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Santé de la reproduction

Les clients doivent être formés
à la PFN

L'utilisation efficace de la planification familiale naturelle (PFN) nécessite des compétences et une certaine motivation de la part des couples, ce qui signifie qu'il faut avoir les moyens de prodiguer le counseling et la formation qui s'imposent.

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L'utilisation efficace de la planification familiale naturelle (PFN) nécessite des compétences et une certaine motivation de la part des couples, ce qui signifie qu'il faut avoir les moyens de prodiguer le counseling et la formation qui s'imposent.

Dans un manuel d'initiation à la PFN, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) explique que les services sur ce thème relèvent « principalement de l'éducation, et qu'un éducateur compétent détient la clé du succès de la prestation de ces services ». Le manuel précise qu'on peut être bon éducateur même si on n'a pas suivi de formation officielle en matière de soins de santé, mais qu'il faut posséder de bonnes techniques de communication afin de discuter avec les couples le sujet important de l'abstinence sexuelle pendant les phases de fécondité.1 Pour enseigner la PFN, le prestataire a normalement besoin de voir la cliente quatre fois en l'espace de plusieurs mois.

La première étape de l'enseignement de la PFN doit porter sur la prise de conscience de la fécondité, c'est-à-dire qu'il faut aider hommes et femmes à comprendre leur appareil reproducteur, les cycles menstruels et les périodes de fécondité. L'interview d'experts qui proviennent de plusieurs programmes fructueux de PFN illustre d'autres façons d'aborder ou d'améliorer la formation à ces techniques :

  • A Nairobi, au Kenya, le NFP Training and Medical Services Center travaille avec des femmes, dont beaucoup sont analphabètes et vivent dans des quartiers pauvres. Le Centre leur propose un carnet à petits carreaux qu'elles doivent colorier pour marquer les jours où apparaissent des signes de fécondité.
    « Dans les bidonvilles, l'intimité n'est pas possible, alors les femmes choisissent généralement la méthode Billings (de la glaire cervicale). Les carnets de coloriage facilitent l'enregistrement des signes, sans recours au thermomètre », explique Sabina Mwaulu, qui dirige le programme. Il faut compter six à huit semaines pour former les prestataires, ajoute-t-elle, suivant le bagage des infirmières, qui doivent réussir à un examen d'Etat pour obtenir leur certification d'éducatrice en PFN.

  • Aux Etats-Unis, un programme associe des séances de groupe et un counseling individuel. « Au fil des ans, nous avons travaillé à l'élaboration d'un programme d'enseignement des clientes qui a un
    bon rapport coût-efficacité, sans pour autant compromettre la qualité de l'enseignement
    dispensé », déclare Barbara Kass-Annese, du Conseil régional de planification familiale de Los Angeles. Ce programme prévoit deux séances de groupe, de 90 minutes chacune, consacrées à des leçons sur le cycle menstruel, la phase de fécondité, les règles de la PFN et la façon de les appliquer, puis deux séances individuelles réparties sur deux cycles menstruels.

  • Une étude coordonnée par le Twin Cities Natural Family Planning Center, dans le Minnesota aux Etats-Unis, a comparé deux modes de formation : l'un reposait sur les séances de groupe et l'autre mettait l'accent sur le counseling individuel. Le counseling individuel coûtait 50 pour cent de plus que les séances de groupe, alors qu'il n'y avait pas de différence sensible entre ces deux formules en ce qui concerne les taux de continuation ou de grossesse. En outre, les réunions en groupe favorisaient l'enseignement des techniques de la PFN à un plus grand nombre d'hommes. Ces rencontres, au nombre de cinq, avaient lieu une fois par mois et elles prévoyaient une plage de temps réservée aux discussions privées avec les couples qui en ressentaient le besoin.2

  • Une étude des programmes de PFN effectuée par des groupes catholiques au Bangladesh, en Inde, au Kenya, en Corée du Sud et aux Etats-Unis a conclu à l'absence apparente d'un lien entre, d'une part, le milieu socioéconomique, le niveau d'expérience en matière de planification familiale et le niveau d'instruction et, d'autre part, le degré auquel la cliente était disposée à parler de la PFN ou capable de le faire.3 Toutefois, une autre analyse de ces utilisatrices au Bangladesh, au Kenya et en Corée du Sud a mis en évidence le fait que le risque de grossesse accidentelle était plus faible chez les personnes plus âgées et mieux instruites, de même que parmi celles qui avaient déjà recouru à la planification familiale.4

  • Certains programmes de planification familiale n'ont pas les ressources suffisantes pour former le personnel à la PFN. De l'avis des experts, il serait peut-être plus pratique de réorienter les clientes vers les services qui proposent déjà la PFN, d'envoyer une seule personne suivre un stage de formation dans un établissement voisin qui enseigne la PFN ou d'avoir une employée qui se contenterait de dispenser des conseils généraux sur cette méthode.

-- Sarah Keller and William R. Finger

Notes

  1. World Health Organization. Natural Family Planning: A Guide to Provision of Services. Geneva: World Health Organization, 1988.
  2. Kramer D, Tix P, Cleary J, et al. Ovulation method program format effectiveness. Int Rev Nat Fam Plann 1989;13(1-2):117-33.
  3. Klaus H, Labbok M, Barker D. Characteristics of ovulation method acceptors: a cross-cultural assessment. Stud Fam Plann 1988; 19(5):299-304.
  4. Labbok MH, Klaus H, Barker D. Factors related to ovulation method efficacy in three programs: Bangladesh, Kenya and Korea. Contraception 1988:37(6):577-89.