L'utilisation à long terme des contraceptifs par les adolescentes affectera-t-elle plus tard leur fertilité?
L'utilisation à long terme des contraceptifs a-t-elle des effets positifs ou négatifs pour la santé des adolescentes?
Quelle est l'importance de la nutrition pour les jeunes filles qui n'ont pas encore eu d'enfant?
Quelles sont les méthodes contraceptives qui conviennent particulièrement aux adolescentes?
Faut-il imposer des critères d'âge ou restreindre certaines méthodes sur la base de critères médicaux?
Peut-on utiliser n'importe quel type de contraceptif oral pour la contraception d'urgence?
Peut-on prescrire des contraceptifs oraux ou injectables aux adolescentes, en toute sécurité, sans examen gynécologique obligatoire?
La posologie de certains contraceptifs (contraceptifs oraux, pilules contraceptives d'urgence, etc.) varie-t-elle en fonction de l'âge?
Que se passe-t-il si une jeune femme commence à prendre des contraceptifs oraux au mauvais moment pendant son cycle menstruel? Est-elle malgré tout protégée?
Faut-il tenir compte de considérations spéciales dans le cadre du counseling des adolescentes après un avortement? Si oui, quelles sont ces considérations?
Certaines méthodes contraceptives conviennent-elles mieux, ou moins bien, aux adolescentes qui ont plusieurs partenaires ou dont les partenaires en ont eux-mêmes plusieurs?
Qu'est-ce que les pilules contraceptives d'urgence (PCU) et quel est leur mécanisme d'action?
Quels sont les avantages des PCU pour les jeunes?
Quels sont les inconvénients des PCU?
Que dire de l'expérience des programmes qui proposent des PCU aux jeunes?
Quelles sont les barrières à l'utilisation des PCU par les jeunes adultes?
Existe-t-il des programmes relatifs à la contraception d'urgence dans les pays en développement?
Quel est le message le plus important à retenir?
Question: L'utilisation à long terme des contraceptifs par les adolescentes affectera-t-elle plus tard leur fertilité?
Non. En fait, la contraception peut avoir ultérieurement un effet protecteur important sur la fertilité puisqu'elle prévient l'avortement, qui peut être pratiqué dans des conditions dangereuses. Réalisé dans de mauvaises conditions, l'avortement entraîne souvent des infections qui sont causes de stérilité. Les infections sexuellement transmissibles (IST), telles la chlamydiase, difficile à diagnostiquer et souvent asymptomatique, la gonorrhée et la maladie inflammatoire pelvienne (infection aiguë des trompes de Fallope et d'autres organes de la cavité pelvienne), risquent aussi de compromettre la fertilité ultérieure des adolescentes. Le fait que les jeunes attendent le plus longtemps possible avant de se faire soigner, si tant est qu'elles se fassent soigner, ne peut qu'aggraver le problème.
Le préservatif et les autres méthodes de barrière n'ont pas d'effet direct sur la fertilité plus tard, à cette exception près que le préservatif préserve la capacité d'enfanter puisqu'il prévient les IST.
L'utilisation à long terme des contraceptifs oraux ou injectables n'affecte pas ultérieurement la fertilité. Quand elles arrêtent de prendre la pilule, la plupart des jeunes femmes recouvrent presque immédiatement leur fertilité. Après l'arrêt du contraceptif injectable DMPA (Depo-Provera), il faut attendre trois mois en moyenne pour redevenir fertile.
De même, les dispositifs intra-utérins (DIU) n'affectent pas la fertilité ultérieure des clientes si celles-ci n'ont pas d'IST. Toutefois, il convient de noter qu'on ne recommande généralement pas le DIU aux adolescentes qui n'ont pas encore eu d'enfant parce que le taux d'expulsion est plus élevé dans cette catégorie de femmes. Les adolescentes pourraient courir un risque accru d'IST, et les conséquences d'une telle infection pourraient être plus graves chez les utilisatrices du DIU.
L'utilisation à long terme des implants contraceptifs Norplant n'a pas d'effet plus tard sur la fertilité.
Question: L'utilisation à long terme des contraceptifs a-t-elle des effets positifs ou négatifs pour la santé des adolescentes?
Les contraceptifs oraux et injectables peuvent contribuer à préserver la fertilité des jeunes femmes.
Les pilules contraceptives réduisent le risque de kystes mammaires bénins.
