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Foire aux questions —
Services conviviaux pour les jeunes

Quelles sont les stratégies optimales de counseling pour encourager les adolescents à repousser l'échéance du premier rapport sexuel ?


Que doivent savoir les conseillers sur le développement physique des jeunes clients ?


Que doivent savoir les conseillers sur le développement psychosocial des jeunes clients ?


En quoi le counseling des jeunes diffère-t-il de celui des adultes ?


Quels sont les points les plus importants à couvrir dans le cadre du counseling des adolescents sur le comportement sexuel ?


Comment peut-on aider les adolescents à communiquer leurs préoccupations plus souvent et plus efficacement ?


Quelle sorte de personnes savent bien communiquer des informations aux adolescents ?


Quelles interventions ont réussi à accroître l'utilisation du préservatif parmi les jeunes adultes ?


Comment les prestataires bien disposés envers les jeunes peuvent-ils réagir face au faible taux d'utilisation de la contraception chez les adolescents ?


Comment un prestataire peut-il encourager le recours systématique à la contraception chez les adolescents ?


Comment peut-on atteindre les adolescents ?

 

Quelles sortes d'attitudes ou de comportements de la part du personnel affectent la prestation de services aux adolescents ?


Quels types d'appui, de services de réorientation ou de réseaux doivent être mis à la disposition des adolescents ?

 

Quelle est l'expérience des services hospitaliers conviviaux pour les jeunes qui ont été conçus pour les adolescentes enceintes, les adolescentes qui accouchent et les adolescentes dans la période du post-partum ?


Les programmes de nutrition spécifiquement conçus pour les adolescentes enceintes améliorent-ils les résultats de la grossesse ?

 

Quelle est l'expérience des services conviviaux pour les jeunes qui ont été conçus en vue d'aider les adolescentes non enceintes à différer la grossesse et à améliorer leur santé de la reproduction ?


Quels sont certains des obstacles courants à la mise en place de services efficaces et conviviaux pour les jeunes ?

 

Question : Quelles sont les stratégies optimales de counseling pour encourager les adolescents à repousser l'échéance du premier rapport sexuel ?

  • Reconnaître et dire aux adolescents que l'intérêt porté à la sexualité et le désir sexuel sont des phénomènes normaux et naturels pendant l'adolescence.

  • Discuter les valeurs personnelles du client ou de la cliente et celles de sa famille en ce qui concerne l'activité sexuelle, en tenant compte de son âge, de son sexe, de sa situation de famille, des normes sociales et des attentes de la société.

  • Encourager l'adolescent(e) à dialoguer avec sa famille ou avec d'autres personnes qui tiennent une place importante dans sa vie.

  • Demander à l'adolescent(e) de discuter jusqu'à quel point il ou elle est prêt(e) à avoir des contacts intimes avec son partenaire.

  • Demander à l'adolescent(e) d'identifier les avantages et les inconvénients de l'initiation à l'activité sexuelle (risques sanitaires et sociaux y compris) ainsi que l'effet potentiel de l'activité sexuelle en général. Lui demander ensuite d'identifier l'effet potentiel des rapports sexuels pour sa part comme pour celle de ses partenaires, de sa famille et d'autres personnes.

  • Parler des moyens de refuser l'activité sexuelle non désirée ou non protégée et donner des informations sur ce sujet. Suggérer et explorer des réponses possibles face aux pressions des partenaires ou des pairs. On peut ainsi recourir aux jeux de rôle en simulant des situations réelles afin que l'adolescente puisse acquérir le vocabulaire et les compétences nécessaires pour négocier avec ses partenaires ou ses pairs.

  • Aider l'adolescent(e) à se fixer des objectifs réalistes dans la vie et discuter en quoi une grossesse imprévue pourrait faire dérailler sa trajectoire.

  • Fournir une information complète sur la prévention de la grossesse et des IST, sida y compris, et sur les endroits où l'adolescent(e) pourrait se procurer des informations et des services supplémentaires au cas où il ou elle choisirait de s'initier à l'activité sexuelle. 

Question : Que doivent savoir les conseillers sur le développement physique des jeunes clients ?

  • Les prestataires doivent comprendre la puberté et les changements corporels qui surviennent chez les garçons et chez les filles à cette époque de la vie.

