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couverture de la revue

Santé de la reproduction

Méthodes de barrière :
rôle des MST

Les programmes de contraception qui envisagent l'expansion des services devraient aborder les questions relatives aux MST et au VIH.

Network en français : octobre 1995, vol. 10, No. 4

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La pandémie du sida a attiré l'attention sur la fourniture de méthodes contraceptives de barrière, lesquelles peuvent réduire le risque de maladies sexuellement transmissibles (MST). « Les décisions relatives aux contraceptifs doivent refléter la double nécessité de prévenir les MST et les grossesses non désirées », dit le docteur Ward Cates, directeur des affaires médicales de FHI. « Jusqu'à présent, la plupart des programmes de planification familiale se sont concentrés à juste titre sur la grossesse, au détriment des MST. Toutefois, on se rend compte de plus en plus de l'importance qu'il y a de prévenir les infections de l'appareil reproducteur, composante essentielle de soins de santé reproductive de qualité. »

Par conséquent, toute évaluation des besoins relative à l'expansion des contraceptifs doit tenir compte des questions de MST/VIH. Cela comprend notamment les taux de prévalence des MST/VIH dans les régions servies par les programmes et la capacité des programmes en matière de prévention et de prise en charge des MST. La prévention regroupe l'information, le counseling et la distribution de préservatifs. La prise en charge des MST couvre le diagnostic des MST, le traitement antibiotique, la recherche des partenaires et les efforts visant à empêcher les personnes infectées de propager la maladie.

« Jusqu'à une date récente, les préservatifs n'étaient pas particulièrement privilégiés par la plupart des prestataires des services de planification familiale en raison des inquiétudes concernant leur efficacité, l'acceptabilité, la nécessité de les utiliser systématiquement et correctement, le risque de rupture, la logistique et le coût », explique le docteur Nancy Williamson, de FHI, qui a étudié l'intégration des services de MST aux programmes de planification familiale. « La promotion vigoureuse du préservatif exige la réorientation profonde d'un grand nombre de programmes de planification familiale. »

L'intérêt porté à la promotion du préservatif, et les fonds affectés à ce titre, relèvent généralement des programmes de prévention du sida, qui sont souvent très distincts des agences de planification familiale. La réunion de ces deux réseaux d'agences, d'expertise du personnel et de sources de financement pose des défis substantiels sur le plan administratif.

Les méthodes les plus efficaces de prévention des MST, à savoir les méthodes de barrière, ne sont généralement pas les contraceptifs les plus efficaces. Dès lors, les prestataires ont la responsabilité supplémentaire de fournir à leur clientèle des informations claires, un counseling adéquat et l'accès aux méthodes les plus désirées.

En même temps, de nombreux programmes de planification familiale devraient envisager de prodiguer une information et un counseling sur la prévention des MST/VIH, y compris sur la distribution de préservatifs, dit le docteur Williamson.

« Il convient de mettre l'accent non pas sur ce que les programmes devraient promouvoir, mais sur la façon de donner une information suffisamment claire pour qu'une femme ou un homme puissent opérer un choix véritablement éclairé », estime Laurie Fox, qui dirige les recherches de FHI sur l'intégration des services de planification familiale et de MST. « Ce n'est pas aux programmes qu'il appartient de choisir une méthode. C'est à chaque individu. »

Les programmes réussis de prévention du sida donnent à penser que les gens utiliseront des méthodes de barrière pour la planification familiale quand celles-ci sont disponibles. Population Services International (PSI) et le projet SOMARC, qui bénéficient l'un et l'autre du soutien financier de l'USAID, ont élaboré des campagnes de distribution de préservatifs dans le monde entier. De 1987 à 1991, les ventes annuelles de préservatifs sont passées de 300.000 unités à 18,3 millions d'unités au Zaïre, pays dans lequel PSI a lancé sa première campagne de prévention du sida en association avec le Comité national zaïrois sur le sida. Trois personnes sur quatre ont déclaré avoir acheté les préservatifs aussi bien pour la planification familiale que pour la prévention du sida.1