Les contraceptifs oraux et injectables peuvent protéger la femme contre la maladie inflammatoire pelvienne (MIP), infection qui attaque les trompes de Fallope et qui peut être cause de stérilité ou de grossesse extra-utérine.
L'utilisation de contraceptifs oraux combinés peut réduire le risque de cancer de l'ovaire et de l'endomètre, assurer une protection contre la grossesse extra-utérine, prévenir l'anémie ferriprive et atténuer l'acné et les crampes menstruelles. Les contraceptifs injectables semblent conférer la plupart de ces avantages.
Le DIU au cuivre protège contre les grossesses extra-utérines.
Il y a un risque accru de maladie inflammatoire pelvienne pendant les 21 jours qui suivent la pose d'un DIU si l'utilisatrice est atteinte d'une IST au moment de l'insertion.
L'utilisation à long terme des implants Norplant n'a pas d'effet négatif.
Question: Quelle est l'importance de la nutrition pour les jeunes filles qui n'ont pas encore eu d'enfant?
Dans beaucoup de pays en développement, les filles sont en butte à des formes de discrimination qui compromettent leur état de santé en général, et leur statut nutritionnel en particulier. Par exemple, elles reçoivent moins de nourriture que les garçons et les hommes, et moins de soins médicaux aussi; elles se voient confier de lourdes tâches et sont assujetties à des tabous alimentaires, en particulier pendant leurs règles et la grossesse. La nutrition joue un rôle très important pendant l'adolescence parce que c'est une période de croissance rapide en taille, en poids et en graisses (l'adolescent atteint la moitié du poids qu'il aura à l'âge adulte pendant les deux ou trois années de croissance pubertaire).
Chez les filles, la croissance s'avère particulièrement rapide l'année qui précède l'apparition des premières règles, en général aux alentours de 10 à 13 ans. La menstruation peut être retardée chez les filles qui sont mal nourries, ce qui peut entraîner un retard de croissance et les prédisposer à diverses maladies.
Question: Quelles sont les méthodes contraceptives qui conviennent particulièrement aux adolescentes?
A lui seul, l'âge n'est pas un facteur qui justifie la restriction médicale des options en matière de contraception. Toutefois, le choix de la méthode la mieux adaptée aux besoins d'un jeune adulte est fonction de ses préférences personnelles, du contexte social, notamment du risque d'IST et de VIH/SIDA, de la stabilité de sa relation de couple et de sa situation de famille.
Question: Faut-il imposer des critères d'âge ou restreindre certaines méthodes sur la base de critères médicaux?
Non. A lui seul, l'âge n'est pas un facteur qui justifie la restriction médicale des options offertes aux jeunes femmes désireuses de se protéger contre la grossesse. Toutefois, bien que permis, le Depo-Provera (DMPA) n'est pas une méthode préférée avant l'âge de 16 ans à cause de ses effets négatifs possibles sur la masse osseuse. Il est théoriquement possible que les adolescentes de moins de 16 ans courent plus tard un risque accru d'ostéoporose si elles utilisent le DMPA. Le début de l'adolescence est une période importante pour la formation osseuse, la densité osseuse maximale atteignant son point culminant vers l'âge de 16 ans chez la jeune fille. L'utilisation du DMPA avant cet âge pourrait réduire la densité osseusse. Les critères de recevabilité médicale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) classent le DMPA parmi les méthodes généralement acceptables chez les adolescentes de 16 ans et moins parce que les avantages de l'utilisation de cette méthode (autrement dit, la protection contre une grossesse non voulue) l'emportent sur ce risque théorique. Après l'âge de 16 ans, l'utilisation du DMPA n'est assortie d'aucune restriction.
Le contraceptif injectable combiné, administré par injection mensuelle, restera sans effet sur la densité osseusse.
Le DIU n'est pas une méthode préférée non plus à cause du risque accru d'IST qui y est associé ainsi que de ses effets secondaires plus importants, à commencer par un taux d'expulsion plus élevé, chez les femmes qui n'ont jamais été enceintes.
Pour en savoir davantage sur les critères de recevabilité de l'OMS en matière de contraception, cliquer ici. (PDF)
Question: Peut-on utiliser n'importe quel type de contraceptif oral pour la contraception d'urgence?
