Consulter fhi.org en: English | Español | Русский | عربي
Chercher sur fhi.org:
 
couverture de la revue

Santé de la reproduction

Optic'Jeune : L'accès aux PCU en pharmacie : une mesure au service des jeunes

Network en français : 2003, Vol. 22, No. 3

Envoyer cette page  un ami
Lire cette page en:
English  | Español

Nouveautés sur fhi.org

Cours de formation sur l'éthique de la recherche destiné aux représentants communautaires.
En savoir plus...

Aussi :

Programmes VIH/SIDA de FHI dans le monde entier.
Commandez nos publications.
Publications de YouthNet.

Trouver des documents connexes

Au fur et à mesure que les pilules contraceptives d'urgence (PCU) sont intégrées aux programmes de planification familiale, et que le nombre de pays désignant des produits spécifiques à cette fin augmente, les jeunes entendent parler de cette méthode qui prévient la grossesse après un rapport sexuel non protégé. Mais leurs connaissances sur les PCU demeurent superficielles, et leur taux d'utilisation faible.1 Selon le docteur Irina Yacobson, directrice médicale associée à FHI et spécialiste des services conviviaux pour les jeunes au sein du programme YouthNet de FHI, un moyen parmi plusieurs pour améliorer les connaissances des jeunes et leur recours aux PCU consiste à faire confiance aux pharmacies, lesquelles jouent un rôle croissant dans la diffusion de ces pilules, information à l'appui.

« Dans les pays où les PCU sont disponibles en pharmacie, c'est là que les jeunes préfèrent s'approvisionner parce que c'est une façon pratique de recevoir des services et que les barrières y sont moins nombreuses que dans beaucoup de points traditionnels de distribution », fait observer le docteur Yacobson. Mais, ajoute-t-elle, les jeunes doivent être plus nombreux à savoir que les pharmacies peuvent leur délivrer des PCU, et les pharmaciens doivent montrer davantage d'empressement à les informer au sujet de cette méthode.

 brochure de l'organisation PATH montrant un logo trouvé chez certaines pharmacies offrant la contraception d'urgence aux jeunes
Une brochure de PATH dirige les jeunes vers les pharmacies qui délivrent des pilules contraceptives d'urgence.

Des études faites en Zambie et au Royaume-Uni révèlent que les jeunes reprochent au personnel des centres de santé de mal les accueillir et de s'ériger en juge. En outre, ils s'abstiennent d'y solliciter des services pour les raisons suivantes: les centres ne sont pas nécessairement ouverts quand ils ont besoin d'une contraception d'urgence, ils s'y sentent mal à l'aise et ils craignent que l'intimité de leur vie privée ne soit pas respectée.2 Pour identifier d'autres points possibles de distribution de PCU en Zambie, le Population Council, l'association CARE/Zambie, le centre hospitalo-universitaire de Lusaka et l'association Zambia Society for Family Health ont effectué une étude dans le cadre de laquelle prestataires de centres de santé, pharmaciens, conseillers-camarades et agents communautaires de ventes ont été formés de manière à pouvoir donner des informations sur les PCU et, si possible, prodiguer les services nécessaires. Les chercheurs ont ensuite évalué divers résultats obtenus chez les quelque 400 femmes incluses dans l'étude. Parmi leurs estimations figuraient le nombre de femmes qui consultaient chacun des groupes de prestataires et le degré d'efficacité de chaque groupe pour donner des informations sur les PCU et pour prodiguer des services.3

Sur ces deux points, les pharmaciens ont figuré en tête de liste. Environ la moitié des jeunes participantes sollicitaient des informations, et près des trois quarts des PCU, chez eux. Toutefois, de tous les groupes de prestataires, les pharmaciens étaient les moins susceptibles de donner des informations détaillées sur ces pilules ou sur les autres options en matière de contraception. Ils ne soulevaient pas le sujet des infections sexuellement transmissibles (IST) et ils étaient presque aussi nombreux à passer sous silence qu'à évoquer les effets secondaires potentiels de la contraception d'urgence, notent les auteurs d'un rapport consacré à cette étude.

