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Santé de la reproduction

La distribution à base communautaire du Dépo-Provera : les preuves du succès dans le contexte africain

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Point clés

  • Les résultats d'une étude récente démontrent l'innocuité, la faisabilité et l'acceptabilité de la distribution à base communautaire du Dépo-Provera dans le contexte africain.
  • Les clientes des agents communautaires qui utilisent le Dépo-Provera étaient aussi satisfaites de la qualité des soins et de leur méthode contraceptive que les clientes des prestataires basés en clinique.
  • Les clientes des agents communautaires ont continué l'usage du Dépo-Provera pendant aussi longtemps que leurs homologues se rendant dans une clinique.
  • L'innocuité de l'administration du Dépo-Provera par les agents DBC s'est révélée égale à celle du personnel infirmier.
  • Les programmes de planification familiale à base communautaire en Ouganda et dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne doivent envisager d'effectuer des changements au niveau des programmes et des politiques qui permettraient l'administration paramédicale des contraceptifs injectables par des cadres adéquatement formés.

Résumé

En collaboration avec Save the Children USA et le Ministère de la Santé de l'Ouganda, Family Health International (FHI) a conduit une étude de cohorte démontrant l'innocuité, la faisabilité et l'acceptabilité de la distribution à base communautaire (DBC) de l'acétate de médroxyprogestérone-dépôt (DMPA ou Dépo-Provera) dans une zone rurale ougandaise. Bien que l'administration paramédicale des produits injectables soit devenue courante dans des régions comme l'Asie et l'Amérique du Sud, les résultats de cette étude sont pertinents puisque cette pratique est très controversée en Afrique subsaharienne du fait de soucis concernant son innocuité. Les résultats de l'étude confortent la richesse des expériences réussies dans d'autres régions et confirment que les agents communautaires qualifiés peuvent administrer les contraceptifs injectables en toute sécurité dans le contexte africain.

Introduction

Dans une bonne partie de l'Afrique subsaharienne, une part significative de la population vit en milieu rural, ce qui explique l'accès limité d'un grand nombre de femmes aux services de planification familiale en milieu clinique. La DBC de contraceptifs demeure par conséquent un mécanisme essentiel de prestation des services dans cette région. Cependant, la plupart des programmes de DBC n'offrent généralement qu'un choix limité de méthodes contraceptives, notamment les préservatifs, la pilule et les spermicides. Quoique les professionnels de santé à base communautaire en Asie et en Amérique latine administrent habituellement le Dépo-Provera, des questions d'innocuité empêchent l'administration paramédicale de contraceptifs injectables en Afrique subsaharienne. Les femmes qui préfèrent le Dépo-Provera sont donc confrontées au choix de voyager pour se le procurer dans une clinique éloignée, d'utiliser une méthode contraceptive moins appréciée ou de renoncer à la contraception. En démontrant l'innocuité, la faisabilité et l'acceptabilité de la DBC du Dépo-Provera dans le contexte africain, les résultats de cette étude fournissent la preuve péremptoire qu'un changement programmatique et politique pourrait améliorer l'accès des femmes aux services de planification familiale dont elles ont besoin.

Méthodologie

L'étude a eu lieu à Nakasongola, une zone rurale à deux heures de route au nord de la capitale ougandaise, Kampala. L'objectif principal était d'évaluer l'innocuité, la qualité et la faisabilité de l'administration du Dépo-Provera par les agents communautaires de santé de la reproduction. Cela a été accompli en comparant les clientes des agents communautaires utilisant le Dépo-Provera et celles des prestataires des cliniques. Cette comparaison a été effectuée à partir de quatre critères : taux d'acceptation à trois mois (c'est-à-dire acceptation de la seconde injection de Dépo-Provera), satisfaction de l'utilisatrice, connaissance de la cliente des informations de base sur le Dépo-Provera (considérée comme un indicateur de la qualité du counseling reçu) et l'incidence des morbidités au point d'injection.

Le personnel de clinique et les agents communautaires ont enrôlé un total de 945 participantes composées de nouvelles clientes ou de clientes voulant recommencer l'usage du Dépo-Provera. Les injections ont été administrées par le personnel de 10 cliniques de santé désignés ou par les agents communautaires qualifiés. Quatre-vingt-deux pour cent (777) des participantes à l'étude ont été suivies par des aides sanitaires du Ministère de la Santé local qui ont tenté de contacter chaque cliente 13 semaines après la première injection.