Non. Seules les pilules progestatives ou les contraceptifs oraux combinés qui contiennent du lévonorgestrel ou du norgestrel, un progestatif, sont recommandées pour la contraception d'urgence. Les pilules qui contiennent un autre progestatif pourraient peut-être faire de l'effet, mais elles n'ont pas fait l'objet d'études. Les pilules microdosées qui contiennent 30 mcg d'oestrogène ou celles qui en contiennent 50 mcg peuvent s'utiliser. Dans certains endroits, les pilules contraceptives d'urgence se présentent dans un emballage spécialement conçu pour cet emploi. Le schéma posologique de la contraception d'urgence exige la prise de huit pilules microdosées ou de quatre pilules à plus forte concentration, réparties en deux doses égales à 12 heures d'intervalle et dans les 72 heures qui suivent un rapport non protégé. Cliquer ici pour en savoir plus.
Question: Peut-on prescrire des contraceptifs oraux ou injectables aux adolescentes, en toute sécurité, sans examen gynécologique obligatoire?
Oui. Ces deux types de contraceptifs peuvent être prescrits en toute sécurité sans examen gynécologique obligatoire. Il suffit d'interroger l'adolescente sur ses antécédents médicaux afin d'écarter la possibilité de conditions pouvant limiter le recours aux contraceptifs oraux ou injectables.
Question: La posologie de certains contraceptifs (contraceptifs oraux, pilules contraceptives d'urgence, etc.) varie-t-elle en fonction de l'âge?
La teneur hormonale et le dosage des contraceptifs oraux et des pilules contraceptives d'urgence (PCU) peuvent varier en fonction de la marque ou du fabricant, mais la posologie elle-même reste inchangée indépendamment de l'âge ou du poids de la femme, même chez les adolescentes. En outre, il n'existe à l'heure actuelle aucune raison médicale de refuser quelque méthode contraceptive que ce soit sur la seule base de l'âge.
Question: Que se passe-t-il si une jeune femme commence à prendre des contraceptifs oraux au mauvais moment pendant son cycle menstruel? Est-elle malgré tout protégée?
En règle générale, il n'y a pas de «mauvais moment» pour commencer à prendre des contraceptifs oraux combinés (COC) si la femme a de bonnes raisons de croire qu'elle n'est pas enceinte. Toutefois, si elle veut être sûre d'être protégée contre la grossesse, elle a intérêt à commencer à prendre des COC à certains moments de son cycle plutôt qu'à d'autres. Le meilleur moment, c'est le premier jour des règles. Autrement, l'adolescente peut prendre son premier COC à tout moment pendant les sept premiers jours qui suivent le début des règles si ses cycles sont normaux. Ceci dit, une adolescente peut commencer à prendre la pilule à n'importe quel moment de son cycle menstruel si le prestataire a la conviction qu'elle n'est pas enceinte. Quand la première pilule est prise après le septième jour du cycle, il convient d'utiliser une méthode d'appoint pendant sept jours (abstinence ou préservatifs, par exemple). Un prestataire peut écarter avec une relative certitude la possibilité d'une grossesse si l'adolescente ne présente ni signe ni symptôme de la grossesse et si elle remplit l'une des conditions suivantes:
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elle n'a pas eu de relations intimes depuis ses dernières règles normales;
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elle a utilisé une autre méthode fiable de manière systématique et correcte;
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elle se présente pendant les sept premiers jours de son cycle, et ce cycle est normal;
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elle a accouché il y a quatre semaines au maximum (et elle n'allaite pas);
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elle a eu un avortement ou fait une fausse couche au cours des sept derniers jours;
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elle allaite complètement, est en état d'aménorrhée et a accouché dans les derniers six mois.
Les COC n'assurent pas de protection contre les IST, VIH et sida y compris. Il convient d'encourager les adolescentes qui sont à risque d'IST d'utiliser systématiquement un préservatif même quand elle prend ses pilules.
Question: Faut-il tenir compte de considérations spéciales dans le cadre du counseling des adolescentes après un avortement? Si oui, quelles sont ces considérations?
Il faut peut-être consacrer davantage de temps au counseling des adolescentes en raison de leur manque de maturité et de leur capacité moindre d'associer comportement et conséquences. On recommande d'aborder les points ci-après avec chaque adolescente qui s'est fait avorter:
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son activité sexuelle récente;
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le contexte dans lequel elle s'est retrouvée enceinte;
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sa pratique de la contraception;
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le nombre et le type de ses partenaires sexuels;
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les pressions qu'elle ressent, de la part de ses pairs ou de sa famille, d'avoir des relations sexuelles; et
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son désir d'être mère plus tard.
