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Santé de la reproduction

Les rapports sexuels non consensuels nuisent à la santé sexuelle

Jeunes et moins jeunes, femmes et hommes encourent des risques.

Network en français: 2005, Vol. 23, No.4

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Souvent et par divers moyens, des enfants, des adolescents et des adultes, hommes et femmes, font l'objet de pressions qui les poussent à avoir des relations sexuelles non désirées. On le constate trop couramment : le comportement des personnes qui exercent ces pressions relève de ceux imbriqués dans les us et coutumes et sur lesquels on ferme les yeux. En même temps, l'ostracisme auquel se heurtent un grand nombre de victimes emmurent celles-ci dans un silence résigné qui les empêche de chercher de l'aide, et qui masque l'ampleur du problème.

Points clés

  • Les relations sexuelles forcées sont associées à de graves problèmes de santé de la reproduction.
  • Les victimes sont souvent jeunes et de sexe féminin, mais les personnes plus âgées et les hommes encourent aussi des risques.
  • Le problème des rapports non consensuels, souvent profondément ancré dans des normes sociétales, se pose à l'échelle mondiale.

Dès lors, les rapports non consensuels — qu'on accepte ou qu'on feint d'ignorer —continuent comme si de rien n'était. L'am-pleur de ce phénomène, ses facteurs de risque et ses conséquences sur le plan tant physique que de la santé mentale restent mal compris, en particulier dans le monde en développement (lire La recherche doit se poursuivre, mais que faire après ?). Bien que de fortes associations aient été établies entre diverses formes de coercition sexuelle et des conséquences négatives pour la santé de la reproduction, les études sont généralement conçues de manière telle qu'il est impossible d'identifier des relations directes de cause à effet. En fait, les facteurs qui accroissent les risques en matière de rapports non consensuels pourraient bien se confondre avec ceux qui multiplient les risques pour la santé.

Toutefois, les experts tirent la sonnette d'alarme : les rapports non consensuels sous-tendent peut-être certains des problèmes les plus tenaces et les plus dangereux de notre époque en matière de santé de la reproduction, à savoir les grossesses inattendues (et leurs complications) et l'acquisition non seulement du VIH, mais aussi d'autres infections sexuellement transmissibles (IST) responsables du cancer du col et de la stérilité.1 Les rapports non consensuels surviennent d'une fréquence suffisante à ce qu'ils rendent inefficaces les stratégies courantes de prévention pour protéger toutes les catégories des personnes contre les IST et le VIH, vu que ces stratégies sont axées sur l'abstinence, la fidélité et l'usage du préservatif.

On trouve plusieurs définitions des rapports non consensuels, ce qui complique les tentatives visant à mesurer la prévalence de ce phénomène ou à établir des comparaisons entre plusieurs sites. Toutes les définitions reposent cependant sur une base commune, en l'occurrence l'absence du libre arbitre dans le contexte des relations sexuelles. Le recours à la force physique ou la menace d'en faire usage peuvent empêcher les victimes d'opérer un choix en la matière. Par ailleurs, l'intensité des pressions psychologiques, affectives et financières, au même titre que la crainte des répercussions sociales, peut amener les individus à renoncer à leur droit de résister aux avances sexuelles non désirées. Si le viol compte parmi les formes des rapports sexuels sous la contrainte les plus extrêmes et les plus traumatiques dans l'immédiat (lire Le viol perpétré par un inconnu : punition et terreur), d'autres pourraient être plus lourdes de conséquences pour la santé.

Toutefois, les experts tirent la sonnette d'alarme : les rapports non consensuels sous-tendent peut-être certains des problèmes les plus tenaces et les plus dangereux de notre époque en matière de santé de la reproduction, à savoir les grossesses inattendues (et leurs complications) et l'acquisition non seulement du VIH, mais aussi d'autres infections sexuellement transmissibles (IST) responsables du cancer du col et de la stérilité.1 Les rapports non consensuels surviennent d'une fréquence suffisante à ce qu'ils rendent inefficaces les stratégies courantes de prévention pour protéger toutes les catégories des personnes contre les IST et le VIH, vu que ces stratégies sont axées sur l'abstinence, la fidélité et l'usage du préservatif.

Les types et les caractéristiques des rapports non consensuels dont il est fait état dans divers sites du monde entier recouvrent un large éventail. Pour autant, les tendances suivantes se dessinent clairement :

  • Les cadres que l'on pourrait croire le plus à l'abri de ce genre d'abus, tels le domicile familial, l'école ou les établissements sanitaires, présentent souvent des risques considérables.
  • La plupart des victimes connaissent leurs abuseurs.
  • Les jeunes forment une part importante des victimes.
  • La plupart des victimes sont des femmes ou des petites filles.
  • Les rapports sexuels sous la contrainte s'accompagnent souvent de violences physiques ou psychologiques.
  • Certaines formes de coercition sexuelle, par exemple les sévices infligés aux enfants ou entre conjoints, revêtent un caractère constant et peuvent empirer au fil du temps.2

