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Santé de la reproduction

Synthèse 1 : Expansion de l'accès à la contraception injectable

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 Points clés

  • Le DMPA est une méthode de planification familiale extrêmement populaire parce qu'il est sans danger, efficace, facile d'emploi, discret et pratique.
  • La distribution à base communautaire (DBC) du DMPA peut répondre aux besoins insatisfaits des femmes en planification familiale, en particulier en milieu rural.
  • Au regard des outils améliorés qui facilitent la distribution à base communautaire du DMPA, les décideurs politiques, les bailleurs de fonds et les directeurs de programmes devraient envisager d'ajouter le DMPA aux programmes DBC.

Dans bon nombre de pays de l'Afrique subsaharienne, la demande en planification familiale continue d'augmenter régulièrement,1 mais le besoin insatisfait en contraception demeure élevé, en particulier en milieu rural. Les programmes de santé qui s'emploient à satisfaire ce besoin en contraception ont constaté que l'acétate de médroxyprogestérone-dépôt (DMPA ou Dépo-Provera) est un choix contraceptif populaire chez les femmes pour de nombreuses raisons, notamment parce qu'il est sans danger, efficace, facile d'emploi, discret et pratique. Cependant, beaucoup de femmes n'ont pas accès aux centres qui offrent habituellement ce contraceptif.

L'expérience acquise en Afrique, en Asie et en Amérique latine montre qu'il est possible de répondre au désir des femmes qui veulent utiliser le DMPA en leur offrant ce contraceptif par le biais des programmes de distribution à base communautaire (DBC).2 Néanmoins, cette approche n'est pas très répandue en Afrique. Par exemple, si le Kenya et l'Ouganda se caractérisent par une population rurale importante ainsi qu'une faible prévalence des méthodes de contraception modernes et un grand besoin insatisfait en services de planification familiale, la DBC et autres programmes de vulgarisation ne fournissent que seulement 0,5 pour cent et 0,8 pour cent, respectivement, des contraceptifs injectables (Tableau 1).

Tableau 1. Besoin insatisfait en services de planification familiale

Pays

Population rurale (%) Prévalence des méthodes modernes de contraception (%) Besoin insatisfait en services de planification familiale (%) Contraceptifs injectables fournis par les agents de vulgarisation/DBC (%)

Kenya, 2003

75 29 (femmes rurales)
40 (citadines)
26,6 (femmes rurales)
17,2 (citadines)
0,5
Ouganda, 2000/2001 88 15 (femmes rurales)
42 (citadines)
36,2 (femmes rurales)
23,4 (citadines)
0,8
Source: ORC Macro. MEASURE DHS STATcompiler. Calverton, MD: ORC Macro, 2004.

Les services DBC facilitent l'accès à la planification familiale et la rendent plus pratique.

La distribution à base communautaire de la contraception peut faciliter l'accès à la planification familiale,3 en particulier dans les pays qui se caractérisent par une population rurale importante, un faible ratio prestataires de soins/population, une faible prévalence de la contraception moderne et un grand besoin insatisfait en contraception. Des programmes de planification familiale à base communautaire ont été mis en œuvre en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Les programmes DBC peuvent accroître l'utilisation des contraceptifs en facilitant leur accès et en faisant participer les membres de la communauté en qui elle a confiance. La DBC de la contraception peut revêtir la forme de visites à domicile, de postes de santé itinérants pour servir les communautés, d'un mini-dispensaire au domicile de l'agent DBC au sein de la communauté, ou de réunions individuelles ou de groupe à des fins d'éducation. Nombreuses sont les femmes qui veulent recevoir des méthodes de planification familiale de manière confidentielle et privée, par exemple au domicile de l'agent DBC ou chez elles. En général, des membres de la communauté sont formés à fournir des services de planification familiale et autres dans le cadre de programmes qui peuvent être adaptés aux besoins sociaux, culturels et religieux des communautés.

Les programmes DBC peuvent aider à satisfaire la demande pour le contraceptif injectable DMPA.

Plusieurs initiatives, comme le projet Nakasongola en Ouganda, le projet APROFAM au Guatemala et le projet du Matlab au Bangladesh, ont offert des services de contraception DMPA par le biais de programmes DBC. (Voir les synthèses no 5, no 6 et no 7, respectivement, où ces projets sont présentés en détail.) Lorsqu'il a été offert aux femmes par les programmes DBC, le DMPA s'est révélé une méthode de contraception extrêmement populaire en raison de son innocuité, de son efficacité, de sa facilité d'utilisation, de son emploi discret et de sa commodité. Lorsqu'il a été offert pour la première fois, en 1977, par le biais du programme DBC mis en œuvre dans le sous-district du Matlab, au Bangladesh, l'emploi du DMPA a représenté 49,7 pour cent de l'utilisation de la contraception, toutes méthodes confondues, dans cette zone d'étude.4 Au Guatemala, où APROFAM a fourni le DMPA à plus de 1.000 femmes, 65 pour cent de ces utilisatrices n'avaient jamais employé de méthode de planification familiale auparavant, ce qui révèle que les programmes DBC peuvent contribuer à répondre au besoin insatisfait en contraception.5

Dans le cadre du projet du Nakasongola, les taux de continuation chez les femmes ayant reçu le DMPA d'agents DBC étaient comparables à ceux des femmes qui avaient reçu les injections dans des centres.6 Dans ces contextes et autres, les agents DBC ont montré qu'ils pouvaient effectuer des injections sans danger, référer les clientes à un centre ou une clinique si nécessaire, assurer la continuité des stocks, se débarrasser sans danger des aiguilles et des seringues, administrer régulièrement les injections de DMPA tous les trois mois et conseiller les clientes sur les effets secondaires de cette méthode (même si le counseling, tant par les agents DBC que par les prestataires dans les centres a souvent besoin d'améliorations).