Les agents communautaires ont suivi une formation théorique intensive ainsi qu'un stage clinique en deux phases qui comprenait la sélection des clientes sous supervision et l'administration de contraceptifs injectables. Pour garantir l'innocuité, les agents communautaires n'ont utilisé que des seringues autobloquantes et ont été formés à la manipulation et l'élimination correcte des collecteurs d'objets tranchants. Pendant l'étude, tous les agents communautaires étaient sous la supervision du personnel de Save the Children et gardaient également le contact avec le personnel des centres de santé des environs. Des fonctionnaires du district ont renforcé ce contrôle de la qualité en rendant régulièrement visite aux agents communautaires.

Résultats

Les résultats suivants illustrent la bonne qualité des services offerts par les agents communautaires en comparaison avec le personnel infirmier des cliniques.

Continuation
Après correction pour les covariables pertinentes, les tests statistiques n'ont montré aucune différence significative dans la proportion de clientes des cliniques et des clientes des agents communautaires recevant une deuxième injection. En outre, 94 % des clientes de chaque cohorte ont reçu la deuxième injection pendant la « période de grâce » approuvée par le Ministère de la Santé suivant la date limite.

Satisfaction des clientes
Les clientes des agents communautaires ont déclaré être satisfaites des services et du Dépo-Provera au moins autant que les clientes des cliniques (et ont plus souvent indiqué « très satisfaites »).

Qualité des soins
La qualité des soins a été mesurée en fonction des commentaires des clientes et du fait qu'elles ont signalé si le prestataire de services a expliqué que le Dépo-Provera ne protège pas contre le VIH, a offert des préservatifs, a discuté des IST/VIH/SIDA, a discuté des effets secondaires et a fourni une confirmation de rendez-vous par écrit. Pour tous les critères de mesure, il y avait peu de différence entre les commentaires sur les soins prodigués par le personnel infirmier et ceux des agents communautaires.

Les résultats relatifs au counseling offert aux clientes ont indiqué que les clientes des cliniques étaient informées d'une gamme plus vaste de méthodes de planification familiale que l'étaient les clientes des agents communautaires. En outre, les clientes des deux cohortes ont fait preuve d'un niveau de connaissance particulièrement faible sur les effets secondaires possibles.

Effets secondaires
Les clientes des deux cohortes ont présenté l'éventail habituel d'effets secondaires, avec seulement des différences mineures dans les taux entre les deux groupes.

Innocuité de l'injection
Pour mesurer l'innocuité de l'injection, les chercheurs ont demandé aux agents communautaires de signaler les piqûres accidentelles par aiguille (il n'y en a eu aucune). Les chercheurs ont également enquêté auprès des clientes pour connaître tout problème résultant de la première injection. Sur un total de 748 clientes interrogées à ce propos, seulement 4 % ont signalé des problèmes qui pour la plupart se sont révélés mineurs après enquête (« a eu des étourdissements », « légère douleur », par exemple).

Discussion

Les résultats de cette recherche viennent conforter la richesse d'expérience dans d'autres régions indiquant que les agents de santé communautaires qualifiés sont à même d'administrer des contraceptifs injectables en toute sécurité. Les résultats démontrent en particulier que les clientes utilisant le Dépo-Provera et recevant les soins des agents communautaires étaient aussi satisfaites de ces soins et de leur méthode contraceptive que les clientes des cliniques. Elles ont également continué l'utilisation pendant aussi longtemps que leurs homologues des cliniques et ont reçu des soins dont la qualité était à bien des égards comparables. Mais surtout, l'innocuité de l'administration du Dépo-Provera dans le cadre de la distribution à base communautaire s'est révélée égale à celle du personnel infirmier.

Même si les résultats étaient dans l'ensemble positifs, les données indiquent également que les agents communautaires pourraient améliorer leurs techniques d'injection et que les agents communautaires aussi bien que le personnel infirmier pourraient améliorer le counseling prodigué aux clientes.

Recommandations

Compte tenu des résultats de cette recherche et de la popularité grandissante du Dépo-Provera en Afrique subsaharienne, il est recommandé que :

  • Les programmes de planification familiale à base communautaire en Ouganda et dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne prévoient d'effectuer des changements programmatiques et politiques permettant l'administration paramédicale de la contraception injectable par des cadres formés adéquatement.

  • Les ministères de la santé et les bailleurs de fonds, comme l'USAID, devraient assurer aux agents communautaires qualifiés un approvisionnement continu et régulier en Dépo-Provera et en seringues autobloquantes.

Ce travail a bénéficié du soutien de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Son contenu ne reflète pas nécessairement le point de vue ou la politique de l'USAID.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter l'initiative De la recherche à la pratique (Research to Practice) de FHI ou contacter le département des publications.

Consultez ou téléchargez le rapport d'étude complet (en anglais).