Les enfants et les jeunes adolescents

L'abus sexuel d'enfants et de jeunes adolescents est un phénomène généralisé dans toutes les sociétés. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), sa prévalence globale serait de 25 % parmi les filles et de 8 % parmi les garçons,3 encore que ces chiffres varient selon la population étudiée et la définition retenue. Le plus souvent, l'auteur de ces actes est le père ou un autre parent de sexe masculin, mais il peut aussi bien s'agir de camarades, d'enseignants, de personnes chargées de la garde des enfants, d'amis de la famille, de chefs religieux ou de voisins. C'est entre l'âge de 7 et 13 ans que les garçons et les filles courent le plus de risques.4

Les liens entre l'abus sexuel d'enfants et un grand nombre d'effets adverses à court et à moyen termes sur la santé mentale et physique sont foison. Par exemple, des études ont révélé que ce phénomène était associé non seulement à la grossesse des adolescentes5 et à l'infection par le VIH,6 mais aussi à la tendance ultérieure qu'ont les victimes de contraindre à leur tour leurs partenaires sexuels.7 Toute une gamme de troubles gynécologiques et de problèmes de santé de la reproduction, telles les douleurs pelviennes chroniques, la détresse prémenstruelle et l'insuffisance pondérale (ou au contraire la prise excessive de kilos) pendant la grossesse. Au nombre des autres répercussions mentales et physiques adverses figurent les troubles émotionnels, comme la dépression et l'anxiété, la sexualisation du comportement, la frénésie alimentaire chez la femme et l'abus d'alcool ou d'autres drogues.8

La question de savoir si l'abus sexuel d'enfants est la cause directe de problèmes de santé, y compris en matière de santé de la reproduction, reste posée parce que beaucoup de facteurs qui font courir des risques d'abus sexuel à un enfant sont les mêmes que ceux qui l'exposent ultérieurement à des conséquences négatives sur le plan de la santé. Ces facteurs regroupent l'instabilité familiale, la psychopathologie parentale, le délaissement des enfants et les mauvais traitements qui leur sont infligés, l'appartenance à une classe sociale défavorisée, le chômage, l'abus d'alcool et d'autres drogues par les parents, et la pauvreté.9 Dès lors, l'interdépendance de l'abus sexuel d'enfants et de la multiplicité des expériences adverses pendant l'enfance doit être gardée à l'esprit dans le cadre des plans d'études, de traitements et de programmes visant à prévenir la violence sexuelle à l'égard des enfants.10

L'abus sexuel de jeunes adolescents peut se traduire de manière directe et immédiate par une grossesse imprévue ou l'acquisition du VIH/SIDA. A long terme, ce type d'abus semble associé à la réplication de ces deux résultats adverses, et ce sous forme de deux mécanismes. Premièrement, le fait d'avoir subi comme jeune personne des mauvais traitements a été lié à la prise de risques sexuels pendant l'adolescence. Deuxième-ment, il a été associé à la victimisation sexuelle ultérieure des femmes.11

Dans un cas comme dans l'autre, le préjudice affectif qui résulte de l'abus sexuel d'enfants semble saper le développement psychologique normal qui pourrait permettre aux victimes de mieux protéger leur santé sexuelle. Dans de nombreuses études, les victimes ont fait état d'un sentiment de culpabilité, d'anxiété et de dépression ; elles se disent entièrement dévalorisées et impuissantes ; incapables de différencier les comportements sexuels des comportements affectueux ; peu adeptes à garder leurs distances ; et incapables de refuser les avances sexuelles non désirées.12

La prise de risques sexuels associée aux abus sexuels infligés pendant l'enfance se manifeste de plusieurs manières. Les victimes sont plus susceptibles d'avoir des rapports sexuels de leur plein gré à un jeune âge ; d'avoir de multiples partenaires ; de faire une consommation excessive d'alcool et d'autres drogues ; de se prostituer pour de l'argent ou de la drogue ; et de ne pas utiliser de contraceptifs, préservatifs y compris.13 Tous ces comportements pourraient bien accroître le risque de grossesse imprévue et les IST, VIH inclus. Le lien entre l'abus sexuel d'enfants et la probabilité réduite de passer plus tard le test de Papanicolaou14 pourrait indiquer une autre forme de prise de risques dans la mesure où ce frottis facilite le diagnostic et le traitement précoces du cancer du col et de ses précurseurs. Le cancer du col est une importante cause de décès des femmes dans le monde entier.

