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Santé de la reproduction

Optic'Jeune : abstinence, moins de partenaires, préservatif — trois messages complémentaires

Network en français : 2004, Vol. 23, No. 2

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Des efforts d'encouragement à l'abstinence sexuelle pour éviter l'infection au VIH ont contribué au recul du début de l'activité sexuelle chez les jeunes en Ouganda et en Zambie. C'est ce qui s'est dégagé des travaux réalisés pendant la première phase d'une grande étude sur six pays. Ces jeunes ont entamé leur activité sexuelle un an plus tard en moyenne et la prévalence du VIH a progressivement baissé pendant toute la décennie de 1990.1 Toujours dans ces deux pays, le démarrage plus tardif de l'activité sexuelle chez les jeunes, l'abstinence et le recours au préservatif avec des partenaires occasionnels sont tous des facteurs qui ont contribué au recul de la prévalence du VIH. Cependant, d'après les conclusions de l'étude, le recul du VIH était probablement dû principalement à la réduction du nombre de partenaires sexuels tant chez les adolescents que chez les adultes.

En Thaïlande, un troisième pays qui a enregistré une baisse de la prévalence du VIH, les facteurs qui ont probablement contribué à ce déclin étaient la réduction du commerce sexuel et autres relations sexuelles non conjugales, ainsi que le recours accru au préservatif chez les professionnels du sexe. Ce type de changement comportemental à facettes multiples ne s'est pas produit avec la même ampleur dans les autres pays étudiés (le Cameroun, le Kenya et le Zimbabwe) où la prévalence n'a pas reculé.

La stratégie « ABC » (qui vise à inciter les individus à s'abstenir de relations sexuelles, à bannir l'infidélité dans le couple ou à réduire le nombre de partenaires, et lorsque ni A ni B ne sont possibles, à utiliser un condom (préservatif) de manière correcte et systématique) continue donc d'être une recommandation générale et pertinente. Egalement, les messages ayant pour but de retarder le début de l'activité sexuelle ou de commencer à pratiquer l'abstinence, même après une période sexuellement active, doivent faire partie intégrante des programmes visant à éviter la propagation du VIH, des autres infections sexuellement transmissibles (IST) et le risque de grossesse chez les jeunes filles.

Report de l'initiation sexuelle

Partout dans le monde, la phase de la puberté intervient plus tôt alors que les jeunes se marient généralement plus tard. Ces facteurs se traduisent par un prolongement de la période où les jeunes non mariés peuvent être sexuellement actifs et avoir souvent des relations monogames successives. Selon des Enquêtes démographiques et de santé (EDS) menées auprès de jeunes de 15 à 19 ans, plus de 25 % des garçons du Brésil, du Gabon, d'Haïti, de la Hongrie, du Kenya, de la Lettonie, du Malawi, du Mozambique et du Nicaragua ont signalé qu'ils avaient eu des rapports sexuels avant l'âge de 15 ans. Quant aux filles enquêtées, en général, plus de 15 % ont signalé qu'elles avaient eu des rapports sexuels avant l'âge de 15 ans.2

Pour des raisons comportementales ainsi que physiologiques, l'initiation sexuelle précoce accroît le risque d'infection au VIH et autres IST chez les adolescents. Les jeunes qui deviennent sexuellement actifs à un âge précoce tendent davantage à avoir des partenaires multiples ou des partenaires à haut risque et ont en général moins recours au préservatif.3

De nombreux facteurs affectent la période de démarrage de l'activité sexuelle. L'Organisation mondiale de la Santé a examiné des études menées dans 53 pays et a observé des facteurs de protection et des facteurs de risque qui se retrouvaient partout dans le monde. Parmi les facteurs qui tendaient à repousser l'âge de l'initiation sexuelle, il convient de citer les relations positives avec les parents et les enseignants, le maintien de croyances spirituelles et la scolarisation. Par contre, l'adoption d'autres comportements dangereux et le développement d'amitiés avec des jeunes sexuellement actifs s'accompagnaient d'une plus grande chance de démarrage précoce de l'activité sexuelle.4

Le report de la première relation sexuelle ou l'abstinence après une période d'activité sexuelle peuvent s'avérer difficiles. Il arrive que les jeunes ne pratiquent pas l'abstinence de manière parfaite et ils risquent de ne pas utiliser le préservatif de façon correcte et systématique. Certains considèrent parfois qu'ils pratiquent l'abstinence parce qu'ils s'abstiennent de rapports vaginaux, même s'ils pratiquent d'autres formes d'intimité sexuelle. Il arrive qu'une jeune personne ait un rapport sexuel dans un moment de « faiblesse », ce qui souligne le besoin d'aider les jeunes à acquérir la capacité à s'abstenir. Il arrive aussi qu'une jeune personne soit forcée de se soumettre à des rapports sexuels. D'après une étude effectuée à KwaZulu Natal, en Afrique du Sud, province qui est sérieusement affectée par l'épidémie de VIH/SIDA, 24 % de quelque 800 jeunes filles âgées de 15 à 24 ans ont signalé qu'elles avaient été « persuadées » ou « prises au piège » lors de leur première expérience sexuelle.5

Néanmoins, le retard de l'initiation sexuelle ou l'abstinence de rapports sexuels après une période d'activité sexuelle peut être bénéfique. « Les jeunes ne sont pas toujours maîtres de leur vie sous tous ses aspects, » a déclaré le docteur Nancy Williamson, directrice de YouthNet et Vice-présidente de FHI. « Mais la plupart des jeunes sont capables de s'abstenir ou de repousser le démarrage de leur activité sexuelle, une fois qu'ils en comprennent les avantages. »

— Claudia Daileader Ruland,
Dissémination des informations YouthNet

Références

  1. Bessinger R, Akwara P, Halperin D. Sexual Behavior, HIV, and Fertility Trends. A Comparative Analysis of Six Countries. Phase I of the ABC Study. Washington, DC: U.S. Agency for International Development, Measure Evaluation, 2003.
  2. United Nations Children's Fund (UNICEF). Young People and HIV/AIDS: Opportunity in Crisis. New York, NY: UNICEF, 2002.
  3. World Health Organization. The context of young people's sexual relations. Progr Reprod Health Res 2000;53:2-3.
  4. World Health Organization. Broadening the Horizon: Balancing Protection and Risk for Adolescents (PDF, 1,2 Mo). Geneva, Switzerland: World Health Organization, 2002.
  5. Manzini N. Sexual initiation and childbearing among adolescent girls in KwaZulu Natal, South Africa. Reprod Health Matters 2001;9(17):44-52.