Consulter fhi.org en: English | Español | Русский | عربي
Chercher sur fhi.org:
 
Fiche imprimée

Santé de la reproduction

 

Innocuité des DIU :
compte-rendu de cinq publications récentes

Attachment Available Télécharger en format PDF   
(100 Ko)   

Envoyer cette page  un ami
Lire cette page en:
Español

Nouveautés sur fhi.org

Cours de formation sur l'éthique de la recherche destiné aux représentants communautaires.
En savoir plus...

Aussi :

Programmes VIH/SIDA de FHI dans le monde entier.
Commandez nos publications.
Publications de YouthNet.

Trouver des documents connexes

Résumé : les dispositifs intra-utérins (DIU) comptent parmi les moyens contraceptifs les plus sûrs et les plus efficaces. A l'échelle mondiale, ce sont les contraceptifs à effet réversible les plus utilisés. Dans certaines régions cependant, des inquiétudes subsistent quant à leur lien éventuel avec les maladies inflammatoires pelviennes (MIP), ce qui limite leur acceptation. Cette fiche FHI passe en revue cinq publications récentes confirmant l'innocuité des DIU en général et, plus particulièrement, en termes de MIP ou d'infertilité.

 Points clés

  • Les DIU au cuivre comptent parmi les plus efficaces, les plus sûres et les moins coûteuses des méthodes contraceptives à effet réversible.
  • Les femmes qui n'ont jamais été enceintes peuvent opter pour le DIU au cuivre.
  • Dans une population dont le taux de prévalence des IST est de 10 %, le risque théorique de MIP symptomatique après la pose d'un DIU est de 0,15 % (moins d'une femme sur 600).
  • Le DIU est une option contraceptive possible chez les femmes infectées par le VIH-1 et bénéficiant d'un suivi médical approprié.
  • Par rapport au Norplant et à la stérilisation chirurgicale, la grande efficacité des DIU modernes, leur longue durée d'emploi et leur innocuité en font une méthode contraceptive intéressante, surtout pour les femmes peu exposées au risque d'IST.
  • Avec ou sans couverture antibiotique, l'utilisation des DIU actuels présente très peu de risques

Use of copper intrauterine devices and the risk of tubal infertility among nulligravid women. Hubacher D, Lara-Ricalde R, Taylor DJ, et al. N Engl J Med 2001;345:561–67.

 

Conscients de la crainte existant dans certaines régions du monde (et notamment aux Etats-Unis) quant au risque d'infertilité lié à l'emploi des DIU et de son impact sur la promotion et sur l'acceptation de ces contraceptifs, les chercheurs ont mené une étude cas-témoin pour vérifier ce lien éventuel chez des utilisatrices du modèle au cuivre TCu-380A. Entre 1997 et 1999, ils ont suivi 1.895 femmes en les interrogeant sur leurs antécédents sexuels, sur leur santé urogénitale et sur leur emploi des contraceptifs dans le passé, y compris des DIU.

 

L'échantillon comptait 358 sujets présentant une infertilité primaire avec occlusion des trompes confirmée par examen radiographique ; un premier groupe de contrôle avec 953 sujets présentant eux aussi une infertilité primaire, mais sans occlusion tubaire ; et un second groupe de contrôle avec 584 sujets primigravides.

 

Analyses stratifiées et analyses de régression logistique n'ont révélé aucune association statistique entre usage du TCu-380A et occlusion tubaire, et ce avec chacun des deux groupes de contrôle.

 

Les chercheurs n'ont également relevé aucun lien entre infertilité tubaire et d'autres paramètres comme la durée d'emploi du DIU, le motif de son retrait et la présence ou l'absence de problèmes gynécologiques liés au dispositif. Par contre, ils ont mis en évidence une association entre infertilité et présence d'anticorps anti-chlamydia.  

 

 

Risk of clinical pelvic inflammatory disease attributable to an intrauterine device. Shelton JD. Lancet 2001;357:443.

 

L'auteur de cet article s'est basé sur les chiffres de prévalence des IST et sur les estimations de risque infectieux tirés d'autres études. A partir de ces données, il a pu calculer le risque de MIP symptomatique imputable au DIU et survenant dans les premiers mois suivant la pose chez les femmes atteintes d'une gonorrhée cervicale (GC) ou d'une chlamydiose cervicale (CC). Le risque absolu de MIP a été calculé en multipliant la prévalence des GC/CC par la probabilité de con-tracter une MIP lors de la pose d'un DIU en présence d'une GC/CC. Le tableau suivant récapitule les valeurs utilisées :

 

 

Risque

%

Prévalence des GC/CC dans la population générale

10

Réduction de la prévalence des GC/CC grâce au dépistage

50

Risque de MIP avec le DIU et une infection GC/CC

5

Risque absolu de MIP chez une utilisatrice du DIU

0,25

Risque relatif de MIP chez une non-utilisatrice du DIU

40

Risque absolu de MIP chez une non-utilisatrice du DIU

0,10

Risque de MIP imputable au DIU

0,15

 

 

En supposant que la fréquence des GC/CC puisse être réduite de 50 % grâce à un simple dépistage et à un entretien portant sur les risques d'IST au sein d'une population dans laquelle le taux de prévalence de ces infections est de 10 %, le risque calculé de MIP accompagnée de tous les symptômes cliniques et attribuable à la pose d'un DIU est de 0,15 % (moins d'une femme sur 600) ; si le taux de prévalence des CG/CC est de 20 %, le risque de MIP passe à 0,3 % ; si cette prévalence n'est que de 5 %, ce risque chute à 0,075 %.