Le milieu scolaire

Comme la maison, l'école devrait être un lieu sûr pour les jeunes. Pourtant, beaucoup de filles et, à un degré moindre, de garçons, y sont victimes de harcèlements sexuels et de rapports forcés.15 Il y a des enseignants qui donnent de bonnes notes aux filles, ou au moins la moyenne, si elles ont des rapports sexuels avec eux.16 Il n'est pas rare de voir des élèves de leur âge ou plus âgés s'en prendre aux filles sur le chemin de l'école, ou dans les dortoirs si elles sont pensionnaires. Et les « vieux protecteurs » ciblent les jeunes filles dans le voisinage des établissements scolaires, leur offrant des cadeaux et de l'argent pour les inciter à avoir des relations sexuelles avec eux. Un bon nombre de filles estiment que leur survie dépend de ce genre d'arrangements. Par exemple, le quart des collégiennes interviewées dans le cadre d'une étude faite en Zambie sur les abus sexuels en milieu scolaire ont déclaré souffrir régulièrement de la faim.17

La recherche effectuée dans des collèges [établissements secondaires de premier cycle] du Zimbabwe, du Malawi et du Ghana a démontré que l'abus sexuel de filles par des enseignants, des élèves plus âgés et des vieux protecteurs était un phénomène largement accepté. Les autorités ne vont pas nécessairement réprimer ces comportements. En général, les enseignants ne sont pas enclins à signaler les écarts sexuels de leurs collègues. De même, les filles et leurs parents ne désapprouvent pas nécessairement les rapports sexuels avec des enseignants ou des hommes d'un certain âge.18 Le même climat de harcèlement sexuel et de viol dû au comportement d'enseignants ou de camarades de classe a été mentionné dans des universités de pays aussi divers que l'Afrique du sud, la Chine, l'Ethiopie, le Malawi, le Sri-Lanka, la Tanzanie et le Zimbabwe.19

Les garçons et les jeunes gens

La recherche sur l'abus sexuel de garçons est peu abondante et les échantillons étudiés sont de petite taille. On peut dire cependant qu'entre 4 % et 20 % des adolescents de sexe masculin qui ont fait l'objet d'études dans des pays en développement disent avoir été victimes d'agression sexuelle. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes sont des camarades ; parfois, ce sont des hommes d'un certain âge. Il en va des garçons comme des filles qui ont été victimes d'abus sexuels pendant l'enfance : ceux-ci sont plus susceptibles que les autres garçons d'être affectés sur le plan psychologique et de souffrir notamment d'anxiété et de dépression.20 En grande partie par crainte d'être frappées d'ostracisme, rares sont les victimes de sexe masculin qui recherchent de l'aide, et la plupart souffrent en silence. Dans certains cas, leur détresse peut les amener à multiplier les risques sexuels qu'ils prennent (lire Honteux et effrayé : un jeune garçon raconte).

Le lien a été observé : les garçons qui ont été victimes d'abus sexuels font plus tard des enfants aux filles. Des enquêtes effectuées parmi quelque 54.000 lycéens et lycéennes du Minnesota (Etats-Unis), sexuellement actifs, ont démontré que l'imprégnation des filles et les comportements à risque associés (usage minime ou nul du préservatif, consommation courante d'alcool ou d'autres drogues avec un rapport sexuel) étaient au moins deux fois plus courants parmi les garçons qui avaient été victimes d'abus sexuel que parmi les autres garçons.21 Une enquête réalisée notamment auprès d'environ 1.600 adolescents et adoles-centes du Massachusetts (Etats-Unis) ayant une certaine expérience sexuelle a révélé que les garçons et les filles qui avaient subi une exploitation sexuelle disaient suivre plus de comportements risqués que les autres jeunes ; toutefois, l'impact de l'abus sexuel sur la prise de risques semblait plus prononcé chez les garçons que chez les filles. En particulier, les chercheurs ont signalé que les garçons faisaient état d'un climat familial encore plus dysfonctionnel que ne le faisaient les filles, et que l'absence du soutien familial, conjuguée à l'abus sexuel lui-même, pouvait prédisposer les garçons à la prise de risques accrus.22

Selon des études effectuées dans des pays aussi divers que le Brésil, la Colombie, l'Inde, le Kenya, les Philippines et la Thaïlande, les relations sexuelles forcées parmi les jeunes gens — en particulier les enfants de la rue — sont associées à un phénomène connexe : celui des victimes qui finissent par contraindre d'autres personnes à avoir des rapports avec elles ou qui se livrent au marchandage sexuel (le fait de monnayer son corps pour de l'argent, des cadeaux ou des faveurs) avec des hommes ou des femmes plus âgés.23

Les adolescents les plus âgés ainsi que les hommes courent le risque de subir des rapports sous la contrainte dans divers endroits ou circonstances : au foyer, à l'école, sur le lieu de travail, dans la rue, dans l'armée, en temps de guerre, en prison ou pendant la garde à vue. En général, ce sont d'autres hommes qui les contraignent. Mais parfois, les auteurs de tels actes sont des femmes. Environ le quart des quelque 1.500 étudiants de sexe masculin ou d'hommes en âge de suivre des études universitaires qui participaient à des études effectuées aux Etats-Unis et en Allemagne ont fait état de cas de coercition sexuelle, allant jusqu'aux rapports sexuels, à l'instigation des femmes. La plupart du temps, les femmes auraient recours à des pressions psychologiques ou elles profiteraient de l'intoxication des hommes pour arriver à leurs fins, mais l'usage de la force ne leur serait pas étranger non plus : elles frapperaient leurs victimes, s'asseyeraient sur elles, les attacheraient ou les enfermeraient. Les femmes peuvent réussir à avoir des rapports sexuels contre le gré des hommes parce que la colère, la peur et la douleur suscitées par le climat d'intimidation, aussi importunes soient-elles, peuvent déclencher l'excitation sexuelle et même un orgasme.24