Comme les pharmaciens sont peut-être gênés de parler de la planification familiale en public et que les clientes tiennent au respect de leur intimité, une solution pour aider les pharmacies en Zambie à mieux répondre aux besoins des jeunes en quête de PCU pourrait consister à remettre aux clientes une documentation écrite qu'elles pourraient consulter en privé. Par exemple, une fois que les autorités zambiennes auront choisi le produit qui servira de PCU, on pourrait envisager la rédaction d'un mode d'emploi qui donnerait des informations précises et qui serait inclus dans le conditionnement. De même, recommandent les auteurs du rapport, une brochure sur la contraception d'urgence pourrait être distribuée aux jeunes qui viennent faire des achats à la pharmacie.

L'association américaine PATH (Program for Appropriate Technology in Health) dirige actuellement un projet triennal au Cambodge, au Kenya et au Nicaragua visant à renforcer la capacité des pharmacies de prodiguer des services qui soient conviviaux pour les jeunes et qui mettent l'accent sur leurs besoins en matière de rapports sexuels non protégés. La contraception d'urgence s'inscrit dans cette logique, explique Jolene Beitz, responsable de programme à PATH. (Ce projet s'intéresse aussi à l'évaluation du risque d'IST et à la préscription de la contraception en conséquence.) S'il est porteur de résultats satisfaisants, ce projet d'accès à la santé de la reproduction (Reproductive Health Access Project) qui est financé par la fondation William et Flora Hewlett et qui est maintenant dans sa dernière année pourrait servir de modèle à d'autres pays en développement dans lesquels les pharmacies offrent ce genre de services aux jeunes.

D'autres composantes de ce projet comprennent l'élaboration du matériel éducatif destiné aux clients et aux prestataires, une formation pour les pharmaciens et leurs employés en vue de les aider à offrir aux jeunes une information actualisée sur les PCU, et des services connexes, tout comme la distribution de pilules, un counseling approprié et les possibilités de référence. La mise en place de services d'extension en liaison avec des organisations régionales pour la jeunesse est une dernière composante. «Cette composante vise à accroître les connaissances des conseillers-camarades sur la contraception d'urgence et à leur faire savoir que les pharmacies, au même titre que les centres traditionnels de santé, sont prêts à leur fournir une contraception d'urgence et d'autres informations et services sur la santé de la reproduction», souligne J. Beitz.

— Kerry L. Wright

Optic'Jeune est une initiative de YouthNet, programme quinquennal coordonné par FHI et financé par l'Agence des Etats-Unis pour le développement international en vue d'améliorer la santé de la reproduction et de prévenir le VIH/sida chez les jeunes.

Références

  1. Arowojolu AO, Adekunle AO. Perception and practice of emergency contraception by post-secondary school students in southwest Nigeria. Afr J Reprod Health 2000;4(1):56-65; Arowojolu AO, Adekunle AO. Knowledge and practice of emergency contraception among Nigerian youths. Int J Gynaecol Obstet 1999; 66(1):31-32; Sorhaindo A, Becker D, Fletcher H, et al. Emergency contraception among university students in Kingston, Jamaica: a survey of knowledge, attitudes, and practices. Contraception 2002:66(4):261-68.
  2. Ahmed Y, Ketata M, Skibiak J. Emergency Contraception in Zambia: Setting a New Agenda for Research and Action. Nairobi, Kenya: Population Council, 1998; Bullock J. Raising awareness of emergency contraception. Community Nurse 1997:3(7):28-29.
  3. Skibiak JP, Chambeshi-Moyo M, Ahmed Y. Testing Alternative Channels for Providing Emergency Contraception to Young Women. Final Report. New York, NY: Population Council, 2001.