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Les adolescents courent-ils un risque d'IST/VIH supérieur à celui des adultes ? Si oui, pourquoi ?
D'un point de vue biologique, les jeunes filles sont-elles plus vulnérables que les femmes plus âgées ?
Quels sont les autres facteurs qui font que les jeunes courent un risque accru d'infection à VIH/IST ?
Quel est le message de prévention du VIH le plus important pour les jeunes ?
Quelle est la situation actuelle en ce qui concerne les adolescents et les IST et le VIH/SIDA ?
Pourquoi les adolescents sont-ils particulièrement vulnérables aux IST et au VIH ?
Quelles sont les conséquences sanitaires et sociales du taux élevé d'IST chez les jeunes ?
Question : Les adolescents courent-ils un risque d'IST/VIH supérieur à celui des adultes ? Si oui, pourquoi ?
Oui. Environ sept IST sur 10 sont décelées chez des jeunes de 15 à 24 ans. Les adolescents qui sont célibataires et sexuellement actifs courent un risque accru d'IST pour des raisons non seulement psychologiques et comportementales, mais aussi biologiques et sociales. Au nombre des facteurs psychologiques figurent le sentiment d'invulnérabilité des jeunes, le désir de tenter de nouvelles expériences et la volonté de prendre des risques, par exemple en changeant souvent de partenaires ou en ayant un partenaire qui en a lui-même beaucoup d'autres. En outre, beaucoup d'adolescents n'ont pas suffisamment de connaissances sur les IST, ce qui contribue aux comportements à risque, ils ont du mal à utiliser un préservatif correctement et systématiquement, ou ils ne possèdent pas les techniques de communication et de négociation nécessaires, ce qui rend l'emploi du préservatif difficile.
Question : D'un point de vue biologique, les jeunes filles sont-elles plus vulnérables que les femmes plus âgées ?
D'un point de vue biologique, les adolescentes sont probablement plus vulnérables aux IST que les femmes plus âgées parce que les premières présentent une ectopie cervicale. C'est une condition normale qui s'observe chez la plupart des adolescentes, mais moins fréquemment chez les personnes plus âgées. L'ectopie cervicale se caractérise par le prolongement des cellules qui tapissent le canal cervical et qui s'étendent jusqu'à la surface vaginale du col. Ces cellules sont plus vulnérables aux infections, telles la chlamydiase et la gonorrhée. En outre, le risque de contracter une trichomonase, une chlamydiase, l'herpès ou le virus du papillome humain génital (VPH) est probablement le plus élevé à la première exposition. Comme c'est souvent à l'adolescence que la première exposition se produit, les jeunes des deux sexes sont particulièrement vulnérables. Chez les jeunes, le fait d'avoir une IST accroît la probabilité d'en contracter d'autres.
Question : Quels sont les autres facteurs qui font que les jeunes courent un risque accru d'infection à VIH/IST ?
Des facteurs sociaux et programmatiques peuvent aussi accroître les risques associés aux IST. Les facteurs programmatiques regroupent l'accès limité aux services de planification familiale ou pour IST ; le caractère peu pratique des heures d'ouverture ou des emplacements des dispensaires ; le coût prohibitif du préservatif en pharmacie, dans d'autres commerces ou dans les dispensaires ; le manque de confidentialité, le manque de formation spécialisée du personnel ou la présence d'employés qui voient d'un mauvais oeil l'activité sexuelle des adolescents et leur pratique de la contraception, ou encore les restrictions juridiques. Dans la catégorie des facteurs sociaux, il convient de citer le manque relatif de pouvoir des adolescents dans leurs relations avec les adultes, et même avec leurs partenaires. Il y a des jeunes qui sont contraints d'avoir des relations intimes avec des partenaires plus puissants qu'eux et vis-à-vis desquels ils sont mal placés pour négocier le recours à des pratiques sexuelles à moindre risque.
Question : Quel est le message de prévention du VIH le plus important pour les jeunes ?
Comme les jeunes sont davantage sujets que les adultes aux IST, d'un point de vue strictement biologique, il y a eu d'insister sur l'abstinence sexuelle, ou le cas échéant sur le port du préservatif quand ils sont sexuellement actifs. L'abstinence constitue la protection la plus efficace contre la grossesse et les IST. Chez les adolescents sexuellement actifs, le préservatif est la seule méthode qui confère une protection contre les IST virales et bactériennes.
