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Points clés
- Une grande part des besoins en planification familiale sont insatisfaits chez les femmes et les couples infectés par le VIH.
- L'intégration des services exige la collaboration des autorités de la planification familiale et celles chargées de la lutte contre le VIH.
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De plus en plus de programmes de santé en Afrique subsaharienne intègrent des services de planification familiale et de VIH et la recherche montre qu'il y a un besoin pressant de tels services. Néanmoins, il manque encore des preuves concluantes sur l'efficacité des services intégrés, comme l'ont convenu les participants de la conférence régionale d'Addis-Abeba, en Ethiopie en octobre 2006.
Organisée par la Faculté de Santé publique Johns Hopkins Bloomberg et l'Université d'Addis-Abeba, la Conférence intitulée « Lier la santé de la reproduction et la planification familiale aux programmes de VIH/SIDA en Afrique » a réuni plus de 500 personnes impliquées dans la santé publique de 20 pays pour discuter de 50 présentations : chercheurs, défenseurs, responsables de programme et décideurs politiques.
Dans l'une des présentations sur l'impact de l'intégration des services, il a été montré à partir d'un essai randomisé au sein des communautés à Rakai en Ouganda, qu'il y a eu une différence petite mais statistiquement significative dans l'utilisation des contraceptifs hormonaux entre six communautés d'intervention ayant reçu des services de planification familiale améliorés par le biais d'un programme de surveillance du VIH et six autres communautés témoins (une prévalence contraceptive de 23 % contre 20 %, respectivement). Bien qu'aucune évolution significative n'ait été enregistrée dans l'utilisation du préservatif masculin tant dans les communautés d'intervention que dans les communautés témoins, les taux de grossesse ont été significativement moindres dans les communautés d'intervention.1
D'autres études ont également apporté des nouvelles prometteuses. Des études conduites au Kenya et en Afrique du Sud ont conclu que l'intégration ne compromet pas la qualité de services (voir Intégration de la planification familiale et du CDV au Kenya et Intégration des services de CDV dans la PF en Afrique du Sud). Les avantages potentiels de l'intégration des services en termes de coûts ont d'ailleurs été soulignés par des évaluations menées en Afrique du Sud (voir Intégration des services de CDV dans la PF en Afrique du Sud), en Ethiopie et en Ukraine. Selon les estimations d'une étude, les infections par le VIH évitées grâce à l'intégration de la prévention du VIH dans les programmes de santé maternelle conduiraient à des économies de 34 USD par dollar dépensé en Ethiopie et 10 USD par dollar dépensé en Ukraine.2
L'une des justifications de l'intégration des services — pour répondre à la grande part des besoins en planification familiale non satisfaits chez toutes les femmes, sans tenir compte de leur statut sérologique — s'est trouvée confortée par les résultats d'études chez les femmes et les couples vivant avec le VIH, y compris les personnes bénéficiant d'une thérapie antirétrovirale (ARV) :
- En Ethiopie, l'utilisation de la contraception a baissé après le diagnostic du VIH chez 460 clients sous traitement ARV, bien que 55 % des femmes et 65 des hommes aient indiqué ne plus vouloir d'enfants.
- En Afrique du Sud, plus de 60 % des grossesses étaient non planifiées chez 235 femmes recevant des soins et un traitement pour le VIH.
La plupart des études sur l'intégration, y compris celles présentées à la Conférence, n'ont pas été concluantes puisqu'elles étaient des études transversales ou bien parce qu'elles souffraient d'un problème méthodologique. Les orateurs de la Conférence ont appelé à une recherche plus rigoureuse pour évaluer l'impact de l'intégration tant sur les services de planification familiale que sur les services de VIH et pour identifier les meilleurs modèles de programmes pour les différentes populations et situations.
De nombreux orateurs ont également souligné la nécessité de politiques et de structures organisationnelles qui appuient l'intégration des services. Plusieurs présentations ont mis en exergue des changements dans les politiques et les directives qui ont pu être obtenus au Kenya par une étroite collaboration entre le Département de la santé de la reproduction du Ministère de la Santé et le Programme national de lutte contre le SIDA.3
Références
- Lutalo T, Namukwaya Z, Kimera E, et al. A community randomized trial of enhanced family planning effort in a Ugandan HIV Surveillance Program. (Essai communautaire randomisé sur la planification familiale améliorée dans un programme de surveillance du VIH en Ouganda.)
- Perchal P, Collins L, Assefa, B, et al. Cost-effectiveness of integrating HIV prevention into maternal health programmes in Ethiopia and the Ukraine. (Coût-efficacité de l'intégration de la prévention du VIH dans les programmes de santé maternelle en Ethiopie et en Ukraine.)
- Solomon M, Ayisi R. Integrating reproductive health with HIV/AIDS services in Kenya: A Ministry of Health perspective (Intégration de la santé de la reproduction avec les services de VIH/SIDA au Kenya : la perspective du Ministère de la Santé.)
Ces références sont toutes des présentations effectuées lors de la Conférence « Linking Reproductive Health, Family Planning and HIV/AIDS in Africa » (« Lier la santé de la reproduction et la planification familiale aux programmes de VIH/SIDA en Afrique ») à Addis-Abeba, Ethiopie, les 9 et 10 octobre 2006.