  • Les filles ont leurs premières règles et les garçons arrivent à l'âge de la puberté plus tôt qu'au cours des dizaines d'années précédentes. Dans bien des cas, ceci signifie que la période de temps entre la survenue de la puberté et le mariage se trouve rallongée : la période d'activité sexuelle et, partant, le risque de grossesse et d'IST augmentent d'autant.

  • L'immaturité physiologique des adolescentes les plus jeunes fait courir à ces dernières un risque accru de complications pendant la grossesse.

Question : Que doivent savoir les conseillers sur le développement psychosocial des jeunes clients ?

  • Les adolescents sont obnubilés par l'idée d'être « normaux », et les changements qui se produisent dans leur corps peuvent leur provoquer beaucoup d'anxiété.

  • Les adolescents réagissent aux informations et les assimilent différemment selon leur âge, l'étape de leur développement et leur niveau de maturité. Par exemple, beaucoup d'adolescents ont du mal à saisir des concepts complexes ou des termes médicaux compliqués. Il convient donc de présenter les renseignements plusieurs fois, de manière différente, en parlant simplement et en utilisant toutes sortes de moyens et de matériels.

  • Les adolescents les plus jeunes courent peut-être un risque accru d'infections sexuellement transmissibles (IST), VIH y compris, parce qu'ils ne sont pas capables de négocier avec des adolescents plus âgés qu'eux ou avec des adultes.

  • Le mode de vie de beaucoup d'adolescents pourrait mal se prêter à la routine ou à l'intimité nécessaires à l'utilisation systématique de la contraception. Dès lors, il convient de réfléchir à la méthode la mieux adaptée au style de vie de l'adolescent(e), ou alors le prestataire doit aider cette personne à trouver les moyens de la faire coïncider avec son style de vie.

  • Beaucoup d'adolescents ont des rapports sexuels contre leur gré, sont victimes de maltraitance, ou sont contraints d'avoir des relations intimes, en échange de quoi ils reçoivent certaines faveurs, tel le paiement de leurs frais de scolarité.

  • Chez les adolescents, les relations sexuelles ne sont pas nécessairement hétérosexuelles. 

Question : En quoi le counseling des jeunes diffère-t-il de celui des adultes ?

  • Les jeunes ont tendance à être moins bien informés sur leur corps, leur capacité de reproduction, les méthodes contraceptives et leur risque de grossesse, d'IST et de VIH/SIDA. Il faudra peut-être que le conseiller soulève lui-même ces sujets.

  • Les adolescents nourrissent parfois des idées fausses parce que leurs sources d'information sont inadéquates, voire médiocres.

  • Beaucoup de sociétés ont tendance à se montrer moins tolérantes envers l'activité sexuelle des adolescents, en particulier lorsqu'ils sont célibataires. Dès lors, les jeunes peuvent avoir plus de mal à admettre qu'ils sont sexuellement actifs et à communiquer des informations importantes, surtout s'ils ont l'impression que le prestataire a un parti-pris contre eux.

  • Les adolescents peuvent être plus disposés à rechercher les conseils d'un professionnel qu'ils tiendraient en grande estime et à accepter ses suggestions.

  • Les adolescents sont moins susceptibles de connaître une relation de couple stable.

  • En règle générale, il faut consacrer davantage de temps au counseling des adolescents pour s'assurer qu'ils comprennent les informations et les instructions données et pour qu'ils puissent aborder d'autres questions qui leur tiennent à coeur.

  • Les préoccupations des adolescents peuvent couvrir toute une gamme de domaines, qu'il s'agisse par exemple de leurs relations avec leurs partenaires, leurs pairs ou les membres de leur famille, et sortir du simple cadre de la médecine ou de la contraception. En outre, ils peuvent avoir envie de discuter de problèmes liés à leurs rapports avec des membres de leur famille, à l'école ou sur le lieu de travail. Par conséquent, le conseiller doit être au courant des ressources disponibles et capable de réorienter les adolescents en cas de besoin. 

Question : Quels sont les points les plus importants à couvrir dans le cadre du counseling des adolescents sur le comportement sexuel ?

  • Aider les jeunes à comprendre les changements physiques et affectifs qui sont associés à la croissance et au développement.

  • Souligner l'importance qu'il y a de clarifier ses valeurs personnelles et de s'armer des compétences nécessaires pour pouvoir refuser les rapports sexuels non désirés.

  • Réfuter les mythes et les pratiques courants dans la communauté qui peuvent nuire aux adolescents ou leur faire courir un risque accru de grossesse ou d'IST.