Le préservatif féminin

La nécessité d'avoir des méthodes sous le contrôle de la femme en vue de la protection contre les MST/VIH a encouragé l'USAID à évaluer la question de l'adjonction du préservatif féminin aux programmes de planification familiale. Récemment, l'USAID a réalisé un achat unique de 250.000 préservatifs féminins aux fins d'utilisation dans 22 pays. FHI a préparé une documentation visant à informer les responsables de la planification familiale ainsi qu'un instrument d'enquête pour recueillir l'opinion des utilisatrices. Cette approche s'inscrit dans le droit fil des stratégies d'introduction qui suggèrent de proposer une nouvelle méthode sur une base limitée et de procéder à une évaluation soigneuse avant de passer au stade de la distribution à grande échelle.

La question de savoir si l'USAID ajoutera le préservatif féminin à la panoplie des méthodes qu'elle expédie régulièrement à l'étranger fait appel à un grand nombre de considérations complexes, en particulier vis-à-vis des contraintes budgétaires globales, déclare Mark Rilling, du bureau de l'USAID pour les produits contraceptifs. « Le degré d'intérêt parmi les programmes et le prix qu'ils sont prêts à payer nous aideront à déterminer s'il convient ou non d'acheter des préservatifs féminins à long terme », ajoute-t-il.

Pour que l'utilisation du préservatif féminin se généralise dans les pays en développement, les systèmes de prestation de services doivent identifier les utilisatrices les plus probables, déterminer la façon d'aider les femmes à continuer d'utiliser ce dispositif même face à la résistance des hommes et surmonter le problème du coût relativement élevé du préservatif, dit Carol Joanis, de FHI, qui a dirigé plusieurs études sur l'acceptabilité du préservatif féminin.
« Il arrive souvent qu'une femme ne parvienne pas à persuader l'homme d'utiliser un préservatif masculin », dit-elle. « Dans nos études précédentes, les femmes les plus intéressées par l'utilisation de la méthode étaient celles les plus exposées au risque de MST/VIH. Le préservatif féminin fournit aux femmes une autre option pour se protéger contre la grossesse et les maladies. »

Une façon possible de faire baisser le coût consiste à déterminer si le préservatif féminin peut être utilisé plus d'une fois sans perdre de son efficacité ou compromettre la sécurité. Dans une étude conduite par FHI sur les questions de réutilisation, les résultats préliminaires indiquent que le fait de nettoyer le dispositif après un premier emploi ne l'endommage pas sur le plan structurel. Si les résultats définitifs sont encourageants, FHI sollicitera auprès de la Food and Drug Administration (FDA) la permission de commencer une étude dans le cadre de laquelle des femmes utiliseraient le même préservatif féminin plusieurs fois. Après un certain nombre d'utilisations, et en tenant compte des spécifications du fabricant, ces préservatifs seraient soumis à des essais. S'ils continuent de satisfaire les normes d'innocuité et d'efficacité après des emplois multiples, on pourrait demander à la FDA d'autoriser que ces dispositifs soient utilisés plus d'une fois. Pour le moment la FDA a seulement approuvé l'utilisation unique des préservatifs féminins Reality et Femidom.

En travaillant avec des organismes partisans des droits de la femme au Kenya et au Brésil, FHI effectue une étude auprès d'une centaine de femmes dans chacun de ces pays pour déterminer le type de soutien dont elles ont besoin afin d'utiliser un préservatif féminin, même si les hommes y sont assez hostiles au départ. « Les efforts de ce genre peuvent aider les organisations féminines à participer davantage à la prévention des MST et encourager l'utilisation du préservatif féminin dans une plus grande partie de la population des femmes », dit le docteur Maxine Ankrah, conseillère sur les questions féminines pour le projet de lutte et de prévention du sida de FHI (AIDSCAP). « Peut-être alors pourrions-nous l'introduire à plus grande échelle par le biais d'un programme de commercialisation sociale ou d'une approche fondée sur la distribution à base communautaire. »

-- William R. Finger et Sarah Keller

Note

  1. Convisser J. The Zaire Mass Media Project. (Washington: Population Services International, 1992) 16.