Les hommes ne qualifient pas toujours de déplaisants ces actes commis sous la contrainte, mais les chercheurs estiment qu'au moins un homme sur cinq a une réaction fortement négative.25 La plupart des études sur les relations sexuelles imposées par des femmes ont été réalisées dans la population estudiantine de pays développés, mais des cas de femmes qui, l'arme au poing, ont violé des hommes pour leur transmettre le VIH ont été signalés on Afrique du sud.26

Les adolescentes célibataires les plus âgées et les femmes

Comme les jeunes adolescentes en milieu scolaire, les filles un peu plus âgées peuvent s'offrir à des hommes nettement plus vieux qu'elles pour recevoir des cadeaux ou de l'argent en contrepartie.27 De même, ont été signalés des cas de femmes d'un certain âge qui font pression sur des adolescents de sexe masculin pour qu'ils se livrent à ce genre de monnayage.28 Certains choisissent librement cette option. Mais c'est souvent un besoin économique pressant qui motive le marchandage du sexe,29 lequel revêt donc essentiellement un caractère non consensuel.

Indépendamment de leur âge, les femmes qui monnaient leur corps courent un risque accru de contamination par le VIH. Dans une étude effectuée à Soweto (Afrique du sud) parmi près de 4.000 femmes enceintes âgées de 15 à 44 ans, le marchandage du sexe était associé à la séropositivité relativement au VIH. Les femmes qui ont ce type de relations sexuelles pourraient courir un risque accru de VIH, suggèrent les chercheurs, parce qu'elles sont moins susceptibles d'utiliser des préservatifs et parce que leurs partenaires masculins sont plus susceptibles que les autres hommes d'être séropositifs, peut-être en raison de la multiplicité de leurs partenaires sexuels, cas de figure fréquent.30

Les maris ou les partenaires attitrés

Les femmes craignent souvent d'être violées par un inconnu. Or c'est souvent aux mains des hommes qu'elles connaissent le mieux, en l'occurrence leur mari ou leur compagnon de longue date, qu'elles risquent davantage de faire l'objet d'une coercition sexuelle. Les agressions sexuelles perpétrées par un époux sont deux à huit fois plus nombreuses que celles qui sont commises par des inconnus.31 Selon diverses études réalisées à travers le monde, jusqu'au quart des femmes auraient dit avoir fait l'objet de contraintes de la part d'un époux, d'un ancien conjoint ou d'un concubin.32 Dans certains sites, ce taux pourrait être beaucoup plus élevé (lire La violence sexuelle conjugale est « une expérience terrifiante »).

Les pays ne considèrent pas tous que le viol d'une conjointe est un crime, et tous ne le pénalisent pas. En fait, dans bien des endroits, les normes sexospécifiques sont telles que le mariage confère à l'homme un droit inconditionnel sur son épouse. En outre, si le viol par un inconnu est un événement ponctuel, celui qui est perpétré par un conjoint risque de se reproduire : à ce titre, il représente un danger continu pour la santé de la reproduction de la femme.

Les auteurs d'une étude effectuée en Uttar Pradesh (Inde) ont constaté que les grossesses non planifiées étaient 2,6 fois plus courantes parmi les femmes vivant avec un conjoint maltraitant, en particulier ceux qui ont recours à la violence pour imposer des relations sexuelles, que parmi les femmes non maltraitées.33 Dans une étude faite en milieu rural au Tamil Nadu (Inde) parmi 66 femmes et 44 de leurs conjoints, l'existence de rapports non consensuels était l'indicateur le plus important qui permettait de distinguer les femmes qui avaient interrompu leur grossesse de celles qui ne l'avaient pas fait.34

Dans une étude des relations sexuelles forcées qui a été effectuée parmi quelque 750 femmes sollicitant les services d'un centre de soins dans une région pauvre d'Haïti en milieu rural, les femmes dont la grossesse était non planifiée étaient 1,7 fois plus susceptibles d'avoir eu des rapports sous la contrainte que les autres femmes visées par l'étude. Fait notable, les relations sexuelles forcées (mentionnées par plus de la moitié des femmes) étaient plus courantes parmi les couples unis depuis plus de quatre ans. De l'avis des chercheurs, cette constatation donne à penser que la dépendance économique de certaines femmes dans le contexte de relations à long terme pouvait faire courir à celles-ci un risque accru de rapports sous contrainte.35