Toutes ces considérations influencent la prise de décisions sur le plan du comportement sexuel et de la pratique de la contraception. Dans le cas d'une fausse couche incomplète, la conseillère doit tenter de déterminer si des facteurs de risque particuliers auraient pu contribuer à un risque accru d'avortement spontané et elle doit chercher à savoir, par exemple, si la femme a été victime d'actes de violence, si elle fumait ou chiquait du tabac, buvait de l'alcool, faisait usage de drogue ou était séropositive pour le VIH ou une autre IST. Le cas échéant, la conseillère doit lui donner les informations nécessaires et l'aiguiller vers les services ou les prestataires compétents. Si l'avortement a été induit parce que la grossesse n'était pas voulue, la conseillère doit explorer avec la jeune femme les circonstances de la grossesse, notamment pour tenter de savoir si la grossesse était le produit de l'inceste ou d'un viol, comprendre pourquoi l'adolescente pense ne pas pouvoir refuser les relations intimes et évaluer ses connaissances sur les méthodes contraceptives et les endroits où elle peut s'en procurer. Toutes ces informations vont l'aider à déterminer les informations qu'elle doit lui donner et, au besoin, vers quels services l'orienter. En outre, le counseling doit systématiquement aborder quatre messages essentiels:
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l'importance de l'abstinence ou du fait de différer l'activité sexuelle et, le cas échéant, d'utiliser des contraceptifs systématiquement et correctement si elle ne veut pas se retrouver enceinte dans peu de temps;
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la description des méthodes contraceptives et la détermination de la méthode la mieux adaptée à son état de santé et à ses circonstances personnelles;
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la nécessité constante de se protéger contre les IST, VIH y compris, en utilisant correctement le préservatif;
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la disponibilité de la contraception d'urgence, lorsque c'est possible.
Question: Certaines méthodes contraceptives conviennent-elles mieux, ou moins bien, aux adolescentes qui ont plusieurs partenaires ou dont les partenaires en ont eux-mêmes plusieurs?
Oui. Les adolescentes qui ont plusieurs partenaires ou dont les partenaires en ont eux-mêmes
plusieurs courent un risque accru d'IST. Le préservatif masculin est une méthode qui assure une protection contre les IST et le VIH. Le préservatif féminin est une autre solution. Les jeunes femmes qui ont plusieurs partenaires ou dont les partenaires en ont eux-mêmes plusieurs ne devraient pas utiliser le DIU à cause du risque accru d'IST et de MIP. Face à une adolescente qui a plusieurs partenaires, le prestataire doit recommander une double protection: une méthode primaire très efficace pour prévenir la grossesse, pilule ou contraceptif injectable par exemple, et le préservatif pour la prévention des IST.
En cas de non-utilisation du préservatif ou si celui-ci glisse ou se déchire pendant un rapport sexuel, la jeune femme peut prendre des pilules contraceptives d'urgence (PCU) après coup pour se prémunir contre la grossesse. Mais les PCU ne la protégeront pas contre la transmission des IST.
Question: Qu'est-ce que les pilules contraceptives d'urgence (PCU) et quel est leur mécanisme d'action?
Les jeunes femmes de moins de 24 ans sont plus susceptibles que les autres de se retrouver enceintes contre leur gré, même dans les endroits où on peut se procurer facilement des contraceptifs. Ceci tient à plusieurs facteurs. Les jeunes adultes ont tendance à avoir des rapports sexuels à l'improviste et de manière sporadique.1 Qu'ils soient mariés ou célibataires, les jeunes n'utilisent pas les contraceptifs de manière efficace quand ils sont encore en train d'établir leurs pratiques sexuelles et leurs habitudes en matière de planification familiale.2 Ils sont souvent mal informés sur la sexualité et la santé de la reproduction. Ils ont parfois des idées fausses et pensent, par exemple, que la femme ne peut pas tomber enceinte la première fois qu'elle a des relations intimes.
