable aux bactéries, aux virus et aux spermatozoïdes. Par conséquent, à moins que le préservatif ne se déchire ou glisse pour s'enlever complètement à un moment significatif du point de vue clinique (c'est-à-dire pendant ou après l'éjaculation), ou qu'il ne présente des défauts de fabrication tels que des trous (phénomène extrêmement rare), les utilisateurs ne sont pas exposés au sperme ou aux particules virales. (Le préservatif forme une barrière entre le pénis et le vagin. Or, certains virus, tels que ceux du papillome humain (HPV), et les ulcères génitaux peuvent être transmis par contact cutané entre la peau du scrotum et le périnée. Par conséquent, même un préservatif intact ne peut pas prévenir la transmission de tous les organismes. Le préservatif féminin, qui couvre une partie plus grande des organes génitaux externes, pourrait offrir davantage de protection). Il est certain qu'un préservatif déchiré ou perméable pose des risques, cependant des rapports sexuels sans préservatifs posent des risques bien plus élevés.

La plupart des utilisateurs ne déchirent pas les préservatifs, et une proportion des ruptures peuvent être prévenues. La plupart des gens qui ont recours au préservatif, surtout lorsqu'ils en ont acquis une certaine expérience, connaissent rarement des déchirures ou des glissements ; en fait, l'inefficacité du préservatif concerne un faible pourcentage des utilisateurs. Des études ont identifié les caractéristiques d'utilisateurs qui semblent être associées à des ruptures ou des glissements plus fréquents. Les caractéristiques les plus fortement associées à l'échec de ce moyen de contraception sont des antécédents d'échec et un manque d'expérience dans l'utilisation du préservatif. Certaines recherches indiquent que le fait d'être jeune, de ne pas habiter avec son partenaire sexuel, d'avoir un faible niveau d'études, des partenaires sexuels multiples, des revenus faibles et un pénis d'une grande taille seraient également corrélés avec un risque plus élevé de déchirure et de glissement. Des études suggèrent aussi que certains comportements y seraient associés, tels que : garder le préservatif dans des mauvaises conditions, le manipuler de manière maladroite, mal l'enfiler, ne pas encourager la lubrification naturelle du vagin, utiliser de manière excessive d'autres lubrifiants (surtout à base huileuse), avoir des rapports sexuels d'une durée prolongée et de manière vigoureuse, avoir des rapports anaux, avoir une perte d'érection avant de se retirer du vagin, et utiliser plusieurs fois le même préservatif. Un certain nombre d'échecs pourraient être évités grâce au counseling. Des problèmes évidents pourraient être évités si l'utilisateur comprenait que certaines pratiques augmentent le risque d'échec comme, par exemple, le fait d'utiliser des objets pointus pour ouvrir l'emballage, de tenter d'améliorer l'élasticité du préservatif en le déroulant ou en tirant dessus, ou de le tester avec de l'eau. Toutefois, certains défis anatomiques nécessiteront peut-être à terme l'élaboration d'un préservatif amélioré.

Le préservatif d'aujourd'hui est fabriqué avec davantage de précision. Les préservatifs en latex sont maintenant formulés et confectionnés avec des finitions et emballages meilleurs qu'ils ne l'ont jamais été. Pendant la formulation, le contrôle des procédés chimiques d'oxydation et de vulcanisation est accru, ce qui réduit le risque d'échec dû au vieillissement du préservatif. De plus, les connaissances actuelles sur les propriétés de la tension et de la résistance élastiques pendant l'utilisation permettent au fabricant d'adapter la formulation du latex afin d'optimiser la performance du préservatif. Sachant qu'il existe des problèmes de réactions allergiques au latex de nombreux produits, les fabricants de préservatifs font maintenant davantage d'efforts pour retirer les allergènes protéiques du latex au cours de la fabrication. Ils sont également avisés du risque potentiel posé par l'utilisation du talc comme lubrifiant sec et beaucoup le remplacent maintenant par de l'amidon de maïs. Cependant, étant donné que l'amidon de maïs n'est peut-être pas entièrement sans risques, la recherche d'une poudre meilleure et plus sûre continue.

L'utilisation du préservatif est amélioré avec un lubrifiant approprié. Les lubrifiants humides dont sont enduits les préservatifs avant emballage incluent des lubrifiants à base aqueuse, avec ou sans ajout d'un spermicide, et de la silicone liquide. Les résultats des recherches suggèrent que l'utilisation de quantités appropriées des bons types de lubrifiants (pendant la fabrication tout comme l'utilisation) réduirait les risques de rupture du préservatif et augmenterait la satisfaction ressentie. L'utilisation de lubrifiants à base aqueuse pourrait augmenter le risque de glissement, mais les données indiquent que ce risque serait largement compensé par l'effet protecteur contre la rupture. En dépit de ce que pourrait croire le consommateur, il n'existent pas de constatations selon lesquelles les préservatifs lubrifiés avec des spermicides offent un avantage en augmentant l'efficacité du préservatif contre la grossesse et les maladies. D'ailleurs, certains résultats préliminaires indiquent que les spermicides pourraient encourager la lixiviation des allergènes du latex, augmentant ainsi le risque d'allergie. Vu que les préservatifs lubrifiés avec des spermicides ont également une date de péremption plus courte, la silicone est un lubrifiant préférable.

Un préservatif dans un emballage intact a une durée de vie d'au moins cinq ans. Un emballage bien adapté est primordial pour l'intégrité à long terme des préservatifs en latex. Par rapport aux emballages en aluminium, le plastique peut provoquer une détérioration plus importante et plus rapide du fait de l'oxydation, de l'humidité, de l'ozone et de la lumière ultraviolette. Lorsqu'il est convenablement protégé dans un emballage en aluminium, le préservatif moderne en latex résiste relativement bien aux conditions environnementales défavorables et reste de bonne qualité pour au moins cinq ans, voire plus. Par conséquent, les préservatifs devraient être uniquement emballés dans de l'aluminium ou dans un laminage d'aluminium et de plastique.

Le contrôle de la qualité et la vérification de la qualité après fabrication aident à assurer un produit fiable. En plus des nombreuses améliorations dans tous les aspects de la fabrication des préservatifs en latex, un vaste système de contrôle et d'assurance internes et externes de la qualité est aujourd'hui en place pour assurer un produit de haute qualité. Dans l'ère du sida, le préservatif est considéré comme un dispositif médical pouvant sauver des vies ; comme tel, il est soumis à des normes de qualité très strictes. Les niveaux de qualité que doivent