Les programmes DBC peuvent être particulièrement bénéfiques dans les pays qui connaissent une pénurie de personnel clinique formé. Dans certains pays d'Afrique subsaharienne, il se dégage clairement des évolutions des effectifs actuels de médecins et d'infirmiers qu'il y a trop peu de personnel clinique formé.7 D'après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), sur les 46 pays africains, 36 se heurtent à l'heure actuelle à une grave pénurie de médecins, d'infirmiers et de sages-femmes.8

Il existe peu d'obstacles à l'introduction de la distribution à base communautaire du DMPA.

Les efforts pour introduire le DMPA dans les programmes DBC devront prendre en considération les préoccupations et les questions d'ordre local. Ces questions peuvent comprendre les réglementations nationales, les exigences du système de santé, les approvisionnements, les caractéristiques des agents DBC, la formation, l'assurance de la qualité, la confidentialité à l'égard des clientes et la pérennité des programmes.

Ces efforts devront également prendre en considération les questions de sécurité. Par exemple, plusieurs pays africains se sont opposés à la distribution à base communautaire du DMPA par crainte que le personnel paramédical ne puisse pas s'acquitter de ses tâches sans danger. Cependant, cet argument est en train de perdre de sa validité, étant donné que les seringues non réutilisables deviennent la norme et que les projets, comme le projet du Nakasongola en Ouganda, ont révélé que les programmes DBC du DMPA étaient sans danger et couronnés de succès. Une nouvelle liste de contrôle pour l'administration sans danger du DMPA, s'appuyant sur les Critères de recevabilité pour l'adoption et l'utilisation continue de méthodes contraceptives de l'Organisation mondiale de la Santé, fournit un outil pratique que les agents DBC peuvent utiliser pour évaluer efficacement si les femmes peuvent recevoir le DMPA. (Voir Liste de contrôle pour les clientes souhaitant commencer l'usage du DMPA [ou NET-EN].) L'élimination dans des conditions sans danger des seringues et des aiguilles demeure une préoccupation sérieuse et doit être planifiée et surveillée avec soin dans chaque programme, ce qui n'est pas difficile à réaliser.

Compte tenu de la popularité du DMPA, des preuves de son innocuité et de son efficacité, et compte tenu de l'amélioration des outils pour guider et faciliter sa distribution à base communautaire, les décideurs politiques, les bailleurs de fonds et les directeurs de programme devraient sérieusement envisager d'ajouter le DMPA à la gamme de méthodes offertes par les programmes DBC.

Note : l'expression conventionnelle « distribution à base communau-
taire » (DBC) est utilisée dans toutes ces synthèses à des fins d'homogénéité. Cependant, le concept de distribution de produits aux individus des communautés est en train d'être
progressivement remplacé par celui de la livraison non seulement de produits, mais aussi de services. Ainsi, l'expression « services à base communautaire » (SBC), qui couvre les activités effectuées par des véhicules comme les programmes de vulgarisation agricole, les pharmacies, les drogueries et les programmes d'alphabétisation, est de plus en plus utilisée. Pareillement, d'autres expressions — comme agents de santé communautaires, agents communautaires de santé de la reproduction, ou agents de santé villageois — sont utilisées pour décrire divers types de paraprofessionnels travaillant au niveau communautaire.

Références

  1. Westoff CF, Bankole A. Trends in demand for family limitation in developing countries. Int Fam Plann Perspect 2000;26:56-62.
  2. Stanback J, Mbonye A, LeMelle J, et al. Final Report: Safety and Feasibility of Community-Based Distribution of Depo Provera in Nakasongola, Uganda. Research Triangle Park, NC: Family Health International, 2005; Bhatia S, Mosley WH, Faruque ASG, et al. The Matlab Family Planning-Health Services Project. Stud Fam Plann 1980;11:202-12; Fernandez VH, Montufar E, Ottolenghi E, et al. Injectable contraceptive service delivery provided by volunteer community promoters. Article non publié. Population Council, 1997.
  3. Prata N, Vahidnia F, Potts M, et al. Revisiting community-based distribution programs: are they still needed? Contraception 2005;72(6):402-7.
  4. Phillips JF, Hossain MB, Huque AA, et al. A case study of contraceptive introduction: domiciliary depot-medroxyprogesterone acetate services in rural Bangladesh. In Segal SJ, Tsui AO, Rogers SM, eds. Demographic and Programmatic Consequences of Contraceptive Innovations (Reproductive Biology). New York, NY: Plenum Press, 1989.
  5. Fernandez VH, Montufar E, Ottolenghi E, et al. Injectable contraceptive service delivery provided by volunteer community promoters. Article non publié. Population Council, 1997.
  6. Stanback J, Mbonye A, LeMelle J, et al. Final Report: Safety and Feasibility of Community-Based Distribution of Depo Provera. Research Triangle Park, NC: Family Health International, 2006.
  7. Munjanja OK, Kibuka S, Dovol D. The nursing workforce in sub-Saharan Africa. The Global Nursing Review Initiative. Issue 7. Geneva, Switzerland: International Council of Nurses, 2005.
  8. World Health Organization (WHO). Working Together for Health: The World Health Report 2006. Geneva, Switzerland: WHO, 2006.

Ce document a été produit par Family Health International,  dans le cadre du programme CRTU, grâce au soutien financier de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Son contenu ne reflète pas nécessairement la politique de l'USAID.

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