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Santé de la reproduction

Pilules contraceptives d'urgence : information pour les décideurs et les prestataires

Résumé : chaque année, les rapports sexuels non protégés sont la cause de millions de grossesses non planifiées et non désirées. Nombre de ces grossesses et des risques ou des coûts consécutifs pourraient être évités si les pilules contraceptives d'urgence (PCU) étaient mieux distribuées et plus facilement accessibles aux femmes.

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Points clés

  • Les PCU offrent aux femmes une « seconde chance » d'éviter une grossesse non désirée.
  • On ne doit se servir des PCU que dans les cas d'urgence. Leur efficacité est inférieure à celle des contraceptifs traditionnels à effet réversible.
  • Les PCU peuvent prévenir une grossesse jusqu'à 5 jours après un rapport sexuel non protégé, mais plus on les prend tôt, plus elles sont efficaces.
  • Les femmes peuvent toutes se servir sans danger des PCU.
  • Les PCU n'ont aucun effet nocif sur une grossesse en cours ou sur le développement de l'embryon.
  • Les PCU n'incitent pas les femmes à renoncer aux contraceptifs habituels. 

Qu'est-ce que les PCU ? Les pilules contraceptives d'urgence (PCU) sont indiquées après un rapport sexuel non protégé ou une relation forcée comme après une mauvaise utilisation ou une défaillance de la méthode habituelle de contraception (ex. : rupture de préservatif). Elles permettent de réduire considérablement le risque de grossesse non désirée. Si les PCU sont quelquefois appelées « pilules du lendemain » ou encore « contraception post-coïtale », la femme peut en fait y recourir dans les cinq jours suivant le rapport sexuel.[i] Mais plus leur prise est rapide, plus elles sont efficaces. Les PCU ne devraient être utilisées que de manière exceptionnelle, c'est-à-dire en cas d'urgence ou comme méthode d'appoint. Il ne faut pas les utiliser régulièrement en les substituant aux méthodes contraceptives traditionnelles.

 

Les PCU sont des pilules hormonales qui contiennent les mêmes substances que les contraceptifs oraux (soit un progestatif seul, soit un progestatif combiné à un œstrogène), mais à des doses plus concentrées.[ii] Dans certains pays, il existe des pilules spécialement conditionnées pour un usage en contraception d'urgence. Ailleurs, on peut se servir de pilules contraceptives ordinaires à des doses élevées.

 

Les PCU sont-elles efficaces ? Le plus souvent, les PCU s'administrent en deux temps : la première dose doit être prise le plus tôt possible après le rapport sexuel, la seconde 12 heures plus tard. De récents travaux ont cependant montré que, quand la femme utilise un progestatif-seul (lévonorgestrel), elle peut aussi recevoir les deux doses en une seule prise.[iii] Selon leur formulation, les PCU peuvent réduire jusqu'à 85 % le risque de grossesse si la première dose est prise dans les 72 heures (3 jours) après un rapport sexuel unique.[iv] Certains chercheurs estiment que, plus les PCU sont prises rapidement, plus grande est leur efficacité.[v] D'autres travaux montrent qu'elles offrent toujours une certaine protection jusqu'à 120 heures (5 jours) après un rapport.[vi]

 

Les PCU sont-elles sans danger ? Toute femme peut utiliser les PCU sans risque pour sa santé. Comme ces pilules sont employées de manière exceptionnelle, elles échappent aux contre-indications qui s'appliquent normalement aux contraceptifs oraux et aux autres méthodes hormonales de contraception. S'il ne faut pas donner de PCU à une femme enceinte, c'est seulement parce qu'elles sont inefficaces une fois la grossesse amorcée.

 

Les PCU n'ont pas d'impact à long terme ou d'effets secondaires graves. Nausées et vomissements sont possibles, mais ces effets disparaissent habituellement en quelques jours. Ces effets sont bien moins fréquents avec les PCU ne contenant qu'un progestatif. Parmi les effets plus rares, on note les suivants : fatigue, maux de tête, étourdissements, perturbations du cycle menstruel et sensibilité mammaire.

 

Quel est le mécanisme d'action des PCU ? Comme tous les contraceptifs hormonaux, les PCU peuvent agir à plusieurs niveaux.[vii],[viii]  Il est possible que leur mécanisme d'action dépende du moment auquel les pilules sont prises par rapport à l'ovulation. On sait qu'après un rapport sexuel non protégé il faut au moins cinq jours pour qu'une grossesse survienne, — autrement dit pour que l'ovule fécondé vienne se fixer sur l'endomètre (nidation). Les PCU peuvent prévenir la grossesse de diverses manières : en inhibant ou en retardant l'ovulation, en empêchant la fécondation ou encore en modifiant la muqueuse utérine de façon à la rendre impropre à la nidation. Dans tous les cas, elles agissent avant la nidation. Les PCU n'ont aucun effet sur une grossesse en cours ou sur le développement de l'embryon.

