Le SIDA a été identifié pour la première fois aux Etats-Unis, en 1981, en tant que maladie affectant les hommes ayant des rapport sexuels avec des hommes (HSH). Aux Etats-Unis, et dans bien d'autres pays industriels, le SIDA continue d'affecter les HSH plus que tout autre segment de la population.
Mais on estime que, dans un grand nombre de pays en développement, le SIDA affecte principalement les hommes et les femmes hétérosexuels actifs et que la transmission d'homme à homme est minime.
La véracité de cette opinion n'a pas été confirmée. Malgré les tabous sociaux, juridiques et religieux, il est certain qu'il existe dans toutes les sociétés des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes.
L'ampleur de cette activité est inconnue étant donné que rares sont les HSH qui sont disposés à reconnaître qu'ils le sont si cette admission se traduit par un ostracisme social ou des sanctions juridiques. Même lorsqu'ils sont assurés de la confidentialité, les hommes qui ont contracté le VIH prétendent souvent qu'ils l'ont contracté par des rapports hétérosexuels.
Du fait des tabous et de la stigmatisation associés à l'activité homosexuelle, un grand nombre d'HSH soit méconnaissent soit refusent d'admettre les risques auxquels ils s'exposent et exposent leurs partenaires. Ceci signifie qu'ils adoptent rarement des rapports sexuels à moindre risque et qu'ils courent le risque de contracter l'infection ou de la transmettre à leurs partenaires — quel que soit le sexe.
Etant donné que la plupart des HSH ne se reconnaissent pas en tant que tels, même en dépit de leur comportement sexuel, il est essentiel que les messages de prévention du VIH adressent les « comportements à
risque » au lieu de s'adresser aux « groupes à risque ». La prévention ciblant les hommes « homosexuels » ou « bisexuels » n'est pas efficace à leur égard étant donné qu'ils ont tendance à négliger sa signification — et continuent de s'exposer, ainsi que leurs partenaires, au risque d'infection.