Les pilules contraceptives d'urgence (PCU), qui peuvent être prises dans un délai de 72 heures après un rapport non protégé, constituent une option importante pour les jeunes adultes. Comme elles évitent les grossesses accidentelles, les PCU ont également pour effet de réduire le nombre des avortements et les taux de morbidité et de mortalité maternelles. En outre, elles peuvent aider les jeunes sexuellement actifs à se rendre compte qu'ils doivent commencer à pratiquer la contraception de manière systématique.3 Il est important que les jeunes des deux sexes soient au courant de cette option parce qu'ils doivent savoir qu'il n'est pas trop tard pour éviter une grossesse imprévue et son cortège de conséquences médicales et sociales s'ils ont un rapport non protégé.
La formulation des PCU est identique à celle des contraceptifs oraux ordinaires (CO), mais la posologie est différente. Elles sont réservées aux situations d'urgence susceptibles de déboucher sur une grossesse accidentelle: déchirure du préservatif, glissement du diaphragme, non-recours à la contraception ou viol. Les PCU, qui doivent être prises en deux doses à 12 heures d'intervalle, contiennent une formulation particulière de CO ordinaires, associant normalement un oestrogène et un progestatif.4 Une autre approche, disponible dans certains pays, consiste à prendre des pilules progestatives, lesquelles sont aussi efficaces que les CO combinés mais dont les effets secondaires sont moindres. Quel que soit la formulation retenue, la première dose doit être prise le plus tôt possible après un rapport non protégé, et en tout état de cause dans un délai de 72 heures.
Les PCU réduisent d'environ 75% le risque de grossesse. Ce taux est calculé de la façon suivante: si 100 femmes ont un seul rapport non protégé pendant la deuxième ou la troisième semaines de leur cycle menstruel, deux seulement tomberaient enceintes si elles prenaient des PCU, contre huit si la contraception d'urgence n'était pas pratiquée.5
Des informations détaillées sont disponibles sur les types de pilules, les dosages, le mode d'emploi et la gestion de possibles effets secondaires comme des nausées ou des vomissements.6 Il y a des femmes qui ont des nausées et des vomissements pendant une journée environ quand elles prennent des PCU. Le spotting, la tension mammaire, les maux de tête, les vertiges et la fatigue sont d'autres effets secondaires.
Les PCU ont peut-être plusieurs mécanismes d'action, suivant la phase du cycle menstruel de la femme au moment de la prise des pilules. Des études montrent que les PCU peuvent bloquer ou retarder l'ovulation si celle-ci ne s'est pas encore produite. C'est peut-être leur principal mécanisme d'action. Même s'ils n'ont pas beaucoup de preuves, certains chercheurs émettent d'autres hypothèses.7 Si la femme a ovulé, les PCU pourraient peut-être prévenir la fécondation ou empêcher l'ovule de s'implanter dans la cavité utérine.8 Il convient de poursuivre la recherche pour déterminer si ces mécanismes contribuent vraiment à l'efficacité des PCU.
Les PCU ne provoquent pas l'avortement. Le corps médical et les organismes de réglementation, telle l'U.S. Food and Drug Administration, définissent la grossesse à partir de l'implantation d'un ovule fécondé.9 Les PCU restent sans effet sur un embryon implanté. Tout porte à croire qu'elles ne nuiront ni à la femme ni au foetus si elles sont prises au tout début de la grossesse.10
Question: Quels sont les avantages des PCU pour les jeunes?
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Les PCU constituent un important filet de sauvetage parce qu'elles fournissent une méthode d'appoint après un rapport non protégé.11 Aux jeunes qui n'avaient pas pris leurs dispositions avant d'avoir des relations intimes, les PCU offrent une deuxième chance.
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De même, elles peuvent introduire les jeunes aux soins de santé de la reproduction.12
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Les programmes de planification familiale peuvent remettre des PCU aux jeunes qui sont sexuellement actifs avant même qu'ils en aient besoin pour qu'ils les aient sous la main en cas d'urgence en leur rappelant pendant le counseling qu'ils doivent les prendre dans les 72 heures qui suivent un rapport non protégé. La distribution de ces pilules à titre anticipé, dans le cadre d'un counseling adéquat, revêt une importance particulière pour les jeunes qui utilisent des méthodes de barrière, dont le taux de défaillance est supérieur à celui des contraceptifs hormonaux. Certains spécialistes de la santé de la reproduction des jeunes vont jusqu'à recommander que l'on fournissent des PCU en même temps que des préservatifs, et vice-versa.13
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Les PCU sont une aide pour les jeunes qui doivent apprendre à pratiquer la contraception de manière systématique.14 Il faut les considérer comme une étape vers la contraception régulière, laquelle est nettement plus efficace.