  • Poser des questions qui aident à évaluer les risques, en se renseignant notamment sur les IST et les conduites abusives.  

L'évaluation des risques recouvre de nombreux domaines :

  • Il faut interroger l'adolescent(e) sur ses éventuelles relations sexuelles, actuelles ou passées.

  • Sonder ses connaissances sur la prévention des IST et de la grossesse ainsi que sur sa perception des risques.

  • Lui demander si toutes ses pratiques sexuelles sont compatibles avec une sexualité sans danger.

  • Lui demander s'il (ou elle) a des partenaires multiples.

  • Se renseigner sur ses éventuels rapports intimes avec une personne de son sexe et lui demander si ses partenaires ont, ou ont eu, des relations homosexuelles.

  • Poser des questions sur les IST et les conduites abusives.

  • Veiller à ce que la jeune personne comprenne son risque de contracter une IST ou l'infection à VIH, de même que son risque de grossesse, et s'assurer qu'elle sait se prémunir contre ces éventualités.

  • Souligner l'importance de la communication et du respect mutuel dans le cadre des relations sexuelles.

  • Informer l'adolescent(e) sur l'emplacement des services et des ressources à caractère convivial pour les jeunes.

  • Les adolescents sont parfois réticents à se confier, en particulier sur leurs expériences sexuelles, et il faut parfois se donner un peu plus de mal que d'habitude pour les mettre à l'aise et les faire parler.

Question : Comment peut-on aider les adolescents à communiquer leurs préoccupations plus souvent et plus efficacement ?

  • A l'école, dans des organisations communautaires ou dans des maisons de jeunes, les adolescents peuvent participer à toutes sortes d'activités artistiques et culturelles : concours d'affiches, pièces de théâtre, chansons et musique, poésie, spectacles de marionnettes, débats, discussions de groupes, rédaction de bulletins d'information ou création de sites Internet.

  • Lors de sessions individuelles ou de groupe, on peut aborder la question des pressions exercées par les pairs et celle des disparités entre les sexes et aider les jeunes à se doter des compétences psychologiques et linguistiques nécessaires pour faire face aux situations qui se présentent.

  • Les activités d'apprentissage du leadership peuvent être conçues, en partie, de manière à accroître la participation des jeunes.

  • On peut organiser des réunions ou des conférences à l'échelle nationale ou régionale auxquelles les jeunes participeraient à part entière. Ils seraient invités à partager leurs expériences, leurs idées, leurs conseils et leurs propositions avec des décideurs.

  • Les jeunes peuvent être formés à mener des travaux de recherche ainsi qu'à documenter et à disséminer leurs conclusions et les expériences des programmes.

  • On peut recruter des adolescents qui accepteraient de discuter leur expérience à titre non seulement de bénéficiaires de programmes et de services, mais aussi de participants.

  • Les jeunes peuvent être guidés pour nouer une relation avec des adultes qui sont prêts à leur servir de mentors et à plaider leur cause et avec lesquels ils pourraient discuter ouvertement de tout ce qui les tracasse.

  • Ils peuvent participer à des programmes et à des activités qui facilitent la discussion, avec leurs parents ou des membres de leur famille élargie, de questions liées à la santé de la reproduction.

Question : Quelle sorte de personnes savent bien communiquer des informations aux adolescents ?

 

Ce sont les personnes qui présentent les caractéristiques suivantes :

  • Elles ne portent pas de jugement, ont l'esprit ouvert et font preuve d'empathie.
  • On peut leur faire confiance.
  • Elles peuvent se mettre à la place de leur interlocuteur, sont bien informées et débrouillardes.
  • Elles comprennent comment les adolescents communiquent et ce qui est important pour eux.
  • Elles plaident la cause des jeunes pour les questions auxquelles ils attachent de l'importance.
  • Elles s'impliquent avec les jeunes et suivent de près les décisions qui les affectent.
  • Elles n'ont aucune gêne à parler de la sexualité ou de n'importe quel autre sujet avec les jeunes.
  • Elles privilégient l'interaction et ne présentent pas leurs informations de manière dogmatique. 

Question : Quelles interventions ont réussi à accroître l'utilisation du préservatif parmi les jeunes adultes ?

 

L'expérience de la Jamaïque fournit des pistes de réflexion sur certaines stratégies capables d'améliorer l'utilisation du préservatif. Des données tirées, entre autres, de l'enquête de 1997 sur la santé de la reproduction, indiquent que 60 % des hommes âgés de 15 à 24 ans et 40 % des garçons âgés de 10 à 14 ans, tous sexuellement actifs, disent avoir utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel.