 

Qui peut fournir les PCU ? Les règles varient selon la législation et les pratiques en vigueur. Dans certains cas, il faut une ordonnance médicale pour se les procurer directement auprès d'un pharmacien (parfois de manière anticipée). Dans d'autres, la femme peut les acheter sans ordonnance. Dans certains contextes, ce sont les infirmières, les sages-femmes ou les agents de santé communautaires qui en assurent la distribution.

 

Les PCU peuvent-elles détourner la femme des moyens contraceptifs habituels ? Diverses études conduites en Inde[ix], au Ghana[x], au Royaume-Uni[xi] et aux Etats-Unis[xii] ont montré qu'en fournissant aux femmes des PCU à l'avance, on ne les incite pas à abandonner les méthodes traditionnelles. De fait, la délivrance de PCU peut être une occasion supplémentaire de proposer à ces femmes, adolescentes incluses, un counseling et d'autres prestations de planification familiale leur permettant de réduire leur risque de grossesse et d'améliorer dans l'ensemble leur santé de la reproduction.

 

Références bibliographiques
 


[i] Von Hertzen H, Piaggio G, Ding J, et al. Low dose mifepristone and two regimens of levonorgestrel for emergency contraception: a WHO multicentre randomized trial. Lancet 2002;360(9348):1803-1810.

[ii] Les PCU progestatives contiennent fréquemment 0,75 mg de lévonorgestrel et les PCU combinées 0,5 mg de lévonorgestrel et 0,1 mg d'éthinylœtradiol.

[iii] Ibid.

[iv] Task Force on Postovulatory Methods of Fertility Regulation. Randomised controlled trial of levonorgestrel versus the Yuzpe regimen of combined oral contraceptives for emergency contraception. Lancet 1998;352(9126):428-33; Trussell J, Rodriguez G, Ellertson C. Updated estimates of the effectiveness of the Yuzpe regimen of emergency contraception.

[v] Task Force on Postovulatory Methods of Fertility Regulation.

[vi] Rodrigues I, Grou F, Joly J. Effectiveness of emergency contraceptive pills between 72 hours and 120 hours after unprotected sexual intercourse. Am J Obstet Gynecol 2001; 184(4):531-37.

[vii] International Consortium for Emergency Contraception. Policy Statement: How Do Emergency Contraceptive Pills Work to Prevent Pregnancy? Accessible (en anglais ou en espagnol) à l'adresse : http://www.cecinfo.org/files/ICEC%20-%20Mechanism%20of%20Action%20Policy%20Statement%202003.pdf. Juillet 2003.

[viii] Croxatto HB, Devoto L, Durand M, et al. Mechanism of action of hormonal preparations used for emergency contraception: a review of the literature. Contraception 2001;63(3):111-21.

[ix] Ellertson C, Ambardekar S, Hedley A, et al. Emergency contraception: randomized comparison of advance provision and information only. Obstet Gynecol 2001;98(4):570-75.

[x] Lovvorn A, Nerquaye-Tetteh J, Glover EK, et al. Provision of emergency contraceptive pills to spermicide users in Ghana. Contraception 2000;61(4):287-93.

[xi] Glasier A, Baird D. The effects of self-administering emergency contraception. N Engl J Med 1998;339:1-4.

[xii] Raine T, Harper C, Leon K, et al. Emergency contraception: advance provision in a young, high-risk clinic population. Obstet Gynecol 2000;96:1-7.

 

Pour toute information complémentaire, veuillez consulter les sites suivants :

Consortium for Emergency Contraception (en anglais) : http://www.cecinfo.org

Site Web sur la contraception d'urgence (en anglais) : http://not-2-late.com ou http://ec.princeton.edu

Family Health International : http://www.fhi.org/en/topics/listings/emergcontralist.html

 

La réalisation de ce document a bénéficié du soutien de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Son contenu ne reflète pas nécessairement les positions ou la politique de l'USAID.

 

© Family Health International, 2003.

 

Pour en savoir plus, contactez le projet Research to Practice (De la recherche à la pratique) de FHI : rtop@fhi.org.