« La plupart des femmes dans cette région rurale d'Haïti vivent dans le dénuement, devant se contenter de 10 à 30 dollars US par mois, et 80 % d'entre elles déclarent dépenser la moitié de leurs revenus en nourriture », dit le docteur Joia Mukherjee, directrice médicale de l'association américaine Partners in Health, qui a présenté les résultats de cette étude à la XVe Conférence internationale sur le sida, tenue à Bangkok. « En l'absence du recul de la pauvreté, ajoute-t-elle, le fait d'insister sur la prévention des grossesses non planifiées, des IST et du VIH par le truchement de l'abstinence, de la fidélité entre partenaires ou de l'usage du préservatif ne présentera qu'un intérêt limité parce qu'un grand nombre de ces femmes n'ont pas le pouvoir de se protéger. Beaucoup sont fidèles mais, à cause de leur dépendance économique, elles sont impuissantes à déterminer quand et dans quelles circonstances elles auront un rapport sexuel. »

Les relations extra-maritales des hommes, conjuguées aux relations forcées qu'ils imposent à leur épouse, font non seulement courir à la femme un risque d'IST/VIH, mais elles peuvent aussi mettre en danger un enfant à naître. Si un homme séropositif contraint sa femme enceinte d'avoir un rapport sexuel avec lui et qu'elle devienne ainsi contaminée, elle peut transmettre le virus au fœtus. Le nouveau-né est alors le dernier maillon de la longue chaîne des victimes de rapports non consensuels.

— Kim Best

Références

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La recherche doit se poursuivre, mais que faire après ?

Des travaux supplémentaires s'imposent si l'on veut créer politiques, programmes et pratiques qui soient fondés sur preuves et conçus de manière à prévenir et à tenter de corriger le problème des rapports non consensuels. Des questions à considérer suivent ci-dessous.

  • Les lacunes de la recherche
    Manque de diversité géographique. La recherche programmatique et l'étude des interventions menées dans les pays développés ont tendance à avoir les Etats-Unis pour cadre, alors que la recherche la plus détaillée qui est menée dans le monde en développement provient d'Afrique et de l'Inde. Les résultats obtenus dans ces endroits ne s'appliquent pas nécessairement à d'autres pays ni à d'autres contextes culturels.1

Sous-déclaration. Les cas déclarés de rapports non consensuels, en particulier l'abus sexuel d'enfants et le viol d'hommes, sont probablement nettement inférieurs à la réalité.2

Sous-représentation de certains groupes. Les cas de rapports non consensuels ont été étudiés plus chez les filles que chez les garçons, et plus parmi les femmes célibataires que parmi les femmes mariées.

Compréhension insuffisante du contexte. Il convient de se pencher davantage sur l'enchaînement typique des événements qui aboutissent aux rapports non consensuels, sur les normes culturelles qui influencent ce phénomène, sur ses motivations et sur la façon dont il est perçu et justifié.3

Ressources sur le Web

L'Initiative de recherche sur les violences sexuelles, appuyée par le Forum mondial pour la recherche en santé (GFHR) et l'OMS, vise à promouvoir et à disséminer les travaux de recherche sur ce thème ainsi qu'à renforcer les capacités en recherche de façon à réduire la violence sexuelle. Ce lien en anglais donne accès à plusieurs pages en français ayant trait aux questions de genre et à la violence à l'égard des femmes.

  • Méthodologie défectueuse ou non systématique rend les comparaisons difficiles. Les définitions, les instruments de mesure, les plans des études et les populations ciblées varient considérablement.4 En outre, les études ont tendance à se concentrer sur les personnes qui ont accès aux services de santé ou qui sont faciles à recruter pour d'autres raisons, par exemple si elles sont étudiantes ; dès lors, les résultats ne sont pas nécessairement généralisables.5

  • Lien incertain entre rapports non consensuels et conséquences adverses pour la santé. Les études dans ce domaine revêtent un caractère observationnel :  elles se bornent à établir des associations entre coercition sexuelle et résultats négatifs pour la santé. Elles ne peuvent pas servir à déterminer des relations de cause à effet.

  • Pénurie de l'évaluation des interventions et de leur efficacité. Les données et les opinions d'experts suggèrent des démarches prometteuses comportant un tronc commun de caractéristiques essentielles. Mais les efforts visant à prévenir les rapports non consensuels n'ont que rarement fait l'objet d'une évaluation rigoureuse.

— Kim Best

Références

  1. Bennett LR, Manderson L, Astbury J. Mapping a Global Pandemic: Review of Current Literature on Rape, Sexual Assault and Sexual Harrassment of Women Consultation on Sexual Violence Against Women. Geneva, Switzerland: Global Forum for Health Research, 2000.
  2. Krug EG, Dahlberg LL, Mercy JA, et al., eds. World Report on Violence and Health. Geneva, Switzerland: World Health Organization, 2002.
  3. Jejeebhoy S, Bott S. Non-consensual Sexual Experiences of Young People: A Review of Evidence from Developing Countries. New Delhi, India: Population Council, 2003.
  4. Population Council. The Adverse Health and Social Outcomes of Sexual Coercion: Experiences of Young Women in Developing Countries [Article scientifique non publié]. New Delhi, India: Population Council, 2004.
  5. Bennett.