 

Is the intrauterine device appropriate contraception for HIV-1-infected women? Morrison CS, Sekadde-Kigondu C, Sinei SK, Weiner DH, Kwok C, Kokonya D. Br J  Obstet Gynaecol 2001;198(8):784-790.

 

Cette étude a permis de comparer les risques de complications suite à la pose d'un DIU chez les utilisatrices infectées par le VIH-1 et chez celles non infectées par le virus. Les chercheurs ont ainsi suivi à Nairobi (Kenya) un échantillon de 156 femmes séropositives et de 493 femmes séronégatives en enregistrant diverses données (MIP, autres infections, douleurs, saignements, cas d'expulsion du DIU, grossesses). Le protocole incluait des visites de contrôle à 1 mois, 4 mois et 24 mois. Des complications ont été notées chez 14,7 % des sujets infectés et 14,8 % des sujets non infectés par le virus. Des analyses multivariables n'ont pas mis en évidence un impact de l'état sérologique (VIH) sur le risque de complications, notamment infectieuses. Cependant, un manque de puissance statistique due aux faibles taux de MIP relevés dans les groupes infecté (2,0 %) et non infecté (0,4 %) a empêché les auteurs d'écarter la possibilité d'une légère augmentation du risque de MIP chez les femmes porteuses du VIH-1.

 

Intrauterine devices: the optimal long-term contraceptive method? Fortney JA, Feldblum P, Raymond E. J Reprod Med 1999;44:269–74.

 

J. A. Fortney et ses collaborateurs ont examiné une série de données sur l'efficacité, l'innocuité, le coût et la facilité technique des DIU/SIU, du Norplant (implant au lévonorgestrel) et de la stérilisation chirurgicale. Leurs conclusions sont les suivantes :

Efficacité : l'efficacité contraceptive des DIU est comparable à celle de la stérilisa-tion ; elle est sans doute supérieure à celle du Norplant. La durée d'utilisation approuvée pour le DIU au cuivre (TCu-380A) est de 10 ans (d'autres travaux ont montré qu'il est efficace pendant 12 ans) ; celle du système intra-utérin au lévonorgestrel (SIU-LNg) est d'au moins 7 ans ; celle du Norplant de 5 ans au maximum.

 

Innocuité : la principale préoccupation avec les DIU est le risque de MIP. On peut le limiter considérablement en sélectionnant soigneusement les sujets et en respectant le protocole lors de sa pose. Il est possible que le SIU-LNg n'augmente pas le risque de MIP. Les perturbations menstruelles sont l'effet secondaire le plus fréquemment observé avec le DIU et le SIU. Le Tcu-380A provoque des saignements plus abondants. A l'inverse, le SIU-LNg, tout comme le Norplant, réduisent ces saignements ou les font même disparaître.

 

Coût : aux Etats-Unis, le TCu-380A est le contraceptif à effet réversible offrant le meilleur rapport coût-efficacité. C'est aussi vrai en Thaïlande, si on le compare aux implants hormonaux ou aux contraceptifs injectables. On manque de données comparatives pour le SIU-LNg. 

 

Facilité technique : DIU et SIU sont plus faciles à poser et à retirer que le Norplant.

 

Prophylactic antibiotics for intrauterine device insertion: a meta-analysis of the randomized controlled trials. Grimes DA, Schulz KF. Contraception 1999;60:57–63.

 

Cette étude a permis d'examiner et d'analyser les données d'essais randomisés et contrôlés d'antibiothérapies préventives visant à limiter le risque infectieux après la pose d'un DIU. Les auteurs ont retenu tous les essais indexés de manière conventionnelle (MEDLINE, EMBASE), soit quatre au total réalisés entre 1966 et 1998. Dans tous les cas, le traitement préventif faisait appel à la doxycycline ou à l'azithromycine administrée par voie orale ; pour sa part, le groupe de contrôle ne recevait qu'un placebo ou aucun traitement.

 

Les auteurs n'ont constaté aucun effet significatif des antibiothérapies sur le taux des MIP ou sur celui des abandons prématurés du DIU. Leur seul effet notable a été la diminution de nombre des consultations sans rendez-vous après la pose du dispositif. Il est possible que cette chute ait résulté d'une baisse de la fréquence des endométrites subcliniques, qui peuvent s'accompagner de douleurs et de saignements et pousser la femme à revenir au centre de soins.

 

 

La réalisation de ce document a bénéficié du soutien de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Son contenu ne reflète pas nécessairement les positions ou la politique de l'USAID.

 

 

Pour en savoir plus, contactez le projet Research to Practice (De la recherche à la pratique) de FHI : rtop@fhi.org.