 

Quatre éléments ont contribué à cette évolution :

  • Sentiment d'acceptation parmi les pairs. Les interventions qui encouragent l'approbation des pairs, la promotion par les pairs et l'acquisition de compétences liées au port du préservatif, sous la tutelle de pairs, relèveront considérablement le taux d'utilisation du préservatif parce que les adolescents de sexe masculin sont beaucoup plus susceptibles d'accepter et d'employer cette méthode s'ils pensent que leurs pairs font de même.

  • Campagnes de communication. Pour être efficaces, les campagnes de communication doivent : a) s'attaquer à la prévention des IST et de la grossesse ; b) promouvoir des messages propres à atténuer les réticences face au préservatif, à vulgariser son emploi et à le rendre socialement acceptable (en montrant son aspect
    « branché ») ; et c) créer une image saine et positive du préservatif et de ses utilisateurs.

  • Services conviviaux faciles d'accès et disponibles à grande échelle. La diffusion de préservatifs dans les dispensaires, les pharmacies et chez les détaillants, gratuitement ou à bas prix, accroît la probabilité que les jeunes s'en procureront. La convivialité des services réunit les éléments suivants : a) l'établissement de points de distribution nombreux et variés, l'accent devant être mis sur les points de vente non traditionnels parce qu'ils sont plus anonymes et que leurs heures d'ouverture sont plus pratiques ; b) la sensibilisation des prestataires, qui doivent se montrer plus arrangeants et plus encourageants envers les adolescents qui souhaitent utiliser et acheter des préservatifs ; et c) la création d'un environnement accueillant pour faciliter l'accès à cette méthode.

  • Apprendre les gestes à accomplir. Pour apprendre aux jeunes comment mettre correctement un préservatif, il faut leur donner des dépliants, choisir un instructeur parmi leurs pairs expérimentés et créer un climat détendu et ouvert dans les situations de groupes.

Question : Comment les prestataires bien disposés envers les jeunes peuvent-ils réagir face au faible taux d'utilisation de la contraception chez les adolescents ?

 

Les raisons du faible taux d'utilisation des contraceptifs chez les adolescents sont variées et souvent complexes. Elles regroupent des facteurs psychologiques, sociaux et d'autres liés à leur style de vie. A titre d'explication, les adolescents ont émis les suggestions suivantes :

  • Les attitudes négatives des prestataires constituent souvent une barrière à l'utilisation des services et à l'emploi continu des contraceptifs.

  • Les adolescents, qui souvent n'ont pas l'habitude de faire des plans, peuvent avoir des rapports sexuels à l'improviste.

  • Les adolescentes ne se sentent pas vulnérables : « Etre enceinte, ça ne peut pas m'arriver à moi. »

  • Les jeunes craignent d'être rejetés par leur partenaire.

  • L'ambivalence des sentiments sur la grossesse et les attentes culturelles au sujet du mariage et de la maternité ou de la paternité peuvent dissuader les adolescents de recourir à la contraception.

  • Ils craignent d'être ou de devenir stériles à cause de la contraception ou ils ont du mal à résister aux pressions qui les incitent à
    « prouver » leur fertilité.

  • Ils reçoivent des informations inadéquates sur la reproduction, la contraception ou le risque de grossesse.

  • Ils ne savent pas où se procurer des contraceptifs.

  • Ils veulent cacher leurs relations sexuelles ou les contraceptifs à leurs parents ou à d'autres membres de leur famille.

  • Ils n'ont pas assez d'argent pour s'acheter des contraceptifs.

  • Ils sont gênés d'acheter des préservatifs ou d'autres contraceptifs.

  • Ils croient que les contraceptifs, et en particulier le préservatif, nuisent au plaisir sexuel.

  • Ils n'ont pas les compétences nécessaires pour négocier l'emploi du préservatif ou d'autres contraceptifs avec leur partenaire.

  • Ils craignent les effets secondaires des contraceptifs.

  • Les adolescentes redoutent les examens médicaux, en particulier l'examen gynécologique, souvent obligatoires pour se procurer des contraceptifs.

  • Elles craignent que leur partenaire ne les soupçonnent d'avoir d'autres partenaires sexuels si elles pratiquent la contraception.

Dans bien des cas, le prestataire doit faire preuve de doigté pour identifier les mythes et les informations erronées des adolescents. Il doit ensuite leur donner des informations correctes et les aider à choisir une méthode compatible avec leur style de vie.

 

Question : Comment un prestataire peut-il encourager le recours systématique à la contraception chez les adolescents ?

 

L'interaction entre le prestataire et l'adolescent constitue un facteur fondamental de l'utilisation efficace de la contraception. Les attitudes négatives des prestataires présentent l'un des plus gros obstacles à l'utilisation des services par les jeunes. Elles pourraient en effet dissuader ceux-ci de solliciter des services ou les empêcher d'en recevoir.

 

Les établissements sanitaires sont souvent à court de personnel et débordés, et les prestataires n'ont pas nécessairement le temps d'expliquer les méthodes ni de répondre aux besoins et aux questions des adolescents comme on le souhaiterait. Dans un cadre mal conçu pour le respect de l'intimité et la confidentialité, les adolescents peuvent avoir du mal à se concentrer sur des informations nouvelles et souvent compliquées. L'ambivalence des adolescentes sur le sujet de la grossesse peut amener celles-ci à utiliser des contraceptifs de manière irrégulière. Si les prestataires sont accessibles de manière à ce qu'ils puissent répondre sans délai aux questions ou aux préoccupations des jeunes, le taux d'abandon de la contraception pourrait peut-être diminuer. Ce serait peut-être le cas aussi si les informations données étaient reprises par d'autres membres du personnel et présentées à l'aide de divers mécanismes, notamment par le biais de séances de counseling, de matériel d'IEC (information, éducation et de communication) et de l'action de pairs-éducateurs.

 

De même, les adolescents pourraient être plus susceptibles de continuer à utiliser des contraceptifs si les informations leur étaient présentées de manière attrayante et qu'on leur donnait l'occasion de les répéter pour s'assurer de leur compréhension.

 

Compte tenu de leur style de vie, les adolescents ont parfois du mal à pratiquer la contraception de manière systématique et correcte. Les prestataires devraient explorer de nouvelles façons d'expliquer en quoi consiste un emploi systématique et correct ainsi que les gestes à accomplir en cas de mauvaise utilisation. Il convient d'expliquer pleinement aux clients adolescents les effets secondaires courants des contraceptifs et ce qu'il faut faire quand ils surviennent. Les adolescents les toléreront peut-être mieux s'ils savent à quoi s'attendre.

 

La motivation des adolescents et leur habileté à utiliser des contraceptifs sont étroitement liées. Comme la pratique de la contraception se conçoit dans l'optique des relations de couple, les prestataires doivent évaluer la nature des relations de leurs clientes, leur désir d'avoir ou non des enfants ainsi que d'autres facteurs personnels susceptibles d'affecter leur motivation. Ils doivent aussi donner à leurs clients des occasions de discuter ces sujets. Les jeunes doivent savoir où ils peuvent se procurer des contraceptifs bon marché dans un endroit où ils se sentiront toujours à l'aise.

 

Question : Comment peut-on atteindre les adolescents ?

 

Cette question comporte deux aspects: il s'agit de savoir où trouver les adolescents et d'identifier les stratégies qui permettront de leur prodiguer des informations et des services.

 

Pour localiser les adolescents, il suffit de se rendre dans les endroits qu'ils ont l'habitude de fréquenter, par exemple les établissements scolaires, les lieux de travail, les concerts, les clubs sportifs, les salles de danse ou d'autres locaux à caractère social ou récréatif.

 

S'agissant des moyens de les informer et de mettre des services à leur portée, l'efficacité d'une approche holistique qui tienne compte de leurs besoins multiples et qui y réponde a été établie. Une telle démarche intègre la santé de la reproduction des adolescents au reste de leur vie au lieu de la considérer indépendamment des autres réalités.

 

On a constaté que l'on pouvait élargir l'ampleur et la portée des informations et des messages en faisant participer directement les jeunes à l'élaboration et à l'application des programmes ainsi qu'à la conception des messages sur la santé de la reproduction.

 

De même, les stratégies qui font jouer aux adolescents un rôle d'éducateur, de conseiller ou d'agent de distribution à base communautaire accroissent l'accès des jeunes aux informations et aux services en misant sur les contacts entre pairs.

 

Question : Quelles sortes d'attitudes ou de comportements de la part du personnel influencent la prestation de services aux adolescents ?

 

Les attitudes du personnel peuvent déterminer si l'adolescent(e) va comprendre les informations qui lui sont données et les mettre à profit, revenir solliciter d'autres services ou conseiller à ses camarades d'en faire autant. De ce point de vue, le mot « personnel » s'applique non seulement à ceux et à celles qui dispensent des services cliniques, mais aussi à quiconque prodigue une information et des services en matière de santé de la reproduction, y compris les agents communautaires, les pharmaciens, les commerçants et toutes les personnes auxquelles les adolescents ont affaire. Voici quelques-unes des caractéristiques les plus importantes d'un personnel bien disposé envers les jeunes :

  • Il est respectueux, objectif et ne s'érige pas en juge ;
  • Il manifeste un intérêt sincère pour ce que dit l'adolescent(e), se met à son écoute et répond à ses questions ;
  • Il respecte l'intimité de la personne et le principe de confidentialité. 

Question : Quels types d'appui, de systèmes de référence ou de réseaux doivent être mis à la disposition des adolescents ?

  • Si les ressources le permettent ou si les services peuvent être coordonnées, la meilleure façon d'aider les adolescents consiste à mettre en place un dispositif qui assure toute une gamme de services. Ses services doivent, bien sûr, répondre à la multiplicité de leurs besoins, notamment en matière d'éducation, d'emploi et de counseling. Il faut aussi pouvoir les référer vers les services qui ne sont pas dispensés sur site.

  • La réputation de convivialité des services revêt une très grande importance pour les jeunes.

  • Les systèmes de référence devraient inclure des organisations à caractère convivial pour les jeunes.

  • Les services doivent être facilement accessibles (par transports publics, par téléphone, par Internet... ) et disponibles pendant les tranches horaires qui conviennent aux adolescents.

  • Les permanences téléphoniques et les émissions interactives de radio et de télévision constituent un bon moyen de fournir des informations en respectant l'anonymat et de réorienter les jeunes vers des sites de prestation de services conviviaux.

  • Dans le monde en développement, les établissements qui dispensent des services de la santé de la reproduction servent moins d'adolescents que de personnes âgées de 20 ans et plus. Si les femmes de moins de 20 ans qui sont mariées peuvent effectivement recevoir les soins prénatals et de maternité nécessaires, le fait est que l'on tient rarement compte de leurs besoins physiques et affectifs liés à leur âge. En outre, on décourage souvent les jeunes mariées de recourir à la contraception tant qu'elles n'ont pas eu un enfant, voire deux. Les prestataires des services de santé rechignent en particulier à servir les jeunes qui sont célibataires. Leur réticence reflète souvent les attitudes sociales et les perceptions culturelles face à l'activité sexuelle des adolescents, jugée inconvenante. Toutefois, devant le nombre croissant de grossesses parmi les jeunes femmes célibataires, on commence à voir des efforts s'organiser pour répondre aux besoins spéciaux de ces futures mères. Ces démarches sont en cours d'évaluation.

Question : Quelle est l'expérience des services hospitaliers conviviaux pour les jeunes qui ont été conçus pour les adolescentes enceintes, les adolescentes qui accouchent et les adolescentes dans la période du post-partum ?

 

Comme les besoins de santé des adolescentes et des jeunes femmes enceintes sont urgents, ils peuvent être identifiés facilement et rapidement. Il existe des interventions spéciales à leur intention (même si des programmes pour les jeunes femmes qui ne sont pas enceintes laissent à désirer) dont le bilan est positif, comme l'illustre l'évaluation des interventions ci-après :

  • Au Mexique, un programme en milieu hospitalier appliqué par l'Asociación Mexicana de Educación Sexual (AMES) a dispensé des informations et un counseling sur la planification familiale, dans le cadre de séances prénatales et pendant le post-partum, aux femmes de moins de 20 ans qui allaient accoucher, ou avaient accouché, dans un hôpital public. En outre, des services, y compris en matière d'éducation, étaient proposés aux adolescentes dans un local qui leur était réservé et situé dans l'hôpital. Une évaluation a révélé que les séances de counseling et d'éducation n'étaient pas efficaces au tout début du post-partum, et le programme a rectifié le tir. Une deuxième évaluation du projet a démontré que les jeunes adultes qui avaient participé à une séance prénatale se faisaient suivre plus régulièrement pendant la grossesse et qu'elles étaient plus susceptibles d'espacer les naissances suivantes que les femmes qui n'avaient pas assisté à cette séance (86 % et 64 % respectivement).1, 6