Le viol perpétré par un inconnu : punition et terreur

Bien que moins courant et moins susceptible de se reproduire que les rapports sexuels sous contrainte infligés par des personnes de connaissance, le viol perpétré par un inconnu est souvent à l'origine de grossesses inattendues et d'infections sexuellement transmissibles, dont le VIH. Lorsqu'ils sont violents, les rapports sexuels forcés entraînent souvent des éraflures et des coupures, ce qui fait courir à la femme un risque particulièrement élevé d'acquérir le VIH si le violeur est contaminé et qu'un préservatif n'a pas été utilisé. Le taux de grossesse consécutivement à un viol varie d'un site à l'autre, en fonction de la prévalence contraceptive et d'autres facteurs. Estimé à 5 % par viol aux Etats-Unis parmi les victimes âgées de 12 à 45 ans,1 il oscille aux alentours de 15 à 17 % dans certaines parties du monde en développement, par exemple en Ethiopie et au Mexique.2

Le risque de grossesse et d'infection augmente quand le viol est le fait de plusieurs hommes. Le viol collectif a été signalé dans des endroits aussi divers que l'Afrique du sud, le Cambodge et le Pérou. Les auteurs de tels actes disent que l'expérience resserrent les liens d'amitié entre eux et qu'elle leur permet de punir leurs petites amies s'ils croient qu'elles les trompent. D'autres victimes typiques sont les filles sous l'emprise de l'alcool ou de drogues, les filles considérées « faciles », les travailleuses du sexe, les filles que l'on croit vierges et les femmes dont on croit qu'elles contestent la dominance de l'homme et qu'elles défient, partant, les normes socioculturelles.3

Les femmes sont souvent victimes de violences familiales et sexuelles dans la foulée d'une catastrophe naturelle. Par exemple, des viols et des atteintes à la pudeur ont été signalés au Sri-Lanka après le tsunami de décembre 2004.4 La punition, l'humiliation et le viol visant à terroriser les femmes font partie de l'arsenal des armes de guerre depuis la nuit des temps. Des violences sexuelles à leur encontre ont été notées à grande échelle dans le contexte de nombreux conflits, notamment en Algérie, au Bangladesh, en Bosnie-Herzégovine, en Chine, en Corée, en Inde, en Indonésie, au Libéria, en Ouganda, aux Philippines, au Rwanda, au Timor oriental, dans l'ex-Yougoslavie et, plus récemment, dans le nord de l'Ouganda, en République démocratique du Congo et au Soudan. Par ailleurs, les réfugiées qui fuient les zones de conflits risquent aussi d'être violées là où elles se réinstallent.5

Dans les situations de conflits, les femmes qui ont été violées sont souvent traumatisées et frappées d'ostracisme : dans beaucoup de cultures, elles risquent de se retrouver abandonnées ou divorcées et d'être déclarées inaptes au mariage. En outre, il arrive souvent à la suite d'un viol qu'elles tombent enceintes, qu'elles contractent des infections sexuellement transmissibles et qu'elles souffrent de lésions gynécologiques suffisamment graves pour nécessiter le recours à la chirurgie reconstructive (lire « J'étais vivante, mais je ne vivais pas... »). Le traumatisme au moment du viol pourrait être encore plus prononcé, et l'accouchement consécutif au viol plus difficile, si la femme avait fait l'objet d'une circoncision pratiquée de la manière la plus extrême, comme c'est le cas de 90 % de toutes les femmes au Darfour, région du Soudan en zone de conflit.6 L'action menée par FHI pour former les prestataires des services de santé au Kosovo à aborder le problème des violences sexuelles et familiales a malheureusement démontré que les prestataires étaient nombreuses à ne pas savoir confronter la question du viol avec leurs clientes. Ces dernières risquent alors de ressentir une plus grande détresse et davantage de honte, note Jane Schueller, conseillère technique de FHI, co-auteur d'un cours de formation sur la prévention de la violence sexuelle et familiale, et animatrice des activités de formation au Kosovo sur ce thème.

La cruauté de certaines attaques, comme celles que signale l'association Médecins sans Frontières,7 qui travaille dans la partie orientale de la République démocratique du Congo depuis 1992, fait ressortir les terribles conséquences de cette forme la plus extrême de rapports non consensuels. Une forte augmentation du taux d'infections par le VIH a été associée au viol de plus de 40.000 femmes et fillettes dans cette région.8 (De même, il a été estimé que les deux tiers des femmes violées pendant le génocide commis au Rwanda en 1994 ont été contaminées par le VIH.9)

Même si elles échappent à l'infection par le VIH, les victimes d'un viol subissent souvent des maux irréparables :  « J'avais accouché de mon premier enfant une semaine plus tôt, en juillet 2000, confie une jeune Congolaise. Je suis sortie pour présenter le bébé à ma famille et accomplir avec elle les rituels de purification. » En chemin, elle se trouve nez-à-nez avec des membres de la milice congolaise Mai-Mai. « Ils m'ont attachée, et six hommes m'ont violée. Les plaies de l'accouchement n'étaient pas encore guéries ; avec le viol, ma chair s'est déchirée et ouverte des deux côtés ; aujourd'hui encore, je ne peux contrôler ni la miction ni l'expulsion des matières fécales. Tout sort par-devant. »