Par rapport aux adultes, les jeunes contractent un nombre disproportionné d'IST. Ces infections peuvent avoir de graves conséquences pour la santé, tant chez les jeunes que chez leurs enfants. Comme les IST les plus courantes, à savoir la chlamydiase et la gonorrhée, sont souvent asymptomatiques chez la femme, et généralement symptomatiques chez l'homme, les femmes sont moins susceptibles d'être traitées que les hommes. Les adolescents se heurtent à des obstacles particuliers quand ils essaient de se faire soigner, même s'ils présentent des symptômes. Ils hésitent à solliciter des soins, et les prestataires rechignent souvent à les traiter.12 Comme la présence d'une IST accroît la susceptibilité à l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), il est extrêmement important de traiter ces maladies.7, 10 En outre, les IST peuvent provoquer une infection des trompes, cause d'infertilité.
Quelle est la situation actuelle en ce qui concerne les adolescents et les IST et le VIH/SIDA ?
Les jeunes sont vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles pour des raisons biologiques et comportementales. En fait, dans le monde entier, c'est chez les jeunes de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans que le taux d'IST est le plus élevé. Dans le monde industrialisé, les deux tiers de tous les cas d'IST déclarées se produisent chez les hommes et les femmes de moins de 25 ans. Dans les pays en développement, cette part est encore plus forte.6 Voici des données sur la prévalence de diverses maladies :
- A l'échelle mondiale, une part importante des infections à chlamydia, au moins le tiers d'entre elles, sont contractées par des adolescents. En Haïti et au Nigéria, cette catégorie de la population aurait le taux le plus élevé de chlamydiase détectée par culture.3, 4, 6 Jusqu'à la moitié des jeunes femmes sexuellement actives pourraient être porteuses de cette infection.6
- C'est parmi les adolescents que le taux de gonorrhée est souvent le plus élevé.8 Comme c'est le cas aussi pour d'autres IST guérissables, l'Asie du sud et l'Afrique subsaharienne enregistrent un nombre disproportionné de ces infections, et les adolescents représentent environ le tiers de tous les cas.6
- Contrairement à la gonorrhée et à la chlamydiase, la syphilis frappe davantage les adultes, mais elle demeure un problème important pour les jeunes des pays en développement.6 Dans les zones rurales du Nigéria, par exemple, près de 3 % des adolescents sexuellement actifs ont un syphilis évolutif.4
- Les infections à trichomonas sont les IST guérissables les plus courantes, puisqu'elles représentent plus de la moitié de toutes les infections sexuellement transmissibles qui sont curables. Les adolescents en font les frais de manière disproportionnée.6 Au Nigéria, cette infection a été diagnostiquée chez près du quart des adolescents.4
- La vaginose bactérienne est courante chez les femmes sexuellement actives, mais on ne connaît pas précisément sa prévalence chez les adolescentes.
- Bien qu'elle soit généralement moins prévalente chez les jeunes adultes, l'infection à virus herpès simplex frappe néanmoins les adolescents et elle entraîne souvent des ulcérations génitales.6
- La prévalence du virus du papillome humain génital (VPH) est plus forte parmi les adolescents que dans n'importe quelle autre tranche d'âge.14 Une étude faite aux Etats-Unis a démontré que jusqu'à la moitié de toutes les jeunes femmes sexuellement actives présentent des signes cytologiques d'infection, même si les verrues génitales externes ne sont pas aussi courantes.5
- Le virus de l'hépatite B est très répandu, en particulier en Asie, et il peut avoir des conséquences graves pour la santé des adolescents et de leurs enfants.6
- Environ la moitié de tous les cas d'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) sont répertoriés chez les hommes et les femmes de moins de 25 ans. Jusqu'à 60 % des infections décelées dans les pays en développement frappent les jeunes de 15 à 24 ans.19 Dans cette tranche d'âge, les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à contracter cette infection.19 Dans les zones rurales de Tanzanie, ce sont les femmes âgées de 15 à 24 ans qui présentent le taux d'infection à VIH le plus élevé.10
Question : Pourquoi les adolescents sont-ils particulièrement vulnérables aux IST et au VIH ?