  • Un autre programme mexicain en milieu hospitalier, le Programme d'éducation pour les mères adolescentes (PREA), a été mené par le Centro de Orientación para Adolescentes (CORA). Les participantes assistaient à des séances d'information sur la planification familiale pendant le post-portum et à une autre séance au moins après cette période. L'évaluation du programme révèle que les adolescentes qui avaient participé à la PREA allaitaient leur enfant plus longtemps que les adolescentes d'un groupe de contrôle et que le taux d'utilisation des contraceptifs était plus élevé dans le premier groupe que dans le second.5

  • Au Chili, des équipes multidisciplinaires s'emploient à améliorer les résultats de la grossesse et les pratiques pendant le post-partum parmi les jeunes femmes à risque qui se présentent dans des hôpitaux et des dispensaires publics. L'examen des dossiers médicaux révèle plusieurs résultats positifs : recul de la mortalité infantile, accroissement du taux de continuation de l'allaitement et baisse du taux de seconde grossesse.4

  • Un programme brésilien en milieu hospitalier a proposé aux adolescentes en période de post-partum ou après un avortement des services en hôpital de jour spécialement conçus pour elles et qui portaient sur le counseling, l'éducation et la contraception. L'évaluation de ce programme montre que la moitié des jeunes femmes qui avaient bénéficié de ces services retournaient à la consultation de suivi en hôpital de jour. En outre, dans l'un des hôpitaux qui participaient à ce programme, le rapport avortements/naissances est passé de 18 à 13 % cinq ans après la mise en route du projet.9

  • Aux Etats-Unis, une faculté de médecine a créé un programme de grande envergure pour les femmes enceintes de moins de 18 ans. L'équipe médicale réunissait des infirmières, des assistantes sociales, une diététicienne, des obstétriciens, une psychiatre et des sages-femmes, lesquelles étaient responsables de la gestion des dossiers. L'évaluation de ce programme révèle un net recul de l'incidence de naissances d'enfants de faible poids, même parmi une population socio-économique d'adolescentes considérées à haut risque.7

Question : Les programmes de nutrition spécifiquement conçus pour les adolescentes enceintes améliorent-ils les résultats de la grossesse ?

 

Certains services spécialisés dans ce domaine ont eu des effets positifs pour les jeunes femmes :

  • Une enquête effectuée au Nigéria a mis en évidence la baisse de l'incidence de disproportion céphalo-pelvienne chez les adolescentes à qui l'on avait donné des médicaments antipaludéens et des suppléments de fer et d'acide folique pendant la deuxième moitié de la grossesse.2

  • Aux Etats-Unis, un groupe d'adolescentes enceintes qui avaient reçu des suppléments caloriques, protéiniques, vitaminiques et minéraux ont donné naissance à des enfants qui avaient un poids nettement plus élevé que ceux des adolescentes du groupe de contrôle ; c'est chez les moins de 16 ans qu'on a observé les effets les plus bénéfiques.8

Question : Quelle est l'expérience des services conviviaux pour les jeunes qui ont été conçus en vue d'aider les adolescentes non enceintes à différer la grossesse et à améliorer leur santé de la reproduction ?

 

Les études faites aux Etats-Unis en vue d'évaluer l'impact des services destinés à accroître l'utilisation de contraceptifs par les jeunes et à aider les jeunes femmes à différer la grossesse ont produit des résultats mixtes :

  • Six dispensaires de planification familiale ont introduit un protocole spécial qui tient compte des préoccupations psychologiques et sociales des adolescentes. Celui-ci regroupait, entre autres, les éléments suivants : un counseling individuel ; le fait de repousser l'examen gynécologique (que redoutent beaucoup d'adolescentes) ; la formation du personnel ; la formation d'adolescentes comme conseillères ; l'intégration des partenaires masculins ; l'encouragement de la participation des parents ; un supplément de temps réservé aux discussions ; et des visites de suivi plus fréquentes. Cette démarche s'est traduite par la hausse du taux de continuation des contraceptifs et par la baisse du taux de grossesse (en l'espace d'un an) parmi les clientes du groupe d'intervention et par comparaison avec celles du groupe de contrôle.10