Par la suite, le bébé de cette jeune femme est mort. « Je n'ai plus d'enthousiasme ni d'estime en moi parce que je suis incapable de contrôler mes excréments. Je ne sais même pas où est mon mari. Je ne l'ai pas revu depuis ce qui m'est arrivé ; mais à quoi bon le revoir, de toutes façons ? Je ne peux plus avoir de relations sexuelles avec lui.  »10

— Kim Best

Références

  1. Holmes MM, Resnick HS, Kilpatrick DG, et al. Rape-related pregnancy: estimates and descriptive characteristics from a national sample of women. Am J Obstet Gynecol 1996;175(2):320-25.
  2. Mulugeta E, Kassaye M, Berhane Y. Prevalence and outcomes of sexual violence among high school students. Ethiop Med J 1998;36(3):167-74; An Evaluation of a Project to Provide Education, Training and Care for Women and Minors Affected by Sexual Violence, January-December 1990. Mexico City, Mexico: Asociación Mexicana Contra la Violencia a las Mujeres, 1990. 
  3. From Non-consensual Sexual Experiences of Young People in Developing Countries: A Consultative Meeting, New Delhi, India, September 22-25, 2003: Jewkes R. Non-consensual sex among South African youth: prevalence of coerced sex and discourses of control and desire; Cáceres C. The complexity of young people's experiences of sexual coercion: lessons learned from studies in Peru; and Wilkinson JW, Bearup LS, Soprach T. Youth gang-rape in Phnom Penh.
  4. Jones R. Gender and natural disasters: why we should be focusing on a gender perspective of the tsunami disaster. Interagency Gender Working Group, January 7, 2005. Accessible uniquement par le biais de la liste de diffusion; Activists warn of tsunami survivor rapes. Iafrica.com (Cape Town, South Africa). January 4, 2005.
  5. Krug EG, Dahlberg LL, Mercy JA, et al., eds. World Report on Violence and Health. Geneva, Switzerland: World Health Organization, 2002.
  6. Martin S, Mutchler M. Sudan: For Raped Women in Darfur, Access to Reproductive Health Services Limited. Washington, DC: Refugees International, 2004.
  7. Doctors Without Borders/Médecins Sans Frontières. Ten Years of Conflict, Violence and Human Suffering (PDF, 3 Mo), DRC Special Report, December 20, 2002.
  8. Rape victims 'dying' in DR Congo. BBC News. October 26, 2004.
  9. Lederer E. Security council told that sexual violence against women is taking place 'on a massive scale' during and after conflicts. Associated Press. October 28, 2004.
  10. Doctors Without Borders.

Quand tradition rime avec prison

Les normes culturelles et sexospécifiques peuvent embrigader les filles et les femmes dans des relations à l'intérieur desquelles les rapports sexuels non consensuels sont incontournables. Le mariage des enfants, par exemple, est une coutume en vertu de laquelle les filles ont souvent leur premier rapport sexuel avec leur mari, sous la contrainte et dans des circonstances traumatiques, et les relations sexuelles forcées avec lui se répètent.1 Un grand nombre de gouvernements et plusieurs accords internationaux ont fixé à 18 ans l'âge minimum légal pour se marier. Mais au cours des dix prochaines années, plus de cent millions de filles de pays en développement (hormis la Chine) devraient être mariées avant l'âge de 18 ans.2

Dans de nombreuses régions du monde, les normes sexospécifiques à caractère sociétal appuient l'idée que le mariage donne aux hommes le droit d'avoir des relations sexuelles avec leur épouse. Même les femmes mariées et adultes peuvent se trouver dans l'incapacité d'échapper aux rapports forcés avec leur conjoint. Cette inégalité se creuse dans le cas du mariage d'enfants, où la femme est beaucoup plus jeune que le mari. La recherche menée dans 16 pays d'Afrique subsaharienne montre que les épouses âgées de 15 à 19 ans ont en général 10 ans de moins que leur mari.3

L'état de détresse relative des fillettes et des adolescentes quand il s'agit de négocier les questions de sexualité et de résister à la coercition sexuelle dans le cadre du mariage fait courir à celles-ci un risque accru d'infection par le VIH. Les relations sexuelles forcées avec un conjoint plus âgé et séropositif expliquent peut-être en partie pourquoi les adolescentes, plus que tout autre groupe, présentent des taux de contamination parmi les plus élevés.4 Des données recueillies au Kenya et en Zambie, par exemple, montrent que les jeunes filles sont plus susceptibles d'être séropositives pour le VIH quand elles sont mariées que quand elles sont célibataires. De fait, les premières ont des rapports plus fréquents, elles utilisent un préservatif moins souvent, elles sont souvent dans l'incapacité de se soustraire aux relations sexuelles et leur partenaire est plus susceptible d'être séropositif.5

