Contexte
Ces questionnaires sont des outils de sélection faciles à utiliser. Divers types de prestataires de santé peuvent s'en servir, qu'il s'agisse de pharmaciens, de médecins exerçant dans des contextes aux ressources très limitées, ou des agents travaillant hors des cliniques ou dans des postes sanitaires. Les listes seront particulièrement utiles aux agents des services à base communautaire (SBC), dont la formation médicale peut n'être que rudimentaire. C'est à leur intention que ces formulaires ont été conçus à l'origine. Les informations et les instructions suivantes s'adressent avant tout à un environnement SBC. Les listes sont dérivées du document publié en 1996 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sous le titre Pour un meilleur accès à des soins de qualité en matière de planification familiale : Critères de recevabilité médicale pour l'adoption et l'utilisation continue de méthodes contraceptives (révisé en mars 2000). Comme avec les recommandations de l'OMS, il faudra adapter les listes de contrôle pour qu'elles répondent aux besoins de chaque région.
Objectifs des listes de contrôle
Les listes de contrôle permettent aux prestataires de santé d'identifier les femmes pouvant utiliser sans risque les contraceptifs oraux combinés (COC) ou le DMPA. Ces listes sont des questionnaires, auxquels il faut simplement répondre par oui ou par non. Les formulaires comportent aussi quelques instructions qui varient selon les réponses données par la cliente. Ces listes ne sont pas prévues pour diagnostiquer ou pour détecter un état de santé pouvant contre-indiquer l'emploi du contraceptif. Leurs questions n'ont pour but que de vérifier si la femme a une maladie ou une condition déjà connues. Il faut que les clientes présentant une des affections citées dans le questionnaire (ou des antécédents de certaines d'entre elles) consultent un prestataire de santé d'un niveau supérieur avant de pouvoir recevoir le contraceptif souhaité.
Les paragraphes suivants sont destinés à aider les RESPONSABLES DE PROGRAMME, les DECIDEURS, les GESTIONNAIRES et les FORMATEURS.
1. La liste de contrôle pour le DMPA n'est prévue que pour vérifier la recevabilité médicale des femmes voulant utiliser un progestatif injectable d'une durée d'action de deux ou trois mois. Pour sa part, la liste de contrôle pour les COC n'est conçue que pour vérifier la recevabilité médicale des femmes souhaitant utiliser des pilules faiblement dosées contenant à la fois un œstrogène et un progestatif.
2. Adaptez la langue et le style des listes pour les accorder au contexte culturel et linguistique de vos clientes.
3. Quand vous adaptez les listes, veillez à ne pas changer le sens des questions. Les listes de contrôle sont accompagnées d'explications de l'énoncé de chaque question. Ces explications vous aideront à bien adapter les listes. Voici un exemple de question mal adaptée :
Question originale (COC) : Fumez-vous et avez-vous plus de 35 ans ?
Question modifiée (COC) : Fumez-vous ? Avez-vous plus de 35 ans ?
L'énoncé modifié se compose de deux questions séparées. Ce changement peut fausser complètement l'objectif de la question originale, car seules les femmes fumeuses et âgées de plus de 35 ans ont un risque accru de maladie cardio-vasculaire. La question ainsi modifiée pourrait empêcher une cliente répondant en fait au critère de recevabilité d'obtenir le contraceptif qu'elle souhaite (cf. explications fournies avec la liste de contrôle pour les COC).
4. Le but des questions est de vérifier si la cliente présente un état ou une affection nécessitant un examen médical avant de pouvoir utiliser des COC ou le DMPA. L'objectif n'est pas de demander aux prestataires de santé de diagnostiquer l'état de la cliente.
5. Les noms génériques de certains médicaments ne sont pas toujours familiers aux prestataires de santé et à leurs clientes. Pour la question suivante, il faudra donc que le programme précise dans les formulaires le nom des spécialités disponibles dans la région :
« Suivez-vous actuellement un traitement contre la tuberculose, les infections fongiques (champignons) ou les crises d'épilepsie ? » (Seuls les médicaments suivants sont connus pour leurs interactions avec les COC.)
• rifampicine (tuberculose)
• griséofulvine (antifongique)
• phénytoïne (crises épileptiques)
• carbamézapine (crises épileptiques)
• barbituriques (crises épileptiques)
6. D'après les critères de recevabilité médicale établis par l'OMS pour l'usage de méthodes contraceptives, l'emploi du DMPA est possible en cas d'antécédent d'hypertension sans possibilité de mesure de la pression artérielle (programmes SBC) ou d'hypertension légère à modérée (Catégorie 2). Mais le DMPA est en général déconseillé aux femmes qu'on sait atteintes d'une forte hypertension (systolique ≥ 180 mm Hg et diastolique ≥ 110 mm Hg) ou d'une maladie vasculaire, à moins qu'aucune autre méthode contraceptive ne soit disponible ou acceptable (Catégorie 3).
7. Il ne faut pas oublier que les listes ont pour but d'identifier les femmes à aiguiller vers un prestataire de niveau supérieur pour savoir si on peut lui fournir la méthode contraceptive. Les états médicaux évoqués dans les questions ne constituent pas nécessairement des contre-indications à l'emploi de la méthode.
Ces paragraphes suivants concernent les RESPONSABLES DE PROGRAMME et les FORMATEURS DES PRESTATAIRES DE SANTE :
1. Les listes ne sont pas censées se substituer au counseling. Les prestataires doivent toujours s'assurer que leurs clientes font un choix libre et éclairé avant d'utiliser COC ou DMPA.
2. Quand on juge qu'une cliente peut recevoir la méthode contraceptive qu'elle a choisie, il faut lui expliquer comment l'utiliser de manière correcte et systématique, comment réagir en cas d'effets secondaires et comment reconnaître les signes de complications plus graves.
3. Comme mentionné plus haut, les listes de contrôle servent à identifier les clientes pouvant commencer à utiliser les COC ou le DMPA avec l'assistance d'un prestataire de santé. Mais on peut aussi les employer ou les adapter pour savoir si les femmes peuvent continuer à utiliser la méthode. Il sera alors sans doute inutile de répéter toutes les questions à chaque visite.
4. Il faut mettre en place une formation pour que les prestataires de santé apprennent à utiliser les questionnaires. On devra aussi vérifier périodiquement s'ils s'en servent correctement.
Il faut mettre en place un système d'orientation des clientes vers des cliniques qui leur sont accessibles ou vers des prestataires privés. Les prestataires devraient savoir où adresser les femmes et comment procéder.