  • Une autre étude a examiné l'effet d'une démarche ambitieuse qui visait à élargir les services de planification familiale d'un dispensaire à l'intention des adolescents du quartier. Plusieurs stratégies ont été appliquées, dont l'allongement des heures d'ouverture l'après-midi et dans la soirée, la création de plages horaires pour les consultations sans rendez-vous, la réduction du temps d'attente et la mise en place d'activités d'extension visant les adolescents et leurs parents. Les résultats ont été décevants. Le projet n'a pas eu d'impact mesurable sur le comportement de la population ciblée en matière de reproduction ni sur ses attitudes et ses connaissances. Ces observations donnent à penser que, même si les clientes sont bien accueillies, le fait d'accroître la disponibilité des services ne se traduira pas nécessairement par la hausse de la demande de prestations et elle n'affectera pas forcément la santé de la reproduction du reste de la population du quartier.3

 

Question : Quels sont certains des obstacles courants à la mise en place de services efficaces et conviviaux pour les jeunes  ?

  • Les politiques à caractère restrictif ou qui ne sont pas claires.

  • L'attitude des prestataires. Beaucoup de prestataires (y compris des agents de distribution à base communautaire et des employés de pharmacie) acceptent mal l'activité sexuelle des adolescents et désapprouvent l'octroi de services de planification familiale aux jeunes.

  • Les attitudes ambivalentes et moralistes des communautés. On peut souvent y remédier, du moins en partie, par le biais d'activités d'éducation du public.

  • Moeurs, et la gêne des jeunes à recourir aux services cliniques. On peut atténuer ces deux problèmes en rehaussant la convivialité des services et en contactant les adolescents dans les endroits qu'ils ont l'habitude de fréquenter.

  • Le manque de données d'évaluation sur des éléments spécifiques de la prestation de services. Il convient en particulier de répondre aux questions suivantes :

    • Quels sont les éléments d'un service clinique (atmosphère, garantie de l'intimité, consultations sans rendez-vous, heures d'ouverture, coûts... ) qui comptent le plus pour les jeunes adultes ?

    • Quels services (et quels prestataires) sont les plus capables d'attirer les jeunes et de répondre à leurs besoins en matière de santé de la reproduction ?

    • En ce qui concerne les jeunes femmes qui sollicitent des soins prénatals, post-natals et post-abortum, quels sont les moyens les plus efficaces de les encourager à utiliser une méthode de contraception après l'accouchement ou l'avortement ? A quel moment, dans quel cadre et avec quelle fréquence faut-il donner une information sur la contraception pour accroître la probabilité que la femme adoptera une méthode de contraception ?

    • Comment peut-on encourager les jeunes adultes à se rendre dans des dispensaires en vue du dépistage et du traitement des IST ?

Références

  1. Corona E, Gribble JN, Ehrenfeld N, et al. A Study to Evaluate the Quality of Care in a Comprehensive Model of Service Delivery to Adolescent Mothers in a Mexico City Hospital. Asociación Mexicana de Educación Sexual (AMES), 1988.
  2. Harrison KA, Fleming AF, Briggs ND, et al. Growth During Pregnancy in Nigerian Teenage Primigravidae. British Journal of Obstetrics and Gynecology 5(suppl.): 32-39 (1985).
  3. Hughes ME., Furstenberg FF, Teitler JD. The Impact of an Increase in Family Planning Services on the Teenage Population of Philadelphia. Family Planning Perspectives 27(2): (1995).
  4. Maddaleno M. Promoting Comprehensive Health Services for Adolescents in East Metropolitan Santiago de Chile. Final Report. Departments of Pediatrics and Psychiatry, University of Chile, 1994.
  5. Martin A, Schenkel P, Vernon R, et al. A Sustainable Educational Program for Postpartum Adolescent Mothers, Mexico. Paper presented at the 19th annual NCIH International Health Conference. Arlington, Virginia, June 14-17, 1992. 
  6. Pathfinder International, Evaluation Unit. Adolescent Project Evaluation. (Draft). 1995.
  7. Piechnik S, Corbett MA. Reducing Low Birth Weight among Socioeconomically High-Risk Adolescent Pregnancies. Journal of Nurse-Midwifery 30(2): (1985).
  8. Rosso P, Lederman SA. Nutrition in the Pregnant Adolescent. In: Winick M, ed. Adolescent Nutrition. New York: John Wiley & Sons, 1982.
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Reproduit avec la permission du projet de Pathfinder International « FOCUS on Young Adults », 2002.

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