Les rapports sous contrainte avec un conjoint, conjugués à la naïveté des jeunes filles et à leur manque de connaissances sur la contraception, peuvent aboutir à des grossesses inattendues. Les filles qui sont mariées jeunes et qui deviennent enceintes ont peut-être le sentiment de répondre aux attentes culturelles et familiales en prouvant leur fécondité. Mais la jeune fille dont le bassin n'est pas pleinement développé court le risque d'un travail prolongé ou d'un arrêt de progression du travail pendant l'accouchement, ce qui pourrait tuer la mère et l'enfant ou tout au moins leur faire beaucoup de mal.7

La coutume généralisée du mariage d'enfants, déjà ancienne, puise ses racines profondément dans l'histoire. Elle passe pour être un moyen de maximiser la fertilité, de conclure des alliances familiales ou d'assurer la pérennité d'un lignage, et de protéger les filles contre la grossesse en dehors des liens du mariage. Et les dots (l'argent, les biens ou le patrimoine apportés par la femme le jour du mariage) reviennent souvent moins cher à la famille quand la mariée est jeune.

De même, le mariage d'enfants est facilité par la tradition du lobola. Cette pratique est l'inverse de la dot : la famille du marié fait don de biens, fonciers ou autres, à la famille de la future épouse pour la dédommager de la perte du travail que la jeune femme accomplissait et pour obliger cette dernière à produire des enfants. Très productives et au potentiel reproductif élevé, les jeunes filles présentent beaucoup d'intérêt dans ces accords matrimoniaux. Une fois mariées, les jeunes femmes n'ont guère leur mot à dire en matière de sexualité. Selon les trois quarts du millier de femmes environ qui ont répondu à une enquête menée en Afrique du sud, l'idée qui prédomine dans leur culture, c'est que l'homme qui a payé le lobola est propriétaire de sa femme et qu'il a le droit d'avoir des relations sexuelles avec elle quand cela lui plaît.

Voici deux autres exemples de traditions culturelles qui sous-tendent la coercition sexuelle :

  • Don de la femme reçue en héritage. Cette pratique peut revêtir diverses formes. Ce qui se passe couramment, c'est qu'un homme hérite de la veuve de son frère. Au Zimbabwe, une veuve est offerte au frère du mari décédé au cours d'une pratique traditionnelle dite « kugara nhaka » : le risque d'alimenter la transmission du VIH est réel si le mari décédé était séropositif, qu'il avait contaminé son épouse et que celle-ci transmette le virus à son beau-frère.9 Au Kenya, cette coutume persiste parmi les Luo, encore qu'on ait entendu parler de veuves qui avaient résisté à cette coutume ou qui essayaient de protéger leur santé sexuelle en insistant sur l'utilisation du préservatif ou l'abstinence permanente.10

  • Test de virginité. Cette pratique, en vertu de laquelle la mère d'une fillette, sa tante, une voisine ou même son éventuel futur mari, introduit un doigt dans le vagin de l'enfant pour vérifier si elle est encore vierge ou non, peut se dérouler dans le cadre de cérémonies sanctionnées par des chefs ruraux aussi bien que dans des églises ou au foyer (lire Le test de virginité soulève de nombreuses questions). Même si elle est pratiquée au nom de la coutume, « nous disons que l'insertion d'un doigt ou de quoi que ce soit dans le vagin d'une enfant constitue un abus sexuel », déclare Betty Makoni, directrice du réseau Girl Child Network (GCN) au Zimbabwe.11

— Kim Best

Références

  1. Sharma V, Sujay R, Sharma A. Can married women say no to sex? Repercussions of the denial of the sexual act. J Fam Welfare 1998;44(1):1-8.
  2. Bruce J, Clark S. The implications of early marriage for HIV/AIDS policy. Brief based on background paper prepared for the WHO/UNFPA/Population Council Technical Consultation on Married Adolescents. New York, NY: Population Council, 2004.
  3. United Nations Children's Fund (UNICEF). Early Marriage: Child Spouses. Florence, Italy: UNICEF, 2001.
  4. Bruce.
  5. Clark S. Early marriage and HIV risks in sub-Saharan Africa. Stud Fam Plann 2004;35(3):149-60; Luke N, Kurz K. Cross-generational and transactional sexual relations in sub-Saharan Africa: prevalence of behavior and implications for negotiating safer sexual practices. Washington, DC: International Center for Research on Women and AIDSMARK, 2002.
  6. Mathur S, Greene M, Malhotra A. Too Young to Wed: The Lives, Rights, and Health of Young Married Girls. Washington, DC: International Center for Research on Women, 2003.
  7. Henrion R. Female genital mutilations, forced marriages, and early pregnancies. Bull Acad Natl Med 2003;187(6):1051-66.
  8. Jewkes R, Penn-Kekana L, Levin J, et al. He Must Give Me Money He Mustn't Beat Me. Violence against Women in Three South African Provinces, Technical Report. Pretoria, South Africa: Medical Research Council, 1999.
  9. United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Zimbabwe: tackling the impact of customs on AIDS. Integrated Regional Information Networks (IRIN), August 17, 2004.
  10. Luginaah I, Elkins D, Maticka-Tyndale E, et al. Challenges of a pandemic: HIV/AIDS-related problems affecting Kenyan widows. Soc Sci Med 2005;60(6):1219-28.
  11. United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs.