Le VIH continue à se propager parmi les consommateurs de drogues injectables (CDI). Bien que les CDI ne représentent que 5 à 10 pour cent des infections cumulées de VIH sur toute la planète, ils constituent le groupe de population le plus durement frappé dans certaines régions du monde.
A titre d'exemple, la moitié au moins de toutes les infections au VIH en Chine, en Malaisie et au Vietnam sont liées à la consommation de drogues injectables. En raison de l'utilisation commune de matériel d'injection contaminé par les CDI, le VIH se propage rapidement dans certaines régions de l'Europe centrale et occidentale et de la communauté des états indépendants de l'ex-Union soviétique.
Les épidémies de VIH chez les CDI se distinguent de celles des autres populations en raison du risque de propagation accélérée chez ce groupe particulier, puis au reste de la population. D'après les expériences vécues par des villes comme Bangkok, New York et Odessa, une fois que la prévalence du VIH atteint un seuil de 10 pour cent environ, ce taux peut grimper à plus de 50 pour cent en moins de quatre ans.
Une stratégie intégrée visant à encourager le changement des comportements par la réduction du danger est essentielle aux programmes de prévention et soins du VIH ciblant les CDI. S'appuyant sur des enseignements d'échelle internationale, cette stratégie vise à maintenir un faible taux de prévalence du VIH chez les CDI en se concentrant sur le risque de l'utilisation commune de matériel d'injection contaminé — plutôt que spécifiquement sur la consommation de drogues ou le recours aux injections. Une approche intégrée aborde aussi les risques de la transmission sexuelle du VIH.
Cette approche est conforme aux principes démontrés de santé publique qui considèrent la consommation de drogues ou l'usage de stupéfiants comme un problème de santé publique — et non pas simplement comme un problème d'ordre public.
Cette approche fournit aux CDI des options pour réduire leur risque à divers niveaux et elle privilégie les stratégies de soutien par rapport aux stratégies pun itives. L'approche visant à réduire le danger reconnaît également que, si l'arrêt de la consommation de drogues est le but idéal, des étapes intermédiaires, telles que des techniques de substitution des stupéfiants ou des techniques d'injection moins risquées — sont souvent tout aussi efficaces pour juguler la propagation du VIH.