Question: Quels sont les inconvénients des PCU?
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Comme tous les contraceptifs hormonaux, les PCU n'assurent aucune protection contre les MST, VIH y compris. Comme beaucoup de jeunes femmes attendent le retard des règles avant d'agir, elles risquent de laisser passer l'occasion de se prémunir contre la grossesse.16
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Les PCU ne pouvant faire de l'effet que dans les 72 heures qui suivent un rapport non protégé, il faut bien faire comprendre aux jeunes qu'ils doivent recourir à la contraception s'ils ont d'autres relations passé les 72 heures. Il faut corriger l'idée incorrecte que les PCU puissent protéger pas la femme contre la grossesse jusqu'à la fin de son cycle menstruel.
Question: Que dire de l'expérience des programmes qui proposent des PCU aux jeunes?
Le recours aux PCU est assujetti à des restrictions dans beaucoup de pays, alors même que l'efficacité de cette méthode est bien connue du corps médical depuis une trentaine d'années.17 Malgré ces limitations, de plus en plus de femmes et d'hommes ont entendu parler de ces pilules et ils les réclament à leurs prestataires. Dans la plupart des pays, les femmes doivent impérativement passer par un prestataire, alors qu'ailleurs les plaquettes de PCU sont disponibles en vente libre ou auprès d'agents de santé communautaire.
Certains pays européens, tel le Royaume-Uni, ont des emballages spéciaux pour les pilules réservées à la contraception d'urgence.18 Les PCU sont couramment utilisées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, où leur distribution s'insère dans les services intégrés de santé de la reproduction et où elles sont remboursées par le système national d'assurance-maladie.19 L'expérience des Pays-Bas démontre l'acceptabilité des PCU chez les jeunes: en 1991, 70% des Hollandaises qui ont obtenu des PCU de la part de médecins de famille avaient moins de 25 ans, et 34% avaient moins de 20 ans.20
Les données relatives au coût qui proviennent du Royaume-Uni indiquent que la fourniture de PCU, counseling inclus, oscille entre 19 $ US et 74 $ US, suivant le prestataire.21 Dans les pays en développement, il est maintenant entendu que le prix d'achat dans le secteur public sera d'environ 25 cents pour les organismes publics, les ONG et les organisations de marketing social.22
Question: Quelles sont les barrières à l'utilisation des PCU par les jeunes adultes?
Malgré l'importance et l'efficacité des PCU, les jeunes qui ont besoin d'une contraception d'urgence se heurtent à des obstacles décourageants. Beaucoup d'entre eux ne savent même pas qu'il existe un moyen de se prémunir contre une grossesse imprévue. En outre, les prestataires des services de santé sont souvent mal informés sur la contraception d'urgence et ils refusent souvent de remettre des PCU aux jeunes sous prétexte qu'elles encouragent les relations sexuelles douteuses ou les moeurs légères, alors que rien ne le prouve.
Selon une étude faite au Viêt Nam, la plupart des prestataires surestimaient l'incidence et la gravité des effets secondaires et ils citaient des contre-indications dénuées de fondement. Certains d'entre eux déclaraient ne pas promouvoir cette méthode parce que les résultats de la recherche sur cette question n'étaient pas vulgarisés, et la majorité étaient d'avis qu'il fallait strictement contrôler la distribution de ces pilules.23
La confusion continue de régner entre PCU et avortement, et ce facteur peut entraver les efforts visant à prévenir les grossesses imprévues, comme il a été démontré en Malaisie.24
D'aucuns prônent la distribution de PCU en même temps que celle de préservatifs, mais une étude effectuée auprès de centres médicaux universitaires aux Etats-Unis révèle que d'autres expriment des réserves sur ce point. Certains prestataires craignent de faire passer un message ambigu sur l'efficacité du préservatif si on dit aux étudiants de recourir à cette méthode pour se prémunir contre la grossesse et les IST, alors qu'on leur propose en même temps des PCU à cause du risque de déchirure du préservatif.25
Question: Existe-t-il des programmes relatifs à la contraception d'urgence dans les pays en développement?