Pour des raisons biologiques, comportementales et culturelles, les jeunes courent un risque particulièrement élevé de MST, VIH y compris :
- Un grand nombre d'adolescents sont sexuellement actifs. Dans certains pays, l'activité sexuelle commence dès le début de l'adolescence, dans le cadre du mariage ou en dehors. Le fait d'avoir son premier rapport sexuel à un jeune âge est un important facteur de risque de MST.11, 15
- L'immaturité de leur appareil reproducteur et de leur système immunitaire rend les adolescents plus vulnérables que les adultes à divers agents pathogènes responsables de MST.6, 12
- Les adolescents, en particulier les jeunes filles, sont moins capables de refuser d'avoir des relations intimes et/ou moins capables d'exiger une protection adéquate. Parfois, l'activité sexuelle s'accompagne de sévices ou de coercition, ce qui est associé à l'initiation précoce au sexe et à la multiplicité des partenaires sexuels, deux facteurs de risque d'IST.11
- La pauvreté, l'absence de domicile fixe, les luttes politiques et les déplacements forcés font de plus en plus souvent partie du quotidien pour les jeunes des pays en développement. Or ces réalités sont associées aux abus sexuels ou au chantage sexuel : les rapports sexuels peuvent être monnayés, que ce soit pour de l'argent ou pour subvenir à des besoins essentiels.1, 12
- Les jeunes sont mal informés sur les IST, leurs symptômes, la nécessité de les traiter et les endroits où ils peuvent se faire soigner. Conjuguées aux craintes que le système médical inspire aux adolescents, ces circonstances font que les jeunes évitent souvent de se faire soigner ou tardent à le faire.20 Les IST non traitées accroissent souvent la susceptibilité à l'infection par le VIH.10
- Les prestataires des services de santé de la reproduction ont tendance à ne pas accueillir les jeunes à bras ouverts. Des études faites à Antigua, au Sénégal et en Thaïlande, pour ne citer que ces exemples, ont identifié des établissements qui ne respectent ni l'intimité des adolescents ni la confidentialité des renseignements qu'ils donnent, et dont le personnel est souvent désagréable ou moralisateur.18
Question : Quelles sont les conséquences sanitaires et sociales du taux élevé d'IST chez les jeunes ?
Le fait de contracter une IST à un jeune âge accroît la probabilité d'infections à répétition en raison de l'allongement de la période d'exposition et de la multiplicité des partenaires que l'on peut présumer.6, 13 Les réinfections peuvent exacerber les conséquences pour la santé. Par exemple, les chlamydiases à répétition sont plus susceptibles d'être associées à des lésions des trompes de Fallope que ne l'est une infection primaire.16, 17
- La maladie inflammatoire pelvienne (MIP), généralement consécutive à une infection des voies génitales inférieures due à la chlamydiase ou à la gonorrhée, est plus courante chez les adolescentes sexuellement actives que chez les femmes des autres tranches d'âge. La MIP peut entraîner une stérilité tubaire ou une grossesse extra-utérine.6
- Le virus du papillome humain (VPH), répandu chez les adolescents, provoque des verrues génitales. En outre, les adolescents courent un risque accru de contracter un cancer associé au VPH.14
- Le virus de l'hépatite B entraîne souvent le cancer et la cirrhose, outre l'hépatite.6
- Les MST accroissent la probabilité d'une évolution négative de la grossesse tant pour la mère adolescente que pour son enfant. La syphilis, l'hépatite B et le VIH peuvent être transmis aux nouveau-nés.6 La vaginose bactérienne et l'infection à trichomonas sont liées aux accouchements prématurés et au faible poids des nouveau-nés.6 Ces problèmes sont aggravés par le fait que les adolescentes sont moins enclines que les femmes plus âgées à solliciter des soins prénatals ou à se faire traiter pour ces infections.5, 6
- La présence d'autres MST crée un terrain favorable pour l'infection à VIH. Ainsi, les adolescents courent un risque accru d'infection à VIH du fait même de leur taux élevé de MST.7, 10 Si le sida avéré se déclare généralement après l'adolescence, le fait est que les conséquences de cette maladie sont accablantes.
- Les MST laissent des séquelles psychologiques graves chez beaucoup d'adolescents. Parce qu'ils se sentent coupables et honteux, les jeunes tardent souvent à se faire soigner.9
- Certains hommes divorcent ou abandonnent leur partenaire quand une MST a rendu leur compagne stérile. Dans bien des sociétés, les femmes qui n'ont pas d'autres sources de revenu se tournent vers l'industrie du sexe pour survivre.7
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Reproduit avec la permission du projet « FOCUS on Young Adults », de Pathfinder International, 2002.
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