Le Sénégal contrairement à bien des pays du continent africain présente la particularité d'avoir une prévalence de l'infection à VIH faible et stable (contrôle de l'épidémie de VIH/SIDA en Afrique examen de la situation au Sénégal – N.Méda et Coll, Mars, 1998).
Durant la période 1989 – 1997, le taux de prévalence n'a pas dépassé 1,6% chez les femmes enceintes et 3,6% chez les patients atteints d'IST ; concernant les prostituées en revanche, le taux de prévalence est nettement plus élevé (entre 12 et 15%) dans certaines localités.
Les déterminants de cette situation épidémiologique favorable ne sont pas encore cernés avec précision mais tout laisse indiquer que les facteurs socio comportementaux expliquent en grande partie « l'exception sénégalaise ».
Les enquêtes de surveillance du comportement (ESC) permettent précisément d'apporter un éclairage sur certains comportements à risques qui peuvent favoriser « l'extension de l'épidémie de VIH/SIDA ».
Ce type d'enquêtes vise en effet à fournir des informations sur des groupes spécifiques qui courent un risque à cause de leur comportement. En outre, l'ESC permet d'évaluer les effets des campagnes de prévention.
Au Sénégal une première enquête de surveillance du comportement a été effectuée en 1997 et une seconde en 1998. L'ESC 97 s'était déroulée dans 4 régions du Sénégal et a concerné les élèves filles et garçons, les étudiants et les étudiantes, les travailleurs hommes du secteur informel et les prostituées enregistrées. Des indicateurs permettant de mesurer les changements de niveau de connaissance, d'attitudes et de pratiques ont servi de référence en ce qui concerne l'élaboration des questionnaires.
L'ESC 98 a été étendue à l'ensemble du territoire national et a concerné dix groupes cibles parmi lesquels trois de l'ESC 97 qui ont été reconduits (élèves filles – élèves garçons, prostituées) et sept nouveaux groupes (apprentis du secteur informel, jeunes filles domestiques, ouvriers et les ouvrières du secteur formel, femmes des groupements, prisonniers et routiers).
Au seuil du nouveau millénaire le Sénégal envisage de jeter les bases de la seconde génération de surveillance qui combine séro-surveillance et surveillance sociocomportementale.
L'ESC III 2001 s'inscrit dans cette perspective.