Malgré les obstacles susmentionnés, les programmes de planification familiale s'efforcent de faire connaître les PCU dans le monde entier et de les mettre à la portée des personnes intéressées. Par exemple, la filiale de la Fédération internationale pour la planification familiale en Colombie, PROFAMILIA, organise tous les jours des activités éducatives pour les jeunes, leurs parents et les enseignants. Les éducateurs intègrent des informations sur les PCU à leurs cours sur la santé de la reproduction. Les jeunes s'interrogent sur la formulation de ces pilules; sur leur mécanisme d'action; sur leur lien éventuel avec l'avortement; et sur leur innocuité, leur légalité et leurs effets secondaires. Le personnel de PROFAMILIA conseille aux jeunes de les utiliser uniquement à titre d'urgence et il les encourage à partager avec leurs camarades ce qu'ils savent sur ces pilules.26
Toutefois, la plupart des programmes qui mettent des PCU à la disposition des jeunes dans les pays en développement en sont encore à la phase pilote. On ne peut encore tirer ni informations ni données de leur expérience. Certains exemples présentent malgré tout de l'utilité.
L'unité de recherche sur la fertilité de la faculté de médecine d'Idaban, au Nigéria, a mis en route un projet pilote de trois ans dans six centres de santé de la reproduction et de planification familiale. L'un de ces sites est le dispensaire jeunesse de l'ARFH (Association for Reproductive and Family Health). Pour Grace Delano, de l'ARFH, les PCU sont de véritables «bouées de sauvetage»27, ce qui explique qu'elle soit entièrement solidaire de l'objectif du projet de la faculté de médecine et qui est d'accroître l'accès à la contraception d'urgence, en particulier chez les jeunes de 15 à 24 ans.28 On voit même se présenter dans des dispensaires de l'ARFH des jeunes gens qui demandent des PCU pour leurs partenaires. Les conseillers de l'ARFH saisissent toujours l'occasion de rappeler aux jeunes qu'ils ne doivent pas compter exclusivement sur cette méthode d'urgence, autrement dit qu'ils doivent adopter une méthode contraceptive régulière pour éviter d'être angoissés à la perspective d'une grossesse imprévue.
La Medical Women's Association du Kenya et PATH (Program for Appropriate Technology) ont rédigé ensemble une nouvelle intitulée «What adolescents need to know about emergency contraception» (Ce que les adolescents doivent savoir sur la contraception d'urgence). L'histoire commence par les ruminations d'une jeune fille qui s'inquiète d'être enceinte après avoir eu son premier rapport non protégé. Heureusement, sa mère apprend ce qui s'est passé et elle explique à sa fille ce qu'elle doit savoir sur l'ovulation et la fécondation. A la demande instante de sa mère, la jeune fille va consulter un médecin pour se procurer des PCU afin d'éviter une grossesse possible, et elle promet de ne plus avoir de relations intimes jusqu'à son mariage. L'histoire se termine en encourageant les jeunes à partager leurs connaissances sur la contraception d'urgence avec leurs amies qui ont eu des relations sexuelles non protégées.29
Par ailleurs, le centre médical de l'université nationale du Mexique, à Mexico, a mis en route un projet pilote en liaison avec le Population Council qui propose aux étudiants des séances de counseling et des services médicaux sur la contraception d'urgence.30 En outre, l'association mexicaine de planification familiale (MEXFAM) et l'institut mexicain pour la recherche sur la famille et la population (IMIFAP) ont préparé du matériel d'information en espagnol, destiné aux jeunes, sur les PCU. Ces informations sont disponibles sous forme imprimée et via l'Internet.31
Question: Quel est le message le plus important à retenir?
Les PCU représentent une option importante au titre de la contraception d'urgence pour les jeunes qui sont sexuellement actifs. En raison des barrières qui se dressent quand il est question de la sexualité des jeunes et de la confusion qui existe entre les PCU et l'avortement, cette méthode est sous-utilisée. Quand elles sont mises à la disposition des jeunes, les PCU sont bien acceptées. Elles contribuent au recul des grossesses imprévues et de l'avortement, en particulier quand leur distribution s'accompagne d'un counseling adéquat. En outre, elles peuvent aider les jeunes à saisir pleinement l'importance de la contraception et les amener à utiliser une méthode plus fiable de manière systématique.
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Reproduit avec la permission du projet de Pathfinder International «FOCUS on Young Adults», 2002.