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Santé de la reproduction

Synthèse 5 : Distribution à base communautaire du DMPA : projet du Nakasongola en Ouganda

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 Points clés

  • Le DMPA est une méthode très utilisée en Ouganda où il représente plus de 40 pour cent de l'ensemble des méthodes de contraception.
  • Une étude menée dans ce pays, où des agents communautaires de santé de la reproduction avaient été formés à administrer sans danger le DMPA, a révélé que leurs clientes étaient tout aussi satisfaites du choix de leur méthode et des services reçus que l'étaient les clientes qui recevaient le DMPA dans des centres.
  • Le projet du Nakasongola a révélé que les craintes que le personnel paramédical ne soit pas en mesure d'administrer sans danger le DMPA n'étaient pas fondées.

Résumé

Une étude effectuée en 2004 dans le district du Nakasongola, en Ouganda, a démontré l'innocuité, la qualité et la faisabilité de la distribution à base communautaire (DBC) de l'acétate de médroxyprogestérone-dépôt (DMPA ou Dépo-Provera) par les agents communautaires de santé de la reproduction. Du point de vue de l'innocuité, la fourniture du DMPA par le biais de programmes DBC s'est révélée égale à celle des établissements sanitaires. Les femmes qui obtenaient le DMPA d'agents communautaires de santé de la reproduction (comme ils sont appelés en Ouganda) étaient aussi satisfaites que les femmes qui le recevaient dans des centres ou des cliniques. Qui plus est, elles semblaient même préférer les services DBC aux services des établissements sanitaires, comme en a témoigné la difficulté à recruter des clientes au niveau des centres pour cette étude.

Contexte

Le Nakasongola est un district rural situé à deux heures environ au nord de Kampala, la capitale du pays. Son indice synthétique de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) s'élève à 7,0, ce qui est similaire à celui pour l'ensemble de l'Ouganda (6,9). Mais le Nakasongola connaît un taux de prévalence contraceptive de 3 à 5 pour cent seulement, un taux beaucoup plus bas que le taux affiché pour l'ensemble du pays (17 pour cent).

Depuis la fin des années 1990, presque 100 agents communautaires de santé de la reproduction fournissent gratuitement des services et des produits contraceptifs (préservatifs et pilules) aux femmes du district du Nakasongola, sous la direction de 15 membres du personnel d'encadrement sur le terrain de Save the Children.

En 2004, Family Health International (FHI) et Save the Children, avec la collaboration du ministère de la Santé ougandais, ont réalisé une étude pour évaluer l'innocuité, la qualité et la faisabilité de la distribution à base communautaire du DMPA dans le district du Nakasongola. L'étude a comparé les clientes des agents communautaires de santé de la reproduction recevant le DMPA aux clientes des prestataires travaillant dans des centres. Quatre aspects ont été évalués : 1) les taux de continuation à trois mois (c'est-à-dire l'acceptation d'une deuxième injection de DMPA), 2) la satisfaction des utilisatrices, 3) la connaissance des clientes concernant les informations importantes relatives au DMPA (mesure indirecte de la qualité du counseling reçu) et 4) l'incidence de cas de morbidité signalée au site de l'injection.

En tout, 945 clientes ont été recrutées pour cette étude (562 au niveau des services communautaires de la santé de la reproduction, 383 au niveau des centres). Quatre-vingt-deux pour cent des participantes à l'étude ont été contactées par les auxiliaires de santé locaux du ministère de la Santé pour une visite de suivi. Dans l'ensemble, les clientes des agents communautaires de santé de la reproduction étaient moins instruites, utilisaient plus généralement le DMPA pour la première fois et avaient un mari moins favorable à la planification familiale. Ces différences entre les clientes des agents communautaires et celles des centres de santé peuvent être dues au fait que les agents communautaires de santé de la reproduction avaient recruté des femmes qui avaient plus difficilement accès aux centres ou qui n'étaient pas des clientes typiques de ces établissements.

Avant le commencement de l'étude, les agents communautaires de santé de la reproduction ont participé à une formation intensive en salle de classe ainsi qu'à un stage clinique en deux temps. Le stage clinique s'est concentré sur l'examen supervisé des clientes (réalisé en présence du personnel d'encadrement) pour dépister tout signe de contre-indication et sur l'administration des contraceptifs injectables. Afin d'assurer l'innocuité des injections, les agents communautaires de santé de la reproduction n'ont utilisé que des seringues autobloquantes (non réutilisables) et ont été formés à utiliser convenablement des collecteurs d'objets tranchants.

Pendant le déroulement de l'étude, les agents communautaires de santé de la reproduction ont été supervisés par du personnel de Save the Children et ils sont aussi restés en contact avec le personnel des centres de santé proches. Les responsables sanitaires du district ont en outre assuré le contrôle de la qualité en rendant des visites périodiques aux agents communautaires de santé de la reproduction.

Résultats

Les clientes des agents communautaires qui ont reçu le DMPA étaient tout aussi satisfaites de la qualité des soins dispensés et de leur méthode que les clientes des prestataires des centres. Egalement, les clientes des agents communautaires ont continué à utiliser le DMPA aussi longtemps que leurs homologues recevant le contraceptif dans des établissements sanitaires (c'est-à-dire qu'elles ont reçu une deuxième injection). En outre, les soins qui leur ont été prodigués étaient, sous bien des aspects, comparables en ce qui concerne la satisfaction des clientes et la faculté de rétention des messages de counseling. Elément encore plus important, la faible incidence des cas de morbidité signalés au site de l'injection et l'absence de cas signalés de piqûres d'aiguille accidentelles ont démontré que l'administration du DMPA par les agents communautaires de santé de la reproduction était sans danger. Ces résultats viennent renforcer les expériences positives de la DBC du DMPA dans d'autres régions du monde et confirment que les agents de santé communautaires bien formés peuvent administrer sans danger la contraception injectable en Afrique.

Les chercheurs ont conclu que, compte tenu de la popularité du DMPA en Afrique subsaharienne, les programmes de planification familiale à base communautaire menés en Ouganda et dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne devraient envisager d'apporter des changements pratiques qui permettraient au personnel paramédical convenablement formé d'administrer la contraception injectable. En outre, les ministères de la Santé et les bailleurs de fonds devraient assurer que les agents communautaires de santé de la reproduction reçoivent des approvisionnements réguliers tant en DMPA qu'en seringues autobloquantes.

Note : l'expression conventionnelle « distribution à base communau-
taire » (DBC) est utilisée dans toutes ces synthèses à des fins d'homogénéité. Cependant, le concept de distribution de produits aux individus des communautés est en train d'être
progressivement remplacé par celui de la livraison non seulement de produits, mais aussi de services. Ainsi, l'expression « services à base communautaire » (SBC), qui couvre les activités effectuées par des véhicules comme les programmes de vulgarisation agricole, les pharmacies, les drogueries et les programmes d'alphabétisation, est de plus en plus utilisée. Pareillement, d'autres expressions — comme agents de santé communautaires, agents communautaires de santé de la reproduction ou agents de santé villageois — sont utilisées pour décrire divers types de paraprofessionnels travaillant au niveau communautaire.

Référence

Stanback J, Mbonye A, LeMelle J, et al. Final Report: Safety and Feasibility of Community-Based Distribution of Depo Provera in Nakasongola, Uganda. Research Triangle Park, NC: Family Health International, 2005.


Ce document a été produit par Family Health International,  dans le cadre du programme CRTU, grâce au soutien financier de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Son contenu ne reflète pas nécessairement la